Visiter le Saint Sépulcre en priant (Jérusalem)

En priant...

« Après ces événements,  Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc et enlevèrent son corps. Nicodème -- celui qui précédemment était venu, de nuit, trouver Jésus -- vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d'aloès, d'environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de linges, avec les aromates, selon le mode de sépulture en usage chez les Juifs. Or il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié, et, dans ce jardin, un tombeau neuf, dans lequel personne n'avait encore été mis. A cause de la Préparation des Juifs, comme le tombeau était proche, c'est là qu'ils déposèrent Jésus ». (Jn 19, 38-42)

Les premiers chrétiens ont vénéré ce lieu. Même lorsque, après la mort de Jacques le majeur, ils se sont dispersés : ils revenaient nombreux à chaque année sabbatique…

Des origines au temps de Constantin

En 66-67, les nationalistes juifs déclenchent des révoltes. C’est à Pella (en actuelle Jordanie), que les chrétiens d’origine juive se sont réfugiés (Eusèbe, Histoire ecclésiastique 3, 5, 3) quand il est devenu évident qu’ils ne pouvaient plus être participants à cette insurrection juive qui conduira à la ruine de Jérusalem. Mais des chrétiens d’origine non-juive sont restés sur place et ont gardé les lieux saints.

L’année 70 est marquée par la prise de Jérusalem par les Romains et destruction du Temple.

En l’an 130, lorsque furent totalement soumis les révoltés de Bar Kokhba, Jérusalem fut rasée au sol complément. Pour empêcher toute résistance de la nation juive, Hadrien voulut réaliser une ville nouvelle, dont seraient supprimés tous les souvenirs passés. Il appela cette ville nouvelle "Elia Capitolina" : "Elia" en son honneur et "Capitolina" parce qu'elle était destinée à posséder un "capitole", c'est-à-dire un mont surmonté d'un temple pour les dieux romains. Les informations les plus vastes nous sont données par l'historien Eusèbe de Césarée (265-340) : « Voici cette Grotte du Salut, que des athées et ennemis avaient voulu faire disparaître des (yeux des) hommes, en croyant sottement que de cette façon ils cacheraient la vérité. Aussi, avec grande fatigue, ils avaient déversé en cet endroit de la terre apportée du dehors, et couvert tout le lieu; puis ils l'avaient surélevé et pavé avec des pierres, cachant ainsi la divine Grotte sous un grand terre-plein. Ensuite, comme si cela ne suffisait pas, ils avaient érigé sur la terre un tombeau vraiment fatal pour les âmes, en édifiant un abri ténébreux pour une divinité lascive Aphrodite, et en y offrant des libations abominables sur des autels impurs et maudits. Ils pensaient que seulement ainsi, et non autrement, ils auraient réalisé leur projet, c'est-à-dire de cacher la Grotte du salut sous ces saletés exécrables » (Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin III.XXVI).

Mais une communauté chrétienne, composée de non-Juifs continua à vivre à Jérusalem. Ainsi assurait-elle la continuité en ce qui concerne l'identification des Lieux Saints. Ces chrétiens ont pu transmettre l'identification des Lieux Saints, mais ils n’ont pas pu éviter que des temples païens soient construits sur leurs ruines.

Au temps de Constantin

En 325, durant le Concile de Nicée, l'évêque Macaire demanda à l'empereur Constantin de détruire les temples païens construits sur les lieux Saints chrétiens dans la Ville Sainte. L’empereur Constantin accepta, Voici le récit d’Eusèbe de Césarée : « L'empereur Constantin commanda de faire une fouille très profonde du terrain et de transporter la terre excavée en un lieu lointain et reculé, parce qu'elle avait été souillée par les sacrifices offerts aux démons […] Quand tout fut enlevé, objet après objet, ce fut le fond du terrain qui apparut. Alors, en dehors de tout ce qui était espéré, voici qu'apparut aussi tout ce qui restait, c'est-à-dire le témoin vénérable et très saint de la Résurrection qui nous a sauvés: La Grotte la plus sainte de toutes retrouvait sa physionomie, celle qu'elle avait lors de la Résurrection du Sauveur; après avoir été cachée dans les ténèbres, elle revenait à la lumière; à tous ceux qui venaient la voir elle laissait voir clairement l'histoire des merveilles ici réalisées, attestant la Résurrection du Sauveur d'une façon plus sonore que toute parole. [...] Constantin avait voulu que la Tombe du Seigneur soit sans décoration à l'intérieur; car afin nulle décoration humaine n'aurait jamais pu embellir cette roche qui avait été le témoin de la Résurrection du Christ. Par contre l'extérieur de la Tombe fut recouvert d'ornements précieux. Le tombeau était éclairé par les ouvertures de la magnifique et très grande coupole qui fut construite pour le contenir ». (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, XXV-XXVIII)

