13. Marie loue le Très miséricordieux

Après l’Annonciation, Marie entonne la louange de Dieu : (Lc 1, 46-55) :

46 Marie dit alors :

Mon âme exalte le Seigneur,

47 et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur

48 parce qu’il a jeté les yeux sur l’abaissement de sa servante.

 Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,

49 car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses

 Saint est son nom,

 50 et sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

51 Il a déployé la force de son bras,

 il a dispersé les hommes au cœur superbe.

 

52 Il a renversé les potentats de leurs trônes

et élevé les humbles,

 

53 Il a comblé de biens les affamés

et renvoyé les riches les mains vides.

 

54 Il est venu en aide à Israël, son serviteur,

se souvenant de sa miséricorde,

 

55 selon qu’il l’avait annoncé à nos pères

en faveur d’Abraham et de sa postérité à jamais !

Il y a une opposition, mais il ne suffit pas d’être pauvre pour être l’objet de la prédilection divine. Les pauvres qui sont élevés sont ceux qui servent Dieu dans l’humilité et la crainte, c’est-à-dire dans le désir de correspondre à sa grâce. Les riches qui sont renversés sont ceux qui usurpent la force du Tout-Puissant, ils sont superbes et vides.

 

Les musulmans comprennent très bien qu’il est juste de louer le Seigneur. La première sourate du Coran est une prière de louange. En voici le texte selon une bonne traduction :

1. Au nom de Dieu-Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

2. Louange à Dieu-Allah, Seigneur de l’univers.

3. Le Miséricordiant, le Miséricordieux,

4. Maître du Jour du Jugement.

5. C’est Toi que nous adorons, Toi dont nous implorons le secours.

6. Guide-nous dans le droit chemin,

7. le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.

(Ce verset 7 ne peut pas être dit par un chrétien car il renvoit à deux passages de la sourate 5 où, d’une part les juifs sont dits encourir la colère de Dieu et d’autre part les chrétiens sont dits être dans l’égarement[1]).

Question : le Dieu qui fait miséricorde (raḥmān) – c’est-à-dire qui est ému et veut le bien des hommes – est miséricordieux en Lui-même (raḥīm). La qualification de raḥīm donnée à Dieu indique qu’Il est miséricordieux en Lui-même (ou très miséricordieux). Si Dieu est miséricordieux en Soi, peut-Il l’être seulement à ses heures, sans Se renier ? L’être tantôt pour certains et être l’inverse pour d’autres ?

 

[1] Il est question des Juifs “que Dieu a maudits, contre qui Il est en colère” (Sourate5:60) ; et à la suite des versets 72 et 73 qui visent manifestement les chrétiens, il est dit au verset 77 que ce sont des “gens qui se sont déjà égarés, qui [en] ont égaré beaucoup et qui s’égarent (avec 3 fois le verbe ḏallala, Q 5:77)”. Si ce n’est pas de Dieu, d’où viennent ces affirmations haineuses ?

Date de dernière mise à jour : 20/07/2019