Sanctuaires marials à Rome

S. Maria in Aracoeli

La tradition parle directement d’une apparition prémonitoire de la Vierge avec l’enfant, à l’empereur Auguste (63 av J-C ─ 14 ap J-C), qui, en souvenir, aurait construit un autel au Dieu du ciel. L’Eglise a été construite plus tard, au V° siècle, sur la cime la plus haute du Campidoglio.

A cause de la mémoire historique liée à cet endroit, c’est là qu’on lieu les célébrations religieuses de la municipalité.

On y vénère une icône datant probablement du XI° siècle, et une statue de l’enfant Jésus, sculptée dans le bois, et provenant de Palestine.

S. Maria in Trastevere

Cette merveilleuse basilique est liée à la figure du pape Calixte (217-222), le premier véritable organisateur de l’église de Rome.  Avec l’accord de l’empereur Alexandre Sévère, il construisit le premier lieu de culte chrétien officiellement ouvert au public.

La basilique fut reconstruite et embellie au cours des siècles.

La mosaïque de l’abside fut exécutée en 1140. Le Christ Epoux exprime sa communion avec l’Eglise qui siège sur le même trône et que le Christ étreint de son bras droit. Quoique ressemblante, la représentation de l’Eglise se distingue de la Vierge Marie parce qu’elle est très droite, hiératique.

La basilique est gardée par le clergé diocésain et par la communauté sant’Egidio

Sainte Marie Majeure

C’est une des quatre basiliques patriarcales de Rome. Elle a été construite pendant le pontificat du pape Sixte III (432-440) sur l’emplacement d’une basilique encore plus ancienne. Le pape Sixte III a ainsi voulu commémorer le concile d’Ephèse.

L’abside, avec les splendides mosaïques de Torriti, a été ajoutée au XIII° siècle. Dans la seconde partie du XVII° siècle ont été construites les deux chapelles latérales : celle de gauche conserve comme dans un écrin l’icône « Salus Populi Romani », une icône qui remonte probablement au VIII° siècle et qui est l’une des plus vénérée à Rome.

La basilique est aussi appelée Sainte Marie à la crèche, parce qu’elle conserve des petites planches dont la tradition dit qu’elles sont celles de la mangeoire de Bethléem.

La basilique est encore appelée Sainte Marie de la neige, parce que, toujours selon la tradition, une chute de neige prodigieuse aurait délimité le périmètre de la toute première basilique. Le 5 août, on célèbre le prodige de la neige en faisant tomber des pétales blancs…

S. Maria Sopra Minerva

C’est l’église des dominicains de Rome, le centre de leur apostolat. C’est aussi la seule église de Rome en style gothique. Parmi les artistes qui y travaillèrent, il y a le bienheureux fra Angelico. Son corps repose dans cette église. On y vénère aussi les restes de sainte Catherine de Sienne. On y trouve une des plus anciennes images dédiée à Notre Dame du Rosaire, peinte par Fra Angelico.

Notre Dame du perpétuel secours.

L’icône est venue de Crète en l’an 1480, elle est du type « de la passion » : les anges présentent les instruments de la passion à Jésus qui a un mouvement de frayeur sur les genoux de sa mère.

L’image était d’abord dans un lieu privé, mais la Vierge aurait exprimé le désir d’être dans une église. Elle fut finalement confiée à l’église S. Alfonso, près de la maison générale des Rédemptoristes. Ceux-ci, non seulement ont promu le culte, mais ils ont diffusé l’image dans le monde entier.

Madonna del divino amore

Sur la tour d’un château médiéval en ruine, il y avait une fresque de la Vierge Marie, datant peut-être du XV° siècle. Un jour, au printemps 1740, un passant menacé par deux chiens de berger fut délivré en invoquant la Vierge. Alors, les pèlerins accoururent et construisirent une chapelle.

Plus tard, en 1930, le lieu fut confié à un jeune prêtre fervent qui fit intensifia la prière, et, le 4 juin 1944,  le pape fit le vœu, au nom des Romains, de s’amender et de construire un grand sanctuaire si la ville de Rome était épargnée des destructions pendant la bataille qui se livrait entre les Alliés et les Allemands… Le soir même, les Allemands évacuèrent la ville.

Notre Dame du miracle  (S. Maria dell’Apparizione o del miracolo).

Ce sanctuaire marial est situé à l’intérieur d’un autre sanctuaire dédié à saint André (Sant’Andrea delle frate).

