30. Quelle communauté ?

30. Quelle communauté ? (Sr Françoise parle aux musulmans)

La sourate « La famille d’’Imran » enseigne : « Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes » (s. 3, 110).

Chacun de nous désire être estimé, aimé, choisi, préféré. Il s’agit d’une question vitale : suis-je aimé du Créateur ? L’amour va d’une personne à une autre personne, et en ce sens, tout amour est un amour qui « préfère ». Une maman aime tous ses enfants et préfère chacun dans le sens où elle voit le caractère et la richesse de la personnalité de chacun. Combien plus l’amour divin est-il capable d’aimer réellement (un amour de choix, d’élection, un amour de « prédilection ») sans pour autant exclure (cf. Lettre de saint Paul aux Ephésiens 1, 3-6). Il n’y a donc pas de place pour le racisme (Dieu aime ma race plus que les autres), ni pour le suprématisme (Dieu aime ma communauté plus que les autres) parce que le racisme et le suprématisme réduisent l’amour divin, ils enferment Dieu dans une petite dimension !

Le cœur humain n’aspire pas seulement à un salut individuel, mais aussi à un salut communautaire, à une réalisation sociale, voire mondiale, que l’on peut désigner par l’expression « Règne de Dieu sur la terre », réalisation idéale de la vie de communauté !

Que faut-il savoir ?

Jésus, ‘Issa Al-Massih est roi, mais il n’est pas roi « par les moyens de ce monde » (Jean 18, 36). Notamment, il « n’est pas venu pour être servi mais pour servir » (Matthieu 20, 28). La maturité spirituelle consiste à se dominer soi-même afin de faire de l’usage du pouvoir un véritable service.

Ce qu’il faut aussi comprendre, c’est que « le Règne de Dieu sur la terre » n’est pas possible avant le jugement des ennemis de Dieu, et ce jugement ne peut être réalisé que par le Verbe de Dieu, Al-Massih.

Dans la parabole de l’ivraie, Jésus (‘Issa Al-Massih) avertit ses disciples qu’ils ne doivent pas opérer le jugement par eux-mêmes car il sera fait par les anges (Matthieu 13, 40-43). Parmi les anges, il y a leur chef, saint Michel, (celui-là même qui a formé Jeanne d’Arc à sa mission dès l’âge de 13 ans), lui dont le nom signifie « Qui est comme Dieu ? (Mi-Ka-El ?) » et qui nous conduit à l’adoration. Impossible de réduire l’amour divin par une croyance raciste ou suprématiste. Dieu est grand, incommensurable, et il nous conduit à des vues larges.

La vision chrétienne est subtile parce qu’elle hérite du grand mystère du Verbe émanant de Dieu qui est devenu l’enfant de Maryam. Ce grand mystère conduit à une union des pouvoirs spirituels et temporels « sans confusion ni séparation ». Parmi les musulmans, nombreux sont ceux qui déplorent la brutalité de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905 qui aboutira un siècle plus tard à des lois de bioéthique allant jusqu’à profaner le lieu où la Paternité divine intervient pour donner l’âme humaine au moment de la conception.

De plus, comme on l’a répété de diverses manières, nous ne pouvons pas imposer le Règne de Dieu, nous pouvons seulement limiter les nuisances de l’Antichrist, le borgne menteur, et préparer positivement le Règne de Dieu. Saint Pierre nous le dit clairement : nous pouvons hâter la Venue glorieuse du Christ par une sainte conduite et par les prières (2P 3, 11-12). En effet, à quoi servirait à ‘Issa (Jésus) d’anéantir l’Antichrist, Al-Dajjâl, s’il n’y a personne sur la terre qui veuille la Volonté divine ?

Alors, la communauté sur la terre ne sera plus organisée comme une pyramide où quelques-uns dominent les autres par la finance, l’armée, et les médias. Ce sera une Communauté où chacun servira le bien commun en étant inspiré et vivifié par l’Esprit de Dieu.


Françoise Breynaert

Bon pyramide ou royaute

(c) Françoise Breynaert

Date de dernière mise à jour : 02/06/2020