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Livre du Ciel 4 - Commentaire par F. Breynaert
Livre 4 L’espérance, nourriture de l’amour
Récit inaugural, 5 septembre 1900 : l’Espérance, nourriture de l’Amour
L’espérance hippie et l’espérance chrétienne
L’état de victime, un état d’espérance
L’espérance, le désir du ciel et de l’union à Jésus
Le cœur de Luisa et celui de Jésus
Patience, persévérance, espérance
Des châtiments, mais la fin sera des plus joyeuses
Livre 4 L’espérance, nourriture de l’amour
Récit inaugural, 5 septembre 1900 : l’Espérance, nourriture de l’Amour
Dans ce récit inaugural, Luisa se montre particulièrement proche de perdre l’espoir, car Jésus ne se manifeste plus. C’est alors que Jésus l’invite à grandir spirituellement : l’amour est « vrai quand il est soutenu par l’espérance, une espérance persévérante » : « tu dois faire en sorