6. L'annonce d'un Verbe !

Sr Françoise parle aux musulmans 6. L'annonce d'un Verbe !

Les hommes ne sont ni des machines, ni des animaux parce qu’ils n’échangent pas uniquement des informations ni des affects. Ils échangent des paroles humaines, libres.

La liberté humaine ne serait que la répétition arbitraire de choses déjà existante si la nature humaine ne comportait l’ouverture à une instauration divine, à une révélation. C’est cette ouverture qui fait que l’être humain est vivant.

Mais comment savoir si l’on est inspiré par le Créateur ou par un ange déchu, par Satan-Iblis ? Comment savoir si l’on parle à une divinité ou à une chimère ?

Les hommes étant libres, ils sont aussi faillibles, ils peuvent se tromper ou mentir aux autres, et les échanges importants ont besoin de témoins. Par exemple lors d’un mariage, ou lors d’un procès, ou lors d’un emprunt bancaire. Mais ces témoins sont des hommes, faillibles eux aussi. C’est pourquoi, depuis la nuit des temps, les hommes jurent au nom de la divinité.

Quand le Coran dit « O Marie ! Dieu t'annonce la bonne nouvelle d'un Verbe émanant de lui » (Coran 3, 45), il reste assez proche de l’évangile qui voit en Jésus le Verbe de Dieu. Un Verbe unique, le témoin fidèle et vrai (Ap 1, 5 et 3, 14). Un Verbe qui sauve le monde parce qu’il permet de sauver la parole humaine de l’erreur. Cela n’est possible que parce que ce Verbe est à la fois homme et Dieu. Il révèle Dieu dans un langage humain. Il porte à Dieu des prières humaines. Il est le Verbe de Dieu.

Mais cela, le Coran ne l’a pas compris et écrit : « Certes sont mécréants ceux qui disent : "Allah, c'est le Messie, fils de Marie !" » (Coran 5, 17). Avant le Coran, d’autres n’avaient pas non plus accepté que Jésus soit l’envoyé du Père, son Verbe unique, fidèle et vrai. Ils enseignaient que c’est par la suprématie d’Israël sur les nations que le mal serait banni de la terre et les méchants et injustes vaincus. Selon ces messianistes, Jésus aurait dû réaliser ce programme de son vivant, mais il en a été empêché par la corruption d’Israël. Dieu avait alors enlevé Jésus au ciel avant la crucifixion en attendant que des circonstances plus favorables permettent son retour et la réalisation des prophéties. C’est en vue de la réalisation de ce programme messianique qu’ils ont mené les deux « guerres juives », qui furent des cataclysmes : le Temple fut détruit en 70, puis la ville elle-même lors de la seconde de ces guerres insurrectionnelles (135). Tous ceux qui nient la divinité du Christ ouvrent la porte aux messianismes politiques (« c’est moi qui sauve le monde » et il faut discriminer et soumettre ou même éliminer ceux qui s’opposent).

Une ancienne prière a été retrouvée sur un papyrus du 3° siècle, en Egypte : « Sous ta miséricorde, nous nous réfugions, mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières dans la nécessité, mais du danger, libère-nous : toi seule chaste, toi seule bénie ».

Les conciles d’Ephèse et de Chalcédoine en 431 et 451 ont expliqué ce titre : « C’est ainsi qu’ils (les saints pères) se sont enhardis à nommer la sainte Vierge Mère de Dieu, non que la nature du Verbe ou sa divinité ait reçu le début de son existence à partir de la sainte Vierge, mais parce qu’a été engendré d’elle son saint corps animé d’une âme raisonnable, corps auquel le Verbe s’est uni selon l’hypostase et pour cette raison est dit avoir été engendré selon la chair »[1]. Et les églises orientales qui jadis n’avaient pas pu être présentes à ces conciles, ont fait, le 11 novembre 1994, une déclaration commune.

Date de dernière mise à jour : 14/06/2019