41. Le jugement

41. Le jugement (Soeur Françoise parle aux musulmans)

La première sourate du Coran, appelée aussi la Fâtiha, est la prière quotidienne des musulmans, et s’adresse à Allah.

  1. Au nom de Dieu-Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
  2. Louange à Dieu-Allah, Seigneur de l’univers (Seigneur des siècles).
  3. Le Miséricordiant, le Miséricordieux,
  4. Maître du Jour du Jugement

Au verset 2 : on peut traduire « Seigneur des siècles » aussi bien que « Seigneur de l’univers » (littéralement : des mondes). Dieu a le temps. Pourquoi Dieu délèguerait-Il à des hommes de châtier à Sa place en tuant ? Car alors, on suppose que tout est écrit d’avance, et, de plus, que l’on peut savoir qui Dieu compte châtier ou non, de sorte qu’on puisse le faire à l’avance et à Sa place. Mais est-ce le cas ? Et d’ailleurs, si tout est écrit d’avance dans un programme fermé, cela a-t-il encore un sens de faire quoi que ce soit ?

Au verset 1 et au verset 3, le Dieu qui fait miséricorde (raḥmān) – c’est-à-dire qui est ému et veut le bien des hommes – est aussi dit miséricordieux en Lui-même (raḥīm). Si Dieu est dit vouloir le bien des hommes à travers les temps, s’agit-il de tous les hommes ou de certains d’entre eux ? Au reste, miséricordieux en Lui-même, Dieu peut-Il vouloir du bien pour certains et du mauvais pour d’autres ? La solution est donnée au verset 4. « Jour du Jugement » a un sens propre, très précis, qui est collectif et non pas individuel. Par ce Jugement, d’une manière ou d’une autre, la terre devra être purifiée de ceux qui se seront voués au mal, à l’Antichrist dont parlent les traditions islamiques. Il importe de souligner que le monde qui doit en résulter ne sera donc pas le fruit d’un djihad mais radicalement celui d’une intervention de Dieu. Alors, quel sens cela a-t-il de penser jouer au justicier universel dès maintenant ? Qui serait assez « pur » ou « juste » pour en avoir le droit ? Et par rapport à qui, et comment ?

L’Evangile dit que Dieu a remis le jugement à Jésus-Christ.

La « vie éternelle » est donnée aux disciples dès cette terre :

« Amen, amen,      /           je vous le dis,

Qui écoute ma Parole /      et croit en qui m’a envoyé

il y a pour lui         /           la vie qui est pour toujours

Et au jugement      /           il ne vient pas

Mais il quitte la mort pour la vie. » (Jn 5, 24 FG).

La « vie éternelle » est donnée aux défunts qui accueillent la voix du Fils de l’homme :

« Amen, amen,      /           je vous le dis,

l’heure vient --      /           et même elle est venue maintenant –

où les morts                       /          entendent la voix du Fils de l’homme,

et ceux qui l’entendent /    revivent. 

De la même façon qu’au Père, en effet, / il y a la vie en sa Personne,

Ainsi il l’a donné aussi à son Fils, /          pour qu’il ait la vie en sa Personne,

Et il l’autorise à être aussi,           /           celui qui rend le jugement

Car c’est lui,                                  /           le Fils de l’homme. » (Jn 5, 25-27 FG).

Dans le livre Daniel, c’est le Fils de l’homme qui juge le monde (Dn 7) :

La vie éternelle sera donnée au dernier jour, à travers un ultime jugement, pour la résurrection finale :

« Ne vous émerveillez pas de cela, /        que vienne l’heure,

Où tous ceux qui sont dans les sépulcres / entendent sa voix et sortent,

Ceux qui firent de bonnes (œuvres) /       pour le relèvement de la vie

Ceux qui firent de mauvaises (œuvres) /  pour le relèvement de jugement » (Jn 5, 28-29 FG[1]).


 

 

 

[1] Traduction par F. GUIGAIN.

Date de dernière mise à jour : 06/11/2019