5. Y a-t-il un déterminisme ?

Soeur Françoise parle aux musulmans 5 . Un déterminisme ?

L’Evangile montre que la réponse de la Vierge Marie est attendue par l’ange Gabriel. « Et les saints Pères considèrent Marie comme apportant au salut des hommes non pas simplement la coopération d'un instrument passif aux mains de Dieu, mais la liberté de sa foi et de son obéissance » (Vatican II, Lumen gentium 56).

Certains théologiens musulmans voudraient bien parler comme les chrétiens, en associant les notions de libre arbitre et d’omniscience de Dieu ; mais ils se heurtent à plusieurs sourates du Coran qui affirment la prédestination.

Le Coran présente simplement Marie comme une femme « dévote » qui « se prosterne et s’incline » (Coran 3, 43).

On ne peut accomplir que ce que Allah a écrit pour nous (Coran 9, 51).

Un homme peut être guidé par Allah, alors il est bien guidé, mais il peut être aussi dévié par Allah, alors il se perd (Coran 7, 178-179).

Un décret éternel a décidé que certains ne croiraient pas (Coran 36, 7-10).

Un fameux Hadith dit ceci : « [A l’embryon dans le sein de sa mère] l’ange insuffle l’esprit vital et ordonne quatre paroles prescrites : sa subsistance, la fin de sa vie, ses actions et son bonheur ou son malheur. Je jure sur Allah, en dehors duquel il n’y a pas d’autres dieux, que celui qui agit avec les gens du paradis jusqu’à être proche d’eux de la distance d’un bras, sera écrasé selon ce qui lui est prescrit : il agira comme les gens de l’enfer et il ira en enfer. Celui qui agit avec les gens de l’enfer jusqu’à être proche d’eux de la distance d’un bras, sera retourné selon ce qui lui est prescrit : il agira comme les gens du paradis et il ira au paradis. »[1]

L’enseignement biblique est bien différent. Même lorsque saint Paul dit que Dieu le Père « nous a prédestinés à être saints et immaculés en sa présence dans l’amour » (hymne aux Ephésiens), il ne s’agit pas d’un déterminisme, simplement Dieu n’a pas créé sans but et pour l’absurde, il nous a créés pour la sainteté et l’amour. Saint Paul prend l’image du potier : Dieu un comme un potier qui façonne les justes mais qui supporte les mauvais (Rm 9, 21-23).

Les hommes sont créés libres, ils peuvent changer, et Dieu les supporte jusqu’au jour du jugement. Qui pourrait prendre la place de Dieu pour les juger ?

 

[1] Al Bukhari, The translation of the meanings of Sahih of Al-Bukhari, vol 8, Medina 1970, p. 387

Date de dernière mise à jour : 14/06/2019