Grande procession mariale

            Il s’agit de faire une procession, à l’intérieur ou dehors, en mémoire de diverses apparitions dans le monde. On peut porter des cierges, choisir des chants adaptés.

            Il est impossible dans un Maranathon de proposer une procession incommensurable ! Il est impossible dans ce livre d’évoquer tous les sanctuaires du monde ! Que l’on me pardonne donc… Et que chaque organisateur fasse au mieux, car on peut adapter ou compléter selon le pays des participants, en gardant une ouverture à l’universel, car chaque lieu est pour tous :

« Quand je me manifeste à quelqu’un pour lui parler, je veux m’adresser au monde entier » (La Vierge Marie, Mère du Verbe, à Kibeho au Rwanda, le 27 mars 1982).

Carte monde

Grands sanctuaires du monde au cours des siècles

Le Saint Sépulcre à Jérusalem : lieu de la résurrection du Christ. Lieu d’un « miracle des cierges allumés » tous les ans la nuit de Pâques (calendrier orthodoxe).

Notre Dame du Puy (France, mont Anis près de Clermont). En 47 de notre ère, ou en 70, une première apparition de la Vierge Marie occasionna en ce lieu la guérison miraculeuse de Vila (ou Villa), atteinte d’une forte fièvre. En 221, la Vierge accompagnée d’anges apparaît en songe à Aurélie, habitante de Ceyssac, paralysée, et lui dit de se rendre là pour recouvrer la santé. Elle y fut guérie, et la Vierge se montra à elle pour lui demander d’édifier une véritable église. Le pape Calixte I° (v. 155-222) donna son accord à l’évêque du lieu pour la construction de l’église, qui devint au cours des siècles un haut lieu de la chrétienté.

 

Sainte Marie majeure (Rome, Italie). C’est une des quatre basiliques patriarcales de Rome. Elle a été construite sous Sixte III (432-440) sur l’emplacement d’une basilique encore plus ancienne. Le pape Sixte III, par cette basilique, a voulu commémorer le concile d’Ephèse, qui, tout en définissant la divinité du Christ, a défini la maternité de Marie, mère selon l’humanité de celui qui est le Fils de Dieu.

 

Blacherne (Turquie, près d’Istanbul) : sainte Marie de Blacherne conservait les reliques du manteau de Marie. Au X° siècle, la Vierge apparut à André, un Fol-en-Christ d’origine slave, et à son disciple Epiphane. De là vient la fête orthodoxe de la "Protection de la Mère de Dieu" célébrée le 1° octobre.

 

Notre Dame de Vladimir (Russie). L’icône de Vladimir fut apportée vers 1131 de Constantinople en Russie, à Kiev. En 1155 un prince l’amena de Kiev à Vladimir (d’où son nom). C’est à cette époque que l’icône commença à opérer des miracles et attira de nombreux fidèles. En 1395, elle est transférée à Moscou. On la retrouve dans tous les événements importants de la vie politique du pays…

 

Notre Dame de Czestochowa (Pologne) abrite depuis 1384 la Vierge Noire de Jasna Gora. En polonais, Jasna Gora veut dire "Montagne Lumineuse". En 1656, le roi Casimir y fit un vœu solennel : « une fois la paix restaurée, je mettrai tout mon soin et j’appliquerai tous les moyens pour libérer le peuple de mon Royaume des taxes injustes et des oppressions ». Le 8 septembre 1717 la Vierge de Jasna Góra fut officiellement couronnée comme "Reine" de la Pologne. Au XX° siècle (1957-1980) le cardinal Wyszinski eu l’idée de porter une copie de l’icône du Czestochowa en visite aux différents endroits de la Pologne, rassemblant le pays dans l’unité… Le gouvernement communiste s’y opposa et mit l’image "sous garde". Les pérégrinations reprirent avec plus vigueur, animées maintenant d’un symbole plus puissant encore : un cadre vide...

 

Notre Dame de Guadalupe (Mexique, près de Mexico). En 1521, la capitale de la civilisation Aztèque tombe sous les forces armées de Cortez. Moins de 20 ans plus tard, neuf millions d’habitants qui avaient professé pendant des siècles une religion prônant les sacrifices humains les plus cruels, sont convertis au christianisme. Que s’est-il passé ? En 1531, une "Dame du Ciel" apparut à un pauvre Indien. « Il regardait vers l’est, vers le haut de la colline d’où venait un précieux chant céleste ; puis, subitement le chant s’arrêta et le silence régna. Il entendit alors une voix venant de la colline qui lui disait : "Juanito, Juan Dieguito"... » Elle se présenta comme la mère du Vrai Dieu, lui donna des instructions pour que l’évêque fit construire une église sur le lieu et laissa une image d’elle-même imprimée miraculeusement sur son tilma (son manteau).

