Saint Joseph

L’amour établit une communion. Joseph « participe » au mystère de l’Incarnation, avec Marie, « entraîné dans la réalité du même événement salvifique » (RC 1) [1]

En participant au mystère, Joseph soutient la foi de Marie : « En ayant devant les yeux le texte des deux évangélistes, Matthieu et Luc, on peut dire également que Joseph est le premier à participer à la foi de la Mère de Dieu, et qu’ainsi il soutient son épouse dans la foi à l’Annonciation divine. » (RC 5). Il est « placé par Dieu » pour soutenir Marie dans son « pèlerinage de la foi » (RC 5).

Joseph aime Marie, mais oui ! Il a pour Marie l’Amour d’un vrai époux, un amour encore plus beau grâce à l’influence exceptionnelle de l’Esprit Saint :

« "Ce qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint" (Mt1,20) : ne faut-il pas conclure, devant ces expressions, que son amour d’homme est, lui aussi, régénéré par l’Esprit-Saint ? […] Joseph, obéissant à l’Esprit, retrouva précisément en lui la source de l’amour, de son amour sponsal [= conjugal] d’homme, et cet amour fut plus grand que ce que l’homme juste pouvait attendre selon la mesure de son cœur humain. » (RC 19)

« Par le sacrifice total de soi, Joseph exprime son amour généreux pour la Mère de Dieu, lui faisant le don sponsal de lui-même. Bien que décidé à se retirer pour ne pas faire obstacle au plan de Dieu qui était en train de se réaliser en elle » (RC 20).

Autrement dit, « Dieu doit passer toujours le premier, et c’est la volonté du cœur de Joseph, autrement ce ne serait pas l’époux de Marie. »[2]

Et selon Paul VI :

« En cette grande entreprise de renouvellement de toutes les choses en Christ, le mariage, lui aussi purifié et renouvelé, devient une réalité nouvelle, un sacrement de la nouvelle alliance. Et voilà qu’au seuil du Nouveau Testament, comme à l’entrée de l’Ancien, se dresse un couple. Mais, tandis que celui d’Adam et Ève fut la source du mal qui a inondé le monde, celui de Joseph et de Marie est le sommet d’où la sainteté se répand sur toute la terre. Le Sauveur a commencé l’œuvre du salut par cette union virginale et sainte en laquelle se révèle sa volonté omnipotente de purifier et sanctifier la famille, ce sanctuaire de l’amour et ce berceau de la vie. » [3]

La familiarité de Joseph avec Marie devait se traduire dans un progrès continuel vers le bien. « La véritable amitié est fondée sur la vertu, tout ce qui, chez l’ami, est contraire à la vertu arrête l’amitié, et tout ce qui est vertueux la provoque. »[4] Joseph est entraîné par Marie à la prière et à toutes les qualités.

Joseph, bien que vierge comme Marie, exerce une vraie paternité, il est vrai père. A Joseph qui « ne savait pas quelle attitude adopter devant cette étonnante maternité de Marie » (RC 3) l’ange révèle qu’il ne doit pas se considérer étranger.

« En même temps que la puissance paternelle sur Jésus, Dieu a aussi accordé à Joseph l’amour correspondant, cet amour qui a sa source dans le Père, "de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom" (Ep 3, 15). » (RC 8)

Si simple et si profond : Dieu a voulu pour l’humanité de Jésus deux parents, un homme et une femme, unis dans l’amour et la foi.

La virginité de Joseph ne l’a donc pas empêché d’exercer sa paternité sur Jésus. Il exerce même une paternité sur l’Eglise entière, et donc sur chacun de nous, comme patron de l’Église universelle. Cette proclamation fut faite par Pie IX le 8 décembre 1870 et reprise par Jean Paul II (RC 28-30).


[1] RC = Jean Paul II, Redemptoris Custos, Exhortation apostolique sur la figure et la mission de saint Joseph dans la vie du Christ et de l’Eglise (15 août 1989)

[2] M-D. Philippe, Préface dans C. Sauvé, Le mystère de Joseph, Nice 1978, p. IX.

[3] Paul VI, Discours adressé le 4 mai 1970 au mouvement "Équipes Notre-Dame" Dans L’Osservatore Romano français, le 8 mai 1970, p. 7.

[4] St Thomas, Somme Théologique, II-II Qu.106 a. 1

Françoise Breynaert