Prier pour les défunts

            « Qu’il fortifie vos cœurs pour que vous soyez dans une sainteté irréprochable devant Dieu notre Père, lors de la venue de notre Seigneur avec ses saints » (1Th 3, 13).

            La prière pour les défunts revêt une importance particulière dans la perspective de la fin des temps car il est écrit que le Seigneur reviendra dans la gloire accompagné des saints (y compris les saints de nos familles, tous les justes qui doivent donc être purifiés avant…).

            La prière pour les âmes du purgatoire n’est pas une invention du concile de Trente ni du Moyen Age, elle remonte à l’âge patristique et s’inscrit dans une tradition biblique.

 

            Dans l’Ancien Testament, on connaissait déjà la prière « pour les morts afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés » (2 Mac 12, 45), ce qui ne s’explique que dans la perspective d’un « purgatoire » considéré comme un parvis de la résurrection bienheureuse :

            Les martyrs d’Israël (livre des Maccabées) s’inscrivent dans une tradition que le Christ n’interrompt pas mais qu’il confirme puisque les pères de l’Eglise s’inscrivent dans la même tradition :

            Tertullien (155-122), premier des écrivains chrétiens de langue latine, parle des sacrifices offerts pour les défunts : « Nous offrons des sacrifices pour les défunts et pour les martyrs au jour anniversaire de leur mort. La tradition approuve cette pratique qui est en vigueur, la coutume la confirme, et la foi l’observe »[1], Tertullien dit aussi : « La marque du véritable amour d’une veuve pour son mari, c’est lorsqu’elle ne cesse de faire annuellement tout ce qu’elle peut pour adoucir ses souffrances et l’introduire dans le séjour de la lumière »[2].

            Saint Athanase (295-373), choisi évêque par le peuple d’Alexandrie, défendit la foi contre ceux qui niaient la divinité du Christ. Il écrit : « Comme la vigne qui fleurit dans les campagnes transmet sa force et le parfum de ses fleurs jusqu’aux vins renfermés dans les caves, de sorte que ceux-ci fleurissent à leur manière, bouillonnent et s’enfuient, de même les âmes souffrantes, renfermées dans le sein de la terre, sentent le parfum de nos prières et du sacrifice que l’on offre pour elles, de sorte qu’elles sont grandement consolées et s’envolent plus tôt vers le Ciel. »[3]

            Saint Ephrem (306-373) disait dans son Testament : « Quand mon âme sera sortie de mon corps, accompagnez-la de vos prières. Chantez des psaumes et offrez le saint sacrifice pour un pauvre pécheur qui a passé sa vie avec beaucoup de vanité, et n’a rempli ses jours que d’œuvres de ténèbres. Enfin, daignez vous souvenir de moi encore au 30° jour ; car les morts reçoivent grand secours des prières et des oblations des vivants. »

            Saint Cyrille de Jérusalem (315-386) enseignait aux catéchumènes : « Nous adressons à Dieu nos prières pour les défunts, quoiqu’ils aient été pécheurs, en lui offrant Jésus-Christ même, qui a été immolé pour nos péchés, afin que celui qui est plein de bonté et de miséricorde leur devienne favorable ainsi qu’à nous… Que les âmes des défunts sont extrêmement soulagées par cet auguste sacrifice qu’on offre pour elles sur l’autel ! »[4]

            Saint Grégoire de Nysse (335-395) lutta contre les ariens qui niaient la divinité du Christ. Il écrit : « L’esprit sorti du corps… ne pourra devenir participant à la vie divine avant qu’un feu purifiant ait ôté les taches qui adhèrent à son âme »[5].

            Etc. On pourrait ajouter saint Jean Chrysostome, saint Jérôme, etc. On pourrait aussi ajouter Clément 1er qui fut pape de 88 à 97, et qui aurait écrit 8 livres de constitutions apostoliques dans lesquels on trouve des prières pour les morts pleines d’onction et de dignité, prières qui n’auraient aucun sens sans la doctrine du purgatoire, même si le mot n’y est pas.

 

Prière

            La prière la plus adaptée est le rosaire et la Messe.

            De nos jours, la prière pour les âmes du purgatoire peut s’exprimer très simplement à la fin de chaque dizaine de chapelet, on dit :

« Que les âmes des fidèles trépassés reposent en paix ».

 

            On peut aussi dire la prière enseignée dans les apparitions de Fatima : 

« O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, et conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde ».

           

            Signalons aussi la dévotion à la Flamme d’Amour du Cœur Immaculé de Marie, qui trouve son origine dans les révélations faites à Élisabeth Kindelmann (Hongrie) entre les années 1961 et 1981. L’enquête d’usage n’est pas achevée. Cette dévotion offre une variante du Je vous salue Marie : « Répandez l’effet de grâce de votre flamme d’amour sur toute l’humanité maintenant et à l’heure de notre mort ».


[1] TERTULLIEN, De corona militis, ch 4

[2] TERTULLIEN, De monogamia, ch 10

[3] Saint ATHANASE, Questiones ad Antiochum, quest 4

[4] Saint CYRILLE DE JERUSALEM, Catéchèses mystagogiques, 5

[5] Saint GREGOIRE DE NYSSE, Oratio de mortuis


Extraits de Françoise Breynaert, Extraits de : Maranathons de prière, éditions Sakramento, préface Mgr Léonard.

Date de dernière mise à jour : 18/07/2019