16. Le témoin fidèle et vrai

La question des témoins est d’une très grande importance. C’est une question universelle. Parce que le langage humain n’est pas programmé, c’est une parole libre, mais c’est au risque de l’erreur, de la chimère, du mensonge. Si l’on ne veut pas tomber dans le non-sens d’un relativisme généralisé, il faut un témoin pour certifier le langage humain. Comme les témoins sont eux-mêmes des hommes, il faut finalement le témoignage d’une divinité : dans toutes les civilisations, si on ne veut pas tomber dans le relativisme, on jure par Dieu !

Et en effet, on lit dans le Coran : « 106. Ô les croyants ! Quand la mort se présente à l’un de vous, le testament sera attesté par deux hommes intègres d’entre vous /…/. Vous les retiendrez (les deux témoins), après la Salat, puis, si vous avez des doutes, vous les ferez jurer par Allah : "Nous ne faisons aucun commerce ou profit avec cela, même s’il s’agit d’un proche, et nous ne cacherons point le témoignage d’Allah. Sinon, nous serions du nombre des pêcheurs". 107. Si l’on découvre que ces deux témoins sont coupables de péché, deux autres plus intègres, parmi ceux auxquels le tort a été fait, prendront leur place et tous jureront par Allah : "En Vérité, notre témoignage est plus juste que le témoignage de ces deux-là; et nous ne transgressons point. Sinon, nous serions certainement du nombre des injustes" » (Coran 5, 106-107).

Ainsi la question du fondement de la parole humaine sur un témoignage fiable est-elle une question centrale.

Dans l’Evangile, Pilate interroge Jésus pour le juger : « Es-tu leur roi ? /.../ Qu’as-tu fais ? ». Jésus répond qu’il est venu « rendre témoignage à la vérité », « Quiconque est de la vérité écoute ma voix » (Jn 18, 37). A l’opposé, Pilate n’est pas ferme dans la vérité qu’il ne veut pas entendre : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Jn 18, 38).

Jésus est le témoin fidèle et vrai (Ap 1, 5 et 3, 14), parce qu’il a enduré une mort cruelle en témoignage de la vérité.

 

Venons-en à un autre aspect.

Le langage humain peut être inspiré par Dieu, c’est ce qui lui confère sa nouveauté, sa vitalité, mais qu’est-ce qui prouve que c’est par le vrai Dieu, le Créateur, qu’il est inspiré ?

Jésus a des témoins : Jean le Baptiste, les œuvres, les Ecritures, le Père lui-même.

Et les œuvres de Jésus sont les preuves de ce que Jésus dit et enseigne. Le Coran lui-même le reconnait : « Et tu guérissais par Ma permission, l’aveugle-né et le lépreux. Et par Ma permission, tu faisais revivre les morts. Je te protégeais contre les Enfants d’Israël pendant que tu leur apportais les preuves » (Coran 5, 110).

C’est surtout la résurrection de Jésus par le Père qui prouve que Jésus a dit vrai. Or Jésus a prophétisé sa résurrection.

« Jésus répondit aux Judéens : "Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai." Les Juifs lui dirent alors : "Il a fallu 46 ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèveras ?" Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Ecriture et à la parole qu’il avait dite » (Jn 2, 19-22).

Ainsi, Jésus fonde le langage humain dans la vérité et lui seul pouvait le faire, en tant que qu’il est le Verbe de Dieu (Jn 1, 1-4) à la fois homme et Dieu. Il est le Verbe de Dieu qui fonde le langage humain et le sauve du mensonge ou du désespoir du non-sens.