 

Notre Dame de Vailankanni (Inde, près de Nagapattinam dans l’état de Tamil Nadu). Le sanctuaire est connu sous le nom de « Mère de la santé ». Vers 1580, un jeune Indien portait du lait à la maison de son maître, dans la ville voisine de Nagapattinam. Il était fatigué et assoiffé. Il se couche à l’ombre d’un bananier pour réparer ses forces et tombe vite dans un profond sommeil. Soudain il est saisi par la lumineuse vision d’une belle dame, tenant un enfant dans ses bras. Il est fasciné par sa beauté. Jamais il n’a rien vu de tel. C’est une beauté du ciel. La figure de l’enfant est lumineuse comme le soleil couchant. « Donne-moi du lait pour mon enfant », dit-elle. Comment sait-elle que je transporte du lait, se demande-t-il, et comment puis-je disposer de ce lait qui appartient à mon maître ? Il ne trouve point de réponse à ces questions mais son bon cœur est le plus fort : il ne peut refuser. Il donne du lait à cette femme et se dit: - Je trouverai bien une excuse auprès de mon maître. Et c’est joyeusement qu’il tend son récipient. Il rapporte l’étrange aventure à son maître, et l’implore: - Excusez-moi pour le lait manquant. Là-dessus, ils ouvrent le pot de lait : celui-ci est rempli jusqu’au bord.

 

Notre Dame du Laus (France, près de Gap). Le Laus est un sanctuaire unique par la durée des apparitions à Benoîte Rencurel, pendant 54 ans ! (1664-1718). "Combien de personnes ont dit que le Laus était le refuge des pécheurs, là où Dieu les inspire de faire de bonnes confessions, lève la honte de ceux qui ne les osent pas dire, assistés des avis de Benoîte qui leur découvre tout leur intérieur, leur donne courage le temps de bien s’examiner, et de bons confesseurs qui les renvoient très contents!" (Manuscrits du Laus).

 

Aparecida (Brésil, province de Sao Paolo). Notre Dame d’Aparecida, Immaculée conception, est la sainte Patronne du Brésil. A l’origine, quelques pécheurs remontèrent, un jour de 1717, une statue sans tête... En lançant à nouveau leur filet, ils retirent la tête. La statue de la Vierge désormais complète fut appelée « Aparecida ».

 

La Vang (Vietnam) : En 1798, des chrétiens s’enfuient dans la jungle pour échapper aux persécutions gouvernementales. C’est alors qu’auraient eu lieu une série d’apparitions de la Vierge Marie : elle les réconfortait et les soutenait. Depuis lors, les pèlerinages n’ont jamais cessé. Telle est l’origine du sanctuaire de La Vang, à mi-distance entre le nord et le sud.

 

Ephèse (Turquie, près de Selçuk), Anaya Kapulu (la maison de la Toute sainte) ou Meryem Ana Evi, Redécouverte au XIX° siècle, « la Sainte Maison doit être un centre du culte marial unique au monde où les croyants chrétiens et musulmans de tout rite et de toute nationalité, pourront se rencontrer pour vénérer la Mère de Jésus et vérifier la prophétie : Toutes les générations me proclameront Bienheureuse » (Pie XII, Osservatore Romano, 24 avril 1954).

 

Montréal (Québec) : La ville elle-même a été fondée le 17 mai 1642 comme « ville Marie » par des hommes et des femmes venus de France, pour y vivre dans la prière et la charité ! On y trouve le sanctuaire montfortain « Marie Reine des cœurs », et bien sûr l’immense « oratoire saint Joseph » bâti et agrandi de 1904 à 1967 par le frère André (saint).

 

Le sanctuaire de Sheshan et celui de Zo-sé (près de Shanghaï, Chine). Marie Auxiliatrice des Chrétiens. Ces deux sanctuaires datent du XIX° siècle. C’est à Zo-sé que la Chine fut consacrée à la Vierge Marie en 1924.

 

Notre-Dame de Walsingham (Norfolk, Angleterre). Ce sanctuaire, d’origine médiévale (en 1061), a connu un renouveau au début du XX° siècle et constitue « le Nazareth de l’Angleterre ». Marie y est invoquée comme Vierge de la mer, Stella Maris…

 

5 apparitions mariales au XIX° siècle en France

Cartes europe 19 12 2017

1830. Les apparitions de la rue du Bac (Paris)

            Le 18 juillet 1830, La Sainte Vierge désigne de la main l’autel où repose le tabernacle et dit : « Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur. Elles seront répandues sur les grands et les petits. »

            Le 27 novembre 1830, Catherine Labouré voit comme deux tableaux vivants qui passent, en fondu enchaîné, et dans lesquels la Sainte Vierge se tient debout sur le demi-globe terrestre, ses pieds écrasant le serpent.

