10.Dieu veut respecter Maryam, c’est Sa Volonté

10. Dieu veut respecter Maryam, c’est Sa Volonté

La sourate « Maryam » donne quelques précisions sur la manière dont elle reçoit la Bonne nouvelle : « Et, dans l’Ecriture, mentionne Maryam quand elle se retira de sa famille en un lieu vers l’Orient. Et qu’elle mit un voile entre elle et eux. Nous lui envoyâmes notre Esprit qui se présenta à elle sous la forme d’un homme parfait. Elle dit : « Je me réfugie contre toi auprès du Tout Miséricordieux ; puisses-tu être pieux ! » Il dit : “Je suis en fait un Messager de ton Seigneur pour te faire don d’un garçon pur”. Elle dit : « Comment aurais-je un garçon, quand aucun homme ne m’a touchée, et je ne suis pas prostituée ? » Il dit : « Ainsi sera-t-il ! Cela M’est facile, a dit ton Seigneur ! Et Nous ferons de lui un signe pour les gens, et une miséricorde de Notre part. C’est une affaire déjà faite ». Elle devint enceinte de l’enfant et se retira avec lui dans un lieu éloigné » (s. 19, 16-22).

Le texte du Coran n’est pas clair. Il se prête à une interprétation où Maryam aurait conçu d’une manière qui ferait penser à l’action d’un démon de nuit ou à celle d’un homme.

Les choses sont beaucoup plus limpides quand on lit le récit de l’Annonce à Maryam dans l’évangile selon saint Luc :

 «Le sixième mois, l’ange Gabriel [Jibril] fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David [Daoud] ; et le nom de la vierge était Marie [Maryam]. Il entra et lui dit : “Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi.” A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation.

Et l’ange lui dit : “Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David [Daoud], son père ; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n’aura pas de fin.”

Mais Marie dit à l’ange : “Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ?”

L’ange lui répondit : “L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils [Ibn] de Dieu. Et voici qu’Elisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils [walad] dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu’on appelait la stérile ; car rien n’est impossible à Dieu.”

Marie dit alors : “Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole !” Et l’ange la quitta. » (Luc 1, 26-38)

Dans l’évangile, Jésus (‘Issa) est clairement conçu de l’Esprit Saint, l’ange est clairement un simple messager immatériel, et celui-ci demande à Maryam son consentement : il ne vient pas lui annoncer ce qui est déjà fait, comme si elle était une esclave qui a juste le devoir de suivre les désirs de son maître. La femme n’existe-t-elle que pour s’écraser devant les volontés des hommes, et au-delà, devant la volonté de Dieu, ou est-elle une personne humaine comme l’homme ?

Plus généralement, quel est le modèle des relations des êtres humains entre eux, et d’abord avec Dieu ? Un rapport de soumission d’esclave ? La société parfaite voulue par Dieu est-elle une société faite de maîtres et d’esclaves ?

La Vierge Marie, Maryam la très pure, montre clairement que non. Dieu veut respecter son intelligence et son cœur, c’est Sa Volonté. Malheureusement, nombreux sont ceux qui ne comprennent pas ce qu’est cette Volonté de Dieu et qui en font une caricature en vue de s’en servir pour leur propre pouvoir.


Françoise Breynaert


 

Date de dernière mise à jour : 19/06/2020