21. Le miracle du vin aux noces de Cana

Jésus fait un miracle éloquent en changeant en vin l’eau des jarres (Jn 2, 1-12). Ce miracle de Jésus est appelé le « premier signe » (Jn 2, 12). Ce miracle a lieu dans le cadre d’un récit bien structuré : En Jn 1,19-34, Jésus est avec Jean Baptiste, au-delà du Jourdain, ensuite, il est en Galilée ou en Judée : il a franchi le Jourdain et le vin (comme l’huile et le pain) représente les produits de la Terre promise dans laquelle il s’agit d’entrer. Par ce signe, Jésus veut signifier qu’il est Le Prophète comme Moïse, promis pour la fin des temps (Dt 18, 18). Le vin de ce miracle est surabondant, et il est excellent. La remarque que le maître du repas fait à l’époux est riche de sens (Jn 2, 10) : normalement et jusqu’à présent le « bon vin » était momentané, après on donnait le moins bon. Ce qui est arrivé est inhabituel car désormais, le vin que donne Jésus, le meilleur vin, est le dernier, le définitif. La surabondance du vin évoque les derniers temps (Amos 9, 13-14 et Jo 4, 18) et la restauration universelle (Is 25, 6).

La mère de Jésus est présente lors de ce premier signe, « touchée de pitié, elle obtint par son intercession que Jésus le Messie inaugurât ses miracles (cf. Jn 2,1-11) » (Vatican II, Lumen gentium 58).

 « Sa mère dit à Jésus : Ils n’ont plus de vin ! Jésus lui dit : Femme, qu’y a-t-il pour toi et pour moi ? Mon heure n’est pas venue » (Jn 2, 3-4). Le texte araméen : ܡܳܐ ܠܺܝ ܘܠܶܟ݂ܝ [mᵓ ly wlky], avec la conjonction ܠ [L] que l’on traduit : « pour toi et pour moi » (comme un destin commun) ou « à toi et à moi » (comme un enfant commun). Ce n’est que lorsque la Passion se profile que « l’heure » sera venue (Jn 12, 23 et 17, 1). Le destin commun ou l’enfant commun est manifesté au calvaire « Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : "Femme, voici ton fils." Puis il dit au disciple : "Voici ta mère." » (Jn 19, 26-27).

Le Coran rappelle que Jésus fit de nombreux miracles, mais il est intéressant d’observer que la première chose que fit Muhammad lors de son arrivée à Médine en 622 fut d’interdire le vin, lequel est réservé au Ciel où il coulera à flots (Coran 47, 15). Cette consigne est logique dans la perspective musulmane. Les musulmans réservent le vin pour le Ciel, ou la fin des temps, car pour l’islam, Jésus n’a pas accompli le salut. Ils n’ont pas compris que Jésus est l’unique Verbe de Dieu, fidèle et vrai, qui permet aux hommes d’être sauvés du mal, c’est-à-dire de l’erreur, du mensonge.

Françoise Breynaert