            Dans le 1° tableau, la Vierge porte dans ses mains un petit globe doré surmonté d’une croix qu’elle élève vers le ciel. Catherine entend : « Cette boule représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier »

            Dans le 2° tableau, il sort de ses mains ouvertes, dont les doigts portent des anneaux de pierreries, des rayons d’un éclat ravissant. Catherine entend au même instant une voix qui dit : « Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent ». Puis un ovale se forme autour de l’apparition et Catherine voit s’inscrire en demi-cercle cette invocation en lettres d’or : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Alors une voix se fait entendre : « Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces ». Enfin le tableau se retourne et Catherine voit le revers de la médaille : en haut une croix surmonte l’initiale de Marie, en bas deux cœurs, l’un couronné d’épines, l’autre transpercé d’un glaive.

 

Méditation (pape saint Pie X)

            « Un grand signe - c’est en ces termes que l’apôtre saint Jean décrit une vision divine - un grand signe est apparu dans le ciel : une femme, revêtue du soleil, ayant sous ses pieds la lune, et, autour de sa tête, une couronne de douze étoiles (Ap 12, 1). /…/ Et l’Apôtre de poursuivre : Ayant un fruit en son sein, l’enfantement lui arrachait de grands cris et lui causait de cruelles douleurs (Ap 12, 2). Saint Jean vit donc la très sainte Mère de Dieu au sein de l’éternelle béatitude et toutefois en travail d’un mystérieux enfantement. Quel enfantement ? Le nôtre assurément, à nous qui, retenus encore dans cet exil, avons besoin d’être engendrés au parfait amour de Dieu et à l’éternelle félicité. Quant aux douleurs de l’enfantement, elles marquent l’ardeur et l’amour avec lesquels Marie veille sur nous du haut du ciel, et travaille, par d’infatigables prières, à porter à sa plénitude le nombre des élus. [...] Avec quelle rage, avec quelle frénésie n’attaque-t-on pas aujourd’hui Jésus-Christ et la religion qu’il a fondée ! [...] Mais la Vierge ne laissera pas, de son côté, de nous soutenir dans nos épreuves, si dures soient-elles, et de poursuivre la lutte qu’elle a engagée dès sa conception, en sorte que quotidiennement nous pourrons répéter cette parole : Aujourd’hui a été brisée par elle la tête de l’antique serpent. » (Pie X, Ad diem illum laetissimum, 1904)

 

1846. Marie apparaît à la Salette

            Le 19 septembre 1846, Marie apparaît sur la montagne de la Salette à Maximin et Mélanie. Elle apparaît là où les enfants jouaient à former un « jardin du paradis » et pleure. Elle donne un message concernant le respect du Nom de Dieu et du repos dominical. Elle donne aussi un secret, qui a été publié avec l’imprimatur. Plus tard, Mélanie précise :

« Il est bien vrai que dans l’apparition du 19 septembre 1846 sur la montagne de la Salette, la Très Sainte Vierge m’a manifesté qu’Elle voulait la création d’un nouvel ordre religieux, qu’Elle-même a désigné sous le nom d’apôtres des derniers temps. /…/

Je vis que Dieu voulait que les Missionnaires et les Religieuses de cet Ordre missent toutes leurs prières, pénitences et bonnes œuvres entre les mains de Marie, leur première Supérieure et leur Maîtresse, pour les âmes du Purgatoire, en faveur de la conversion des pécheurs du monde entier. /…/

Ils avaient de très bas sentiments d’eux-mêmes. Ils étaient très unis entre eux, n’ayant ni ambition, ni envie, ni jalousie, ne désirant en toutes choses que de plaire à leur Divin Maître; ne désirant rien hors du Cœur de Jésus, où ils habitaient plus ou moins étroitement, selon que leur amour était plus pur et plus généreux. /…/

Je vis que cet Ordre était comme le foyer de toutes les œuvres, et comme un autel perpétuel où la prière était incessante pour les divers besoins de la Sainte Église, pour les âmes tièdes et pour la conversion des pécheurs du monde entier »[1].

 

Méditation (pape saint Jean-Paul II)

            « Marie, Mère pleine d’amour, a montré en ce lieu sa tristesse devant le mal moral de l’humanité. Par ses larmes, elle nous aide à mieux saisir la douloureuse gravité du péché, du rejet de Dieu. /…/ Notre-Dame, en se faisant contempler portant sur elle l’image de son Fils crucifié, montre que, associée à l’œuvre du salut, elle compatit aux épreuves de ses enfants et souffre de les voir s’éloigner de l’Église du Christ au point d’oublier ou de rejeter la présence de Dieu dans leur vie et la sainteté de son Nom.