En 1842, Alphonse Ratisbonne, un jeune juif, était en voyage touristique à Rome. Il avait accepté, par pure courtoisie de porter la médaille miraculeuse. Entrée dans l’église, la Vierge Marie lui apparut dans la même attitude que sur la médaille. Il se convertit et devint prêtre. L’apparition a été reconnue après l’enquête canonique de l’église. L’image a été peinte par Natale Carta en tenant compte des indications d’Alphonse Ratisbonne. Fête : 20 janvier 

S. Maria della Rivelazione, aux trois fontaines

Plus qu’un sanctuaire, c’est un espace sacré, entre une grotte et un jardin à l’abri de l’Eur… Jusqu’en 1947, le lieu était peu recommandable, et, justement là, la Vierge est apparue à Bruno Cornacchiola e à ses trois enfants. Le culte public de la Vierge de la Révélation est autorisé. Le sanctuaire est gardé par les frères mineurs conventuels. Fête : le 12 avril (Accès : via Laurentina, tout près des Trois fontaines).

 

Le 12 avril 1947, Bruno Cornacchiola, employé des tramways, communiste devenu chrétien dans une Eglise adventiste, hostile au pape, emmène ses trois enfants, Carlo (sept ans), Gianfranco (quatre ans) et Isola (dix ans). Les enfants jouent à la balle. Bruno rédige une allocution qu’il doit prononcer contre la doctrine mariale catholique. Vers seize heures, ses enfants l’interrompent : la balle est perdue. Bruno raconte : « Carlo et moi, nous descendîmes le terrain escarpé qui aboutissait à la via Laurentina, espérant y trouver la balle, mais nous ne la vîmes pas. Voulant m’assurer que le cadet ne s’était pas éloigné de l’endroit que je lui avait indiqué, je l’appelai et il me répondit. Mais à un moment donné, je ne l’entendis plus et j’eus beau élever la voix, je n’obtins aucune réponse. […] Avec une préoccupation croissante, je fouillai fébrilement les buissons et les roches et je finis par trouver l’enfant agenouillé à l’entrée d’une grotte, sur la gauche pour qui la regarde. » Gianfranco a les mains jointes et fixe l’intérieur de la grotte en souriant. « Belle Dame ! Belle Dame ! s’exclame l’enfant. – Qu’est-ce que tu dis ? » demande son père. Intrigué, Bruno appelle sa fille et lui demande de regarder dans la grotte. Elle tombe à genoux à droite de son frère. « Belle Dame ! Belle Dame ! » dit-elle aussi. Carlo est appelé à son tour. Il tombe également à genoux, à la droite d’Isola, les yeux rivés sur un point à l’intérieur de la grotte. « C’en est trop ! Toi aussi, tu te moques de moi ! » s’écrie Bruno qui tente de soulever Carlo, mais en vain : son fils est devenu extrêmement lourd. Bruno essaye de déplacer sa fille, toujours sans succès. Il prend peur. Ses trois enfants sont immobiles, pâles, les pupilles dilatées. « Qui que tu sois, même un curé, sors d’ici ! » vocifère Bruno. Il entre dans la grotte où il ne voit rien. Soudain, un phénomène se produit : « Je vis inopinément deux mains toutes blanches en mouvement vers moi et les sentis m’effleurer le visage. J’eus la sensation qu’on m’arrachait quelque chose des yeux. J’éprouvai en cet instant une douleur certaine et je restai dans l’obscurité la plus profonde », commente-t-il. Puis l’obscurité cède la place à une lumière qui grandit et finit par envelopper toute la grotte.

« A ce moment-là, je ne voyais plus ni la cavité, ni ce qu’elle pouvait contenir, mais je fus saisi d’une joie extraordinaire », précise Bruno. Il voit alors une belle jeune femme dans une lumière dorée, au visage doux et triste, d’une taille d’environ 1,65 m […] Sa main droite tient un livre gris sur lequel est posée son autre main. […] L’apparition fait le geste de lui tendre le livre qu’elle porte puis dit avec un « rythme lent et régulier, avec gravité et sans interruption », selon le voyant :

« Je suis Celle qui est dans la divine Trinité. Je suis la Vierge de la Révélation.

Tu me persécutes : arrêtes maintenant ! Entre dans le troupeau élu, cour céleste sur la Terre.

La promesse de Dieu est, et reste immuable : les neuf vendredis du Sacré-Cœur, que tu as observés pour faire plaisir à ta fidèle épouse avant de suivre le chemin de l’erreur, t’ont sauvé ! »

Bruno est figé. Il ressent un parfum suave et entend ces mots : « Je désire te donner une preuve certaine de la divine réalité de notre rencontre, afin que tu puisses en exclure toute autre motivation, y compris une possible astuce de l’ennemi infernal. Et ce signe, le voici : quand tu rencontreras un prêtre dans l’église ou en chemin, approche-toi de lui et adresse-lui cette parole : “Mon père, j’ai à vous parler !” S’il te répond : “Ave Maria, que veux-tu mon fils ?”, prie-le de t’écouter, car ce sera celui que j’aurai choisi. […]

L’apparition demande que les fidèles récitent le rosaire pour la conversion des pécheurs et l’unité des croyants.