De la basilique constantinienne composée de trois parties, (Martyrion, Triportique et Anastasis) il ne reste aujourd'hui que la rotonde de l'Anastasis. Elle fut plusieurs fois rénovée. Le reste de la construction (qui comprenait l'entrée sud, le Catholicon au centre, le déambulatoire et la chapelle souterraine de Sainte Hélène) est une œuvre croisée (en 1141).

Cette basilique est immense : elle contient à la fois :

  • Le lieu de la crucifixion (on y accède par des  escaliers assez raides, Là, une mosaïque nous rappelle que Marie s'est tenue debout dans la foi, à l'heure terrible de la crucifixion. C'est aussi le lieu pour la messe de la liturgie romaine. Un tableau, de facture italienne, rappelle la souffrance de Marie, le transpercement de son âme, annoncé par la prophétie de Syméon : l'épée représentée sur ce tableau est un symbole.
  • Le lieu où sa Mère le reçu dans ses bras (une pierre plate près de l’entrée, une pierre abondamment parfumée par les pèlerins orthodoxes)
  • Et le tombeau, sous le grand dôme.

Jusqu'à nos jours

Les sultans, - ceux du Caire puis, à partir de 1517, ceux de Constantinople - ont disposé des droits de chacun selon leur bon vouloir, jusqu'à la reconnaissance du Statut quo (1757 et 1852), un "ordre de fer" qui règle encore aujourd'hui la façon de vivre ensemble des diverses communautés.

Les franciscains, les grec-orthodoxes et les coptes ont chacun leur lieu... Le couvent copte éthiopien une réplique d'un village de huttes de terre africain, sur le toit du Saint-Sépulcre.

Après le tremblement de terre de 1927

Le tremblement de terre de 1927 a procuré de graves lésions au monument ; les restaurations, commencées en 1960. Le 4 janvier 1964, le Pape Paul VI visita le Sanctuaire et parla du projet de restauration avec le Patriarche Grec Orthodoxe Benedictos : « Est vraiment riche de symbolisme le fait que, malgré le poids de l'histoire et les nombreuses difficultés, les chrétiens, malheureusement divisés, travaillent ensemble pour restaurer ce Temple qu’eux-mêmes ont construit quand ils étaient unis ».

Découvrir la liturgie byzantine

Extrait de l’Office de l’huile sainte (le soir du mercredi saint) :

 « Fervente avocate, inexpugnable rempart, source de miséricorde et refuge de l’univers, vers toi nous crions sans répit : Mère de Dieu et souveraine, empresse-toi, délivre-nous de toute adversité, car seule tu te hâtes d’accorder ton secours »[1].

Extraits des matines des XII évangiles (Vendredi saint)
Après la huitième lecture d’évangile (Lc 23, 32-49)

Kondakion, t8 :
« Venez tous et chantons celui qui fut crucifié pour nous ; la mère de Dieu, le voyant sur la Croix, lui a dit : Toi qui souffres une telle mort, tu es en vérité mon Fils et mon Dieu. »

Ikos :
« La Vierge Marie, voyant son Agneau conduit à l’immolation, l’accompagnait avec les autres femmes et disait :
Où vas-tu, mon Enfant, et pour qui presses-tu le pas ?
Une autre noce est-elle célébrée à Cana ?
Est-ce là que tu te rends, pour changer l’eau en vin ?
Dois-je t’accompagner mon Fils, ou dois-je attendre ton retour ?
Réponds-moi ô Verbe, ne passe pas silencieux devant moi !
Toi que j’ai mis au monde virginalement, tu es en vérité mon Fils et mon Dieu. »[2]

Découvrir la liturgie copte

L’office du vendredi saint attire beaucoup de fidèles. On lit tout le psautier et les quatre évangiles de la Passion. L’office se termine par une procession funèbre et la mise au tombeau du Christ sous l’autel[3].