            La Vierge appelle à se ressaisir : elle invite à la pénitence, à la persévérance dans la prière et particulièrement à la fidélité de la pratique dominicale ; elle demande que son message « passe à tout son peuple » par le témoignage de deux enfants. Et, de fait, leur voix se fera rapidement entendre. Les pèlerins viendront ; bien des conversions auront lieu.

            Marie était apparue dans une lumière qui évoque la splendeur de l’humanité transfigurée par la Résurrection du Christ : La Salette est un message d’espérance, car notre espérance est soutenue par l’intercession de Celle qui est la Mère des hommes. Les ruptures ne sont pas irrémédiables. La nuit du péché cède devant la lumière de la miséricorde divine.

La souffrance humaine assumée peut contribuer à la purification et au salut. Pour qui marche humblement dans les voies du Seigneur, le bras du Fils de Marie ne pèsera pas pour condamner, mais il saisira la main qui tend pour faire entrer dans la vie nouvelle les pécheurs réconciliés par la grâce de la Croix. »

            (Extrait de la lettre de Jean-Paul II, donnée du Vatican le 6 mai 1996 à Mgr Louis Dufaux, Evêque de Grenoble)

1858. Marie apparaît à Lourdes

            Entre le 11 février et le 16 juillet 1858, une belle dame apparaît dix-huit fois à une enfant de quatorze ans, Bernadette Soubirous. Les faits se produisent à la grotte de Massabielle, non loin de Lourdes.

            Les premières apparitions sont silencieuses. La Dame invite Bernadette à faire le signe de la croix et à dire son chapelet. Le 18 février, la Dame demande à Bernadette de "lui faire la grâce de venir ici pendant quinze jours". Fin février, la Dame appelle à la conversion et à la prière pour les pécheurs : "Allez boire à la fontaine et vous y laver..." Le 2 mars, la Dame charge Bernadette de mission : "Allez dire aux prêtres qu’on vienne ici en procession et qu’on y bâtisse une chapelle." Le 25 mars, en la fête de l’Annonciation, que la Dame donne son nom : "Je suis l’Immaculée Conception." Les deux dernières apparitions seront, à nouveau, silencieuses.

            Bernadette part ensuite à Nevers, chez les sœurs de la Charité, où elle est successivement aide-infirmière, responsable de l’infirmerie, sacristine et le plus souvent malade elle-même. Bernadette a un caractère joyeux : « Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant ». Elle meurt à 35 ans. Elle est déclarée sainte le 8 décembre 1933.

            On peut aussi observer que Marie se manifeste pour la première fois à Bernadette au moment où celle-ci s’apprête à franchir un cours d’eau, traversée dangereuse quand on souffre d’asthme et que c’est l’hiver... Peut-être peut-on y lire une allusion à l’Apocalypse qui décrit la traversée d’une « mer », devenue de cristal, en chantant « le cantique de Moïse » (Ap 15, 1-3). Le mystère de Marie, « Immaculée conception » ne prépare-t-il pas l’heureux temps de « la régénération » (Mt 19, 28) ? « Amen, viens Seigneur Jésus (Maranatha) ! » (Ap 22, 20).

 

Méditation du pape saint Jean-Paul II

            « Je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous » (Col 1, 24) /…/

            La foi dans la participation aux souffrances du Christ porte en elle-même la certitude intérieure que l’homme qui souffre « complète ce qui manque aux épreuves du Christ » et que, dans la perspective spirituelle de l’œuvre de la Rédemption, il est utile, comme le Christ, au salut de ses frères et sœurs.

            Non seulement il est utile aux autres, mais, en outre, il accomplit un service irremplaçable. Dans le Corps du Christ, qui grandit sans cesse à partir de la Croix du Rédempteur, la souffrance, imprégnée de l’esprit de sacrifice du Christ, est précisément, d’une manière irremplaçable, la médiation et la source des bienfaits indispensables au salut du monde.

            Cette souffrance, plus que tout autre chose, ouvre le chemin à la grâce qui transforme les âmes.

            C’est elle, plus que tout autre chose, qui rend présentes dans l’histoire de l’humanité les forces de la Rédemption.

