52. Le Mahdî : particularités chiites

L’origine des Chiites vient d’une querelle de succession. Certains sunnites voudraient apaiser cette querelle. « Le très courageux Dr Mûsâ al-Mûsâwî déclare, en s’adressant aux Chiites, qu’il n’est pas nécessaire de dénigrer les trois premiers califes et de forger des récits apocryphes pour témoigner de sa foi et de son amour envers les Gens de la Maison du Prophète (~). Que les propos insultants qu’ils tiennent à l’encontre de certains membres de sa famille et de ses Compagnons sont indignes d’un musulman, d’autant que certains font partie des dix promis au Paradis et qu’ils ont fait l’objet de révélations coraniques. Que l’opinion selon laquelle ‘Alî pouvait prétendre au califat existe, qu’elle est tout à fait noble et légitime et que ce type de revendications peut très bien se faire dans le cadre de la vérité et de la légalité »[1].

Les Chiites valorisent grandement les imâms. « Pour les chiites, si le cycle de la prophétie (annubuwwa) est considéré comme clos, celui des saints imâms (al-wilâya) se poursuit. Ils sont les dépositaires de la Lumière mohammadienne dont, tour à tour, ils héritent ; d’où le choix délicat et souvent controversé de l’élu. Le imâmites voient dans les imâms les interprètes des prophètes. Pour les ismaéliens, le cycle de l’imâmat est supérieur à celui de la prophétie, pour d’autres encore les prophètes sont les subalternes des imâms »[2].

Les Chiites ont développé la croyance en un Imâm caché, ou un Mahdî caché. « L’occultation (al-ghayba) et la réapparition (ar-raj’a) sont deux éléments essentiels, communs à toutes les confréries chiites. Pour les imâmites, le Mahdî est absent (ghâ ‘ib) ; il reviendra à la fin des temps. Pour les ismaéliens, il est présent et vit caché (mastûr) parmi les hommes. Les imâmites et les ismaéliens ont de nombreux autres points doctrinaux en commun. Ils se distinguent avant tout par leur très forte propension à donner une dimension cosmologique et ésotérique à tout ce qui se rapporte à la Révélation, à la Tradition du Prophète et à celle des imâms. Les chiffres et la valeur numérique des lettres de l’alphabet revêtent une signification symbolique toute particulière »[3].

Les chrétiens n’entrent jamais dans des considérations ésotériques (de type kabbalistique !), terrain de prédilection des anges mauvais.

 


[1] Mohamed BENCHILI, La venue du Mahdi selon la tradition musulmane, éditions Tawhid, 2009, p. 111

[2] Mohamed BENCHILI, Ibid., p. 102

[3] Mohamed BENCHILI, Ibid., p. 102

Date de dernière mise à jour : 30/11/2019