« Avec cette terre de péché, j’opérerai des miracles éclatants pour la conversion des incroyants », poursuit-elle.

Puis Elle recommande la prudence à Bruno, l’avertit des épreuves à venir et évoque l’Assomption : « Mon corps ne s’est pas corrompu, car il ne pouvait se corrompre. Mon divin Fils et les anges sont venus à ma rencontre à l’heure de ma mort. » L’apparition disparaît. Bruno est le premier à sortir de l’extase.

Les jours suivants, Bruno se met en quête du prêtre dont lui avait parlé la Vierge, sans succès. Peu à peu, le doute s’installe. Il répète au fond de lui-même : « L’apparition dont j’ai bénéficié a été trop céleste et le bonheur trop paradisiaque pour que cela puisse provenir d’une hallucination. » Angoisse et tristesse le gagnent. Une violence incontrôlable monte en lui. Il songe au suicide : « J’avais vraiment l’idée de m’ôter la vie [...]. Je pensais détruire ma famille, puis moi-même. Parfois j’avais envie de me jeter sous un tram. Je me sentais devenir plus mauvais que lorsque j’étais protestant [...]. Je devenais fou », avoue-t-il. Fin avril, il se rend à l’église paroissiale de Tous-les-Saints, où il rencontre l’abbé Frosi qui répond à sa salutation par les mots : « Ave Maria, que veux-tu, mon fils ? » Bruno est soulagé. Le soir du 6 mai 1947, alors qu’il prie à la grotte, la Vierge lui apparaît dans une belle lumière. Le lendemain, Bruno abjure la confession protestante en présence de sa femme Jolanda. Le soir du 30 mai 1947, Bruno prie devant la grotte.

La Vierge apparaît pour la troisième fois. « Va chez mes très chères filles, les Pieuses Enseignantes Filippini et dis-leur de prier pour les incrédules du quartier », lui demande-t-Elle. Bruno se lie d’amitié avec ces religieuses. Il scolarise ses enfants dans leur établissement. Quelques mois plus tard, il fonde l’« Opera SACRI » à son domicile, sorte de groupe de prière et d’évangélisation.

La rumeur des apparitions grandit. Bruno et les enfants sont convoqués au commissariat de l’Appio pour y être interrogés tous ensemble puis chacun séparément. Leurs témoignages concordent parfaitement. Le commissaire envoie à la grotte deux gardes pour assurer l’ordre. Des guérisons sont signalées. Carlo Mancuso, huissier municipal, est guéri d’une fracture du bassin et de l’avant-bras droit provoquée par une chute dans une cage d’escalier. Le 21 juin 1947, le docteur Giuseppe Del Duca confirme par écrit cette guérison. Le surlendemain, Mafalda Anastasi, asthmatique, répand sur elle un peu de terre ramassée à la grotte : elle est guérie. Le docteur Rocco Lafrate reconnaît les faits.

Le 9 décembre 1949, Bruno rencontre Pie XII. Il lui remet un poignard avec lequel il envisageait de le tuer avant les apparitions et sur lequel il avait gravé : « Mort au pape ».

Le culte public de la Vierge de la Révélation est autorisé. Le 9 juillet 1956, les Franciscains conventuels deviennent gardiens du sanctuaire. Italiens et étrangers viennent en foule.

Le 12 avril 1980, de dix-sept heures cinquante à dix-huit heures vingt, des « signes dans le soleil » sont allégués par des témoins, dont Mgr Osvaldo Balducci. Certains aperçoivent le soleil qui tournoie dans le ciel, la Vierge avec une couronne de douze étoiles, le Christ assis sur un trône, une colombe lumineuse, etc.

En 1981, le père Vitale Bommarco, ministre général des Franciscains conventuels, cède la custodie du sanctuaire à la province romaine.

Le 23 février 1982, 10 000 personnes prient à la grotte. Soudain, le soleil se met à « tournoyer », change d’intensité puis de couleur. Le père Boggioni, provincial des Marianistes à Rome, est témoin des faits.

La Vierge apparaît à Bruno et lui demande la construction d’une « maison-sanctuaire » en l’honneur de la Vierge de la Révélation : « Viendront y prier les assoiffés, les égarés. Ils y trouveront l’amour, la compréhension, la consolation : le vrai sens de la vie. Ici, dans cet endroit de la grotte où je suis apparue plusieurs fois, ce sera le sanctuaire de l’expiation, comme si c’était le purgatoire sur la Terre. Il y aura une porte au nom significatif de porte de la Paix. Tous devront entrer par cette porte », poursuit l’apparition.

Regina Apostolorum

Ce sanctuaire grandiose a été voulu par don Giacomo Alberione et inauguré durant l’année mariale 1954. C’est un centre de prière pour toutes les vocations.

 

Synthèse Françoise Breynaert

Date de dernière mise à jour : 10/02/2020