            Dans ce combat « cosmique » entre les forces spirituelles du bien et celles du mal, dont parle la lettre aux Ephésiens (Cf. Eph. 6, 12), les souffrances humaines, unies à la souffrance rédemptrice du Christ, constituent un soutien particulier pour les forces du bien, en ouvrant la route au triomphe de ces forces salvifiques. »

(St Jean-Paul II, Lettre apostolique Salvifici doloris,

Sur le sens chrétien de la souffrance, 11 février 1984, § 27)

 

1871. Marie apparaît à Pontmain

            Le 17 janvier 1871, alors que la guerre franco-allemande fait rage, un groupe de personnes demande à Mgr David, évêque de Saint Brieuc, de faire un vœu au Sacré-Cœur. Mgr David préfère adresser le vœu à Notre-Dame d’Espérance. Il était 17h30 quand Mgr David signa de sa main ce vœu… A la minute même exactement, Marie se montrait à Pontmain avec une banderole : « Mais priez mes enfants… mon fils se laisse toucher ».

Le message est terminé, mais voici un nouveau signe : « Un grand crucifix apparaît dans le ciel. Notre-Dame le tient devant elle, à deux mains, légèrement incliné. Une croix d’environ 40 centimètres », ont-ils évalué. En haut, un écriteau est fixé : « JESUS-CHRIST » ; rouge, couleur du sang versé durant la Passion…

Une étoile monte dans le ciel. Elle vient allumer successivement les quatre bougies de la mandorle. Notre-Dame salue cette lumière d’un nouveau sourire.

            Tout se passe alors discrètement... Le roi Guillaume décidait brusquement de rappeler sur la Seine un de ses corps d’armée et la guerre s’arrêta donc le 17 janvier ! L’armistice fut signé le 28…[2]

De Pontmain au Liban…

            Béchouate est un petit village libanais où la Vierge Marie s’est manifestée en 2004 par des signes et des guérisons. L’événement eut lieu très peu de temps avant le retrait pacifique des troupes d’occupation syrienne. En plus de cette similarité des circonstances historiques, Notre-Dame de Béchouate est une statue de la Vierge de Pontmain.

            C’est pourquoi, le recteur du sanctuaire de Pontmain s’est déplacé au Liban en janvier 2005 et le message de Pontmain, traduit en arabe, a été fixé à l’entrée du sanctuaire de Béchouate : «Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps, Mon Fils se laisse toucher.»

 

1876. Marie apparaît à Pellevoisin

            Estelle Faguette, fille d’un entrepreneur ruiné, souffrante et alitée, « voit la Vierge » à son domicile le 15 février 1876, vers minuit, puis à quatorze reprises jusqu’au 8 décembre 1876.

            Le scapulaire du Sacré-Cœur résume et réunit en un même symbole, deux grandes dévotions de notre vie chrétienne : le Sacré-Cœur et la Sainte Vierge. Il nous rappelle également que Marie nous conduit à Jésus miséricordieux :

            Le 8 décembre 1876 la Vierge Marie confie à Estelle Faguette : « Vois les grâces que je répands sur ceux qui porteront le scapulaire avec confiance. »

            En disant ceci, écrira Estelle, la Sainte Vierge étendit ses mains ; il en tombait une pluie abondante, et dans chacune de ces gouttes, il me semblait voir les grâces écrites telles que piété, salut, confiance, conversion, santé (15ème apparition).

 

            En 1900, le pape Léon XIII reconnaît officiellement le scapulaire du Sacré-Cœur et encourage tous les fidèles (baptisés ou catéchumènes de l’Eglise catholique) à le porter. De nombreuses indulgences lui sont accordées par l’Eglise.

            Pourquoi recevoir l’imposition du scapulaire du Sacré-Cœur ?

- pour se consacrer au Sacré-Cœur de Jésus.

- pour s’unir intimement, par le cœur Immaculé de Marie, Mère de Miséricorde, au Cœur de Jésus qui a été transpercé à la croix.

Prière : acte de consécration au Sacré-Cœur de Jésus

            Par le Cœur Immaculé de Marie, Mère de miséricorde, je donne et consacre au Cœur de Jésus, ma personne et ma vie, mon cœur, mon intelligence, ma mémoire et ma volonté, mes joies et mes peines, mon passé et mon avenir, afin que tout ce que je ferai et souffrirai soit pour l’amour et la gloire de Dieu.

            Seigneur Jésus, je choisis votre Cœur pour ma demeure, afin qu’il soit ma force dans la lutte, mon soutien dans la faiblesse, ma lumière et mon guide dans les heures de ténèbres, le réparateur de mes fautes. Cœur de Jésus, brûlez en moi tout ce qui vous déplaît ou vous résiste, que jamais je ne vous oublie, que jamais je ne sois séparé(e) de vous, et que je demeure toujours votre serviteur. Amen !

            Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en vous ! Notre-Dame de Pellevoisin, priez pour l’Eglise, pour la France et pour le monde entier ! Notre-Dame de toute Miséricorde, priez pour nous !

http://www.pellevoisin.net/scapulaire

 

 

10 apparitions mariales au XX° siècle dans le monde

Fatima (1917, Portugal), reconnue en 1930

            Les apparitions concernent trois jeunes bergers, Lucia, Francisco et Jacinta. L’ange leur enseigne des prières en 1916, puis, en 1917, Notre Dame les invite au « chapelet pour la paix ». Les trois enfants ont une vision du Paradis mais aussi de l’enfer. Pour sauver les pécheurs, Marie demande de la dévotion à son Cœur immaculé, en particulier par la dévotion des 5 premiers samedis du mois avec un chapelet, une confession et une communion réparatrice. Elle demande la consécration de la Russie et ajoute : « A la fin, mon cœur immaculé triomphera ». Nous comprenons que ce triomphe doit commencer dès aujourd’hui par nos propres consécrations ; ce triomphe sera complet lorsque l’Antichrist sera annihilé par la Venue glorieuse du Christ (2Th 2, 8). Le 13 octobre 1917, le soleil danse devant 50.000 personnes…

 

Prière (en se prosternant) :

« Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime.

Je demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’espèrent pas, qui ne vous aiment pas. »

 

Beauraing (1932, Belgique), reconnue en 1949

            Les apparitions on eut lieu du 29 novembre 1932 au 3 janvier 1933 à plusieurs enfants et adolescents. On peut distinguer :

            Le temps de l’Avent, durant lequel les messages sont assez limités, c’est vraiment un temps d’attente où les enfants apprennent à se tourner vers les réalités d’En-Haut. Les enfants demandent : « Etes-vous bien la Vierge Immaculée ? » Signe de tête affirmatif.

            Le jour de Noël où Marie n’apparait pas comme pour dire que ce jour-là c’est son Fils qui compte.

            Du 29 décembre au 3 janvier, avec l’apparition de Marie au cœur si lumineux que l’on dira « la Vierge au cœur d’or ».

 

            Aux enfants, il est demandé deux fois d’être sages. « Etre sage » a un sens spirituel profond. La petite Gilberte dira qu’elle a tout de suite compris qu’il s’agissait de vivre selon Dieu. C’est vivre la Sagesse de l’Immaculée qui se laisse pétrir par l’Esprit Saint. C’est vivre la Sagesse de la croix qui est scandale ou folie quand on n’a pas la foi. C’est vivre la Sagesse comme don de l’Esprit Saint à la Pentecôte. « Etre sage » a un sens pour le contexte historique proche. Ce n’est pas seulement à des enfants et des adolescents (tout de même, la plus grande des voyantes va sur ses 16 ans) qu’il est dit d’être sage, c’est au monde entier, et en particulier à cette Europe qui sombre dans la folie des idéologies mortifères.

 

            La dernière apparition a lieu le 3 janvier. A Andrée Degeimbre, l’apparition dit : « Je suis la Mère de Dieu, la Reine des cieux, priez toujours. Adieu ! ». A Gilberte Voisin, l’apparition dit : « Je convertirai les pécheurs », un secret, puis Adieu. A Gilberte Degeimbre : un secret, puis Adieu.   A Albert Voisin : un secret, puis Adieu.

            La Vierge s’est ensuite montrée pour Fernande Voisin seule, mais dans une « boule de feu » que tous les témoins ont pu voir :

- Aimez-vous mon fils ?

- Oui ! a-t-elle répondu avec le transport que l’on sait.

- M’aimez-vous ?

- Oui !

- Sacrifiez-vous, pour moi !

            Sur ces derniers mots, l’Apparition a disparu.

            C’est un esprit d’amour qui envahit l’aînée des voyantes. C’est par l’Esprit d’amour que Fernande dit « oui ! ». Le sacrifice est un moyen de prouver l’amour. Est-ce qu’un peu de l’amour du « cœur d’or » de Marie ne serait pas passé dans le cœur de son enfant ?

            C’est ainsi que s’achèvent les apparitions de Beauraing.

           

Banneux (1933, Belgique), reconnue en 1949

            Du 15 janvier au 2 mars 1933, la Vierge Marie est apparue huit fois à une fillette de 11 ans, Mariette Béco,

- Qui êtes-vous, ma belle Dame ?

- Je suis la Vierge des Pauvres.

            Puis la Vierge invite l’enfant à plonger ses mains dans une source…

- Cette source est réservée pour toutes les nations [...] pour soulager les malades.

- Merci ! merci ! s’exclame Mariette, avant de répéter à haute voix : Je prierai pour toi, au revoir. » ["Je prierai pour toi" dit l’enfant, c’est-à-dire, je louerai le Seigneur pour toi, je prierai à tes intentions, etc.] /…/

            Et, le 2 mars 1933 :

- « Je suis la Mère du Sauveur, Mère de Dieu. Priez beaucoup. Adieu ! »

Tournai (1948-1951, Belgique)

            A Tournai, la Vierge serait apparue de 1948 à 1951, sous le vocable « Notre Dame des étoiles », à Marguerite Choisey-Donnez, et fêtée le 2 mars avec une autorisation de l’évêque à renouveler tous les ans[3].

