24. La Croix, la Mère de Jésus, l’incorporation au royaume

Sr Françoise parle aux musulmans 24. Marie, la croix, incorporation

Le Coran dit : « Mais ils ne l’ont pas tué ; ils ne l’ont pas crucifié, cela leur est seulement apparu ainsi… Ils ne l’ont certainement pas tué, mais Allah l’a élevé vers lui » (Coran 4 : 157-158). Alors, que cache le vif intérêt manifesté dans les pays arabes par le film de Mel Gibson sur la Passion du Christ ? Dans ce film, on voit Satan-Iblis, très personnifié, perdre son pouvoir à cause du sang versé de l’innocent total qui offre sa vie. On voit aussi Marie, debout dans la foi, suivre Jésus et s’associer à son sacrifice.

L’évangile selon saint Jean rapporte les propos de Jésus à Nicodème, un théologien judéen : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu » (Jn 3, 5). L’expression « royaume de Dieu » signifie la « Seigneurie de Dieu », c’est pourquoi, devant le Christ, Satan va être jeté dehors (Jn 12, 31) et « le Prince de ce monde est jugé » (Jn 16, 11). La royauté du Christ est proclamée au calvaire par un écriteau en trois langues symbolisant l’universalité (Jn 19, 19). Sous la croix dont l’écriteau proclame la royauté du Christ (Jn 19, 19), se tient le disciple qui renaît, accueillant la mère de Jésus comme sa mère, il renait de l’eau et de l’Esprit Saint, et devient disciple auprès de Marie.

La mère de Jésus a suivi Jésus « ...jusqu’à la croix où, non sans un dessein divin, elle était debout (cf. Jn 19,25), souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d’un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l’immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour, pour être enfin, par le même Christ Jésus mourant sur la croix, donnée comme sa Mère au disciple par ces mots : "Femme, voici ton Fils" (cf. Jn 19,26-27) » (Vatican II, Lumen gentium 58). La souffrance peut écraser l’homme, le détruire. Or Marie est restée debout, elle a retourné la souffrance en une offrande, en un acte d’amour : Marie « était debout » non seulement physiquement mais dans sa foi au Fils de Dieu qui mourait. « Associée d’un cœur maternel à son sacrifice », Marie participe aussi à l’intention de son Fils, à son intention oblative. Il faut noter enfin que rien n’advient sans une obéissance au dessein divin. Aucune coopération au salut ne peut être offerte sans que le Père ne le veuille et le demande.

Marie consent « avec amour », ce qui est stupéfiant. Ce que Marie aime, c’est notre salut.

C’est la foi qui coopère au salut, et la foi agit par la charité. Dans le dessein divin, Marie représente au pied de la Croix l’humanité rachetée qui, ayant besoin du salut, devient capable d’offrir une contribution au développement de l’œuvre salvifique. » [1]

Le Prophète Daniel avait annoncé un Messie supprimé, littéralement massacré (Dn 9, 26). Il avait aussi annoncé un « Fils de l’homme » (Dn 7), désignant un royaume, une multitude. Jésus a repris l’appellation « Fils de l’homme ». Marie, mère de Jésus, nous incorpore dans ce royaume, l’Eglise. Jésus est le messie qui nous sauve en nous incorporant en lui. Il nous appelle à nous « laisser attirer dans sa nouvelle humanité et ainsi dans la communion avec Dieu »[2].

C’est ainsi que nous sauve la Passion du Christ.

 

[1] JEAN-PAUL II, Audience du 9 avril 1997

[2] Joseph RATZINGER, BENOIT XVI, Jésus de Nazareth, Flammarion, Paris 2007, p. 362-363


 

Date de dernière mise à jour : 20/08/2019