Une prière adressée à saint Jean :
« Je te supplie, O mon Seigneur , par l’amour que tu as eu envers le Seigneur Jésus qui à l’heure de sa mort corporelle t’a recommandé sa Mère Vierge, en déclarant qu’elle était ta Mère et que tu étais son Fils, qu’elle était ta Reine et que tu étais son serviteur : je te supplie pour ces raisons d’être mon intercesseur auprès d’elle, afin qu’elle exauce ma prière et qu’elle te donne ce que je te demande. Il est certain qu’elle ne repoussera pas ta médiation parce que de la bouche de notre Seigneur elle a entendu ces paroles : « Femme, voici ton fils » [Jn 19, 27]. Nous sommes ainsi ses serviteurs, et par sa bonté envers nous, et par sa miséricorde envers nous, nous sommes appelés ses frères [les frères de Jésus]. Pour toutes ces raisons, nous tous, les fidèles réunis ensemble, nous avons confiance en la miséricorde de Marie. »[4]

Découvrir la dévotion des 7 douleurs avec N-D de Kibého

Voici la structure du Chapelet des Sept Douleurs selon la spécificité de Kibeho au Rwanda[5].

            Le chapelet des Sept Douleurs devrait commencer par une prière :

« Mon Dieu, je t’offre ce Chapelet des Sept Douleurs pour ta sainte gloire et pour honorer ta Sainte Mère en méditant et en partageant sa douleur avec Elle. Je t’en supplie, donne-moi de regretter les péchés que j’ai commis, aide-moi à être doux et humble comme je le dois, afin de pouvoir obtenir toutes les indulgences qu’il contient ».

            Marie demande ensuite de prononcer les paroles de l’acte de contrition pour nos péchés devant Dieu :

« Seigneur, j’ai le regret de tous les péchés que j’ai commis contre Toi, car ils me jettent dans le désaccord avec Toi et ils me séparent de Toi alors que Tu me tiens en vie et que Tu viens à mon secours infiniment ; et je les regrette infiniment car ce sont eux qui ont fait tuer Jésus-Christ, ton Fils que tu aimes. Père, sauve-moi d’eux, je ne veux pas les répéter, je veux être à Toi, Amen. »

            On récite ensuite trois fois le « Je vous salue Marie » et la supplication « Mère de Miséricorde, rappelez-nous tous les jours la Passion de Jésus. »

            La douleur de Marie est annoncée, on récite un Notre Père, sept fois le « Je vous salue Marie » et ensuite la supplication : « Mère de Miséricorde, rappelez-nous tous les jours la Passion de Jésus. » 

  1. Le vieillard Siméon annonce à Marie que son fils sera en butte à la contradiction. (Lc 2,25-35)
  2. Le massacre à Bethléem et la fuite en Égypte, la souffrance de l’exil. (Mt 2,13-15)
  3. La disparition de Jésus à douze ans. (Lc 2,41-52)
  4. Marie voit son fils chargé de la croix. (Lc 23,27)
  5. Marie debout au pied de la Croix. (Jn 19,25-27)
  6. Marie reçoit le corps inanimé de son Fils. (Jn 19,38-40)
  7. Marie au tombeau de Jésus. (Jn 19,41-42)

            Après la septième douleur, on récite la prière de conclusion :

« Reine de Martyrs, ton âme a été éprouvée dans un océan de douleurs ; je t’en supplie, en souvenir des larmes que Tu as versées pendant ce mystère, daigne m’obtenir et à tous les pécheurs une entière contrition »

Et trois fois : « Cœur profondément douloureux et Immaculé de la Vierge Marie, priez pour nous qui avons recours à vous ».

Conclusion

« Dieu l'a ressuscité, le délivrant des affres de la mort; il n'était pas possible qu'il fut retenu en son pouvoir » (Actes des Apôtres 2, 24)

« Par le Baptême nous avons été ensevelis avec Lui dans la mort , afin que, comme le Christ est ressuscité des morts pour la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » (Romains 6,4).


[1] Guillaume Denis, Le Spoutnik : Nouveau Synecdimos, Diaconie Apostolique, Parme 1997 ; Paris 2001, p. 490

[2] Guillaume Denis, Le Spoutnik : Nouveau Synecdimos, Diaconie Apostolique, Parme 1997 ; Paris 2001, p. 490

[3] Christian Cannuyer, Les coptes, édition Brépols, 1990, p. 157-158

[4] Manuscrit arabe 278, f. 21, Archives du musée copte du vieux Caire. Donné en italien dans : Gabriele Giamberardini, Il culto mariano in Egitto, Jerusalem 1974, vol 3, p.160

[5] Extraits de : Père Andrzej JAKACKI, SAC, Apparitions de la « Mère du Verbe » à Kibého. Pallotti-Presse, Kigali 2013, p. 368 – L’auteur cite N. Mukamazimpaka.