            Plusieurs messages insistent sur la prière pour les âmes du purgatoire et pour la paix dans le monde. Le 18 mars 1950, il est dit : « Jésus veut faire ici des miracles de l’âme » (délivrances, libérations et guérisons spirituelles). La guérison de l’âme passe par le pardon… Une prière est donnée à dire à la fin de chaque dizaine :

« Seigneur, pardonnez-moi tous mes péchés,

Seigneur, ayez pitié de ceux qui souffrent,

Seigneur, pardonnez à ceux qui vous persécutent ».

 

            On pourrait prier ici pour réparer les sacrilèges et pour soutenir les chrétiens persécutés, un peu partout dans le monde.

 

Amsterdam (Pays-Bas, 1945-1959), reconnue en 2002

            Marie veut être dans ce temps la "Dame, Mère de tous les Peuples". C’est ainsi qu’elle s’est présentée à Amsterdam de 1945 à 1959 au cours d’apparitions à Ida Perdemann. Marie fait diverses demandes : par exemple, que les hommes soient des hommes et que les femmes soient des femmes ; ou encore, que l’Amérique ne pousse pas trop loin sa politique.

            Elle demande un cinquième dogme « Marie corédemptrice, médiatrice, avocate ». Les premiers dogmes sont Marie Vierge et Mère de Dieu, son immaculée conception et son Assomption. Ce cinquième dogme décrit l’activité de Marie pour nous.

            L’apparition s’achève par des visions montrant l’importance de l’Eucharistie pour le Règne du Christ.

 

Prière : (devant la Croix) :

« Seigneur Jésus-Christ, Fils du Père, répands à présent Ton Esprit sur la terre.

Fais habiter l’Esprit Saint dans les cœurs de tous les Peuples, afin qu’ils soient préservés de la corruption, des calamités et de la guerre.

Que la Dame de tous les Peuples, la bienheureuse Vierge Marie, soit notre Avocate. Amen. »

 

Zeitun (Egypte 1968)

            A partir du 2 avril 1968, la Vierge Marie est apparue au Caire, à Zeitun. Les apparitions continuèrent pendant des mois et furent visibles par des foules considérables de musulmans et de chrétiens. Le plus souvent, elle avait la position de la vierge de la médaille miraculeuse, et fut accompagné de symboles de réconciliation, notamment des colombes.

            Cette série d’apparitions n’a pas été reconnue par l’Eglise catholique, mais par le patriarche copte d’Egypte, très estimé mais indépendant de Rome.

 

Akita (Japon, 1973-1975)

            Cinq religieuses d’un Institut séculier disposent d’une chapelle avec, près du tabernacle, une statue représentant la Sainte Vierge, debout sur un globe et adossée à la Croix, réplique de la Vierge apparue à Amsterdam (Notre Dame de Tous les Peuples).

            Le 5 juillet 1956, Agnès ressent une blessure à la main, et son ange l’attire à la chapelle, elle regarde la statue et perçoit sur les mains de la Vierge une blessure analogue à la sienne, le sang suinte également.

            Le samedi 13 octobre 1973, après laudes, oraison et chapelet, elle reçoit un nouveau message : « Un feu tombera du ciel et anéantira une grande partie de l’humanité [...]. Les armes qui vous resteront seront le rosaire et le signe [de la croix] que le Fils a laissé. »

            Le 4 janvier 1975, premier samedi du mois, vers neuf heures du matin, la sœur sacristine s’étonne : le socle de la statue est mouillé. Elle a versé encore ensuite des larmes, en tout 101 fois et, au cours du temps, 2000 témoins.

            Les effusions de la statue de Notre-Dame d’Akita ont été reconnues le 22 avril 1984.

Betania (1976-1984, Venezuela), reconnue en 1987

            La Vierge apparut à Maria Esperanza Medrano de Bianchini pour la première fois le 25 mars 1976, au-dessus de la grotte, à côté d’une source : « Ma fille, je vous ai donné mon cœur, je vous le donne et vous le donnerai toujours. Je suis votre refuge ». La Vierge « rayonnante de lumière » dit à Maria Esperanza: « Je suis la réconciliatrice des peuples ».

            Le 25 mars 1978, quinze personnes « voient la Vierge ».

            Le 25 mars 1984, après la messe, les gens se détendaient et soudain, la Vierge leur apparut, au-dessus de la cascade. Et tout cela, pour des gens très divers. « Au moins cinq cents à mille personnes, mais, à mon avis, beaucoup plus de mille », estime l’évêque...

 

Kibeho (1981-1989, Rwanda), reconnue en 2000

            Les apparitions de la Vierge commencèrent le 28 novembre 1981 et se terminèrent le 28 novembre 1989. Nathalie Mukamazimpaka, l’une des trois voyantes de Kibeho N a pratiqué un jeûne durant deux semaines : du 16 février 1983 jusqu’au 2 mars 1983, sans manger ni boire.A la fin du jeûne, certaines personnes se déclarant voyants ont avoué des fantasmes et mensonges et ont demandé pardon. Nathalie rappelle : « La Vierge m’a appris à prier la couronne du Rosaire des 7 douleurs parce qu’elle disait que se préparait une tragédie pour le Rwanda. La Madone nous a demandé de changer notre style de vie, d’aimer les sacrements, de faire pénitence, de prier sans cesse en récitant le Rosaire des 7 douleurs pour la conversion du cœur de ceux qui se sont éloignés de Dieu, et d’être humbles en demandant pardon et en pardonnant. ».

 

Une des nombreuses prières chantées enseignées par l’apparition :

« L’enfant de Marie ne se sépare jamais de la Croix.

L’enfant de Marie garde beaucoup de paroles dans son cœur jusqu’à la mort.

L’enfant de Marie ne dit pas de vaines paroles.

L’enfant de Marie porte sa Croix dans la joie.

L’enfant de Marie sait patienter dans l’épreuve.

L’enfant de Marie sait la vanité des choses de ce monde. »

 

Itapiranga (1994…)

            Depuis le 2 mai 1994, la Vierge Marie apparaît ainsi que Jésus et saint-Joseph (et parfois l’archange saint Michel) à Maria do Carmo et à son fils Edson Glauber.

            Le 31 mai 2009 l’évêque du diocèse d’Itapiranga, monseigneur Carillo Gritti, reconnaît les apparitions, et le 31 janvier 2010, il publie un décret officiel autorisant le culte à la Reine du Rosaire et de la Paix et la dévotion aux trois Sacrés Cœurs de Jésus, Marie et Joseph.

            De plus, comme les apparitions continuent, il met en place, à partir de 2010, une nouvelle commission.

 

- Anniversaire des apparitions : le 2 mai.

- De plus, le 2 de chaque mois est un jour particulier de prière.

- L’Apparition a invité à aller à la "fontaine de la Miséricorde et de la grâce", principalement le 9 novembre de chaque année, afin de prier pour la guérison de l’âme et du corps, pour chaque personne et pour le monde entier.

- Ajoutons que le 6 juin 1997, Jésus apparaît à Edson et lui délivre un message destiné au pape Jean-Paul II : « Je veux que, le premier mercredi après les fêtes du Sacré Cœur et du Cœur Immaculé de Ma Mère, soit instituée la fête en l’honneur du Cœur très Chaste de Saint Joseph. »

 

Prière de consécration à Marie, Reine de la famille (Itapiranga)

  Ô Sainte Vierge Marie, tournez votre regard vers ma famille et vers moi. Nous avons besoin de votre aide. O Mère, tant aimée, nous nous réfugions dans votre Cœur immaculé.

  Accordez-nous la force d’avancer sur le chemin de la sainteté pour atteindre le Paradis.

  Aidez-nous, nous qui ne cessons de nous décourager lorsque nous ressentons la douleur et l’adversité.

  Nous voulons vivre avec foi et nous élancer vers vous, notre Mère.

  Soyez notre conseil dans les épreuves, soyez notre pilier dans le doute et la faiblesse, notre réconfort dans la douleur. A vous, nous consacrons notre famille : conjoint, parents et enfants, mais aussi les malades, les marginalisés et ceux qui souffrent.

  Faites régner l’amour ainsi que l’harmonie et la charité chrétienne dans nos maisons. Aidez-nous à nous comprendre et à nous pardonner. Aidez-nous à vivre dans la pureté et dans la vérité, selon les commandements de Dieu. Donnez à tous, et notamment aux jeunes, la grâce de témoigner humblement et courageusement de leur foi. Amen.

Etc.

 


[1] Extrait de René Laurentin, Michel Corteville, Découverte du Secret de la Salette, Fayard, 2002, p. 166-170

[2] Extraits de : Claude MOUTON, Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé, Résiac, p. 217-218

[3] Cf. Françoise Breynaert, Notre Dame des étoiles, Tournai 1948-1951, éditions Rassemblement à son image 2013.


Françoise Breynaert, Extraits de : Maranathons de prière, éditions Sakramento, préface Mgr Léonard.


 

Date de dernière mise à jour : 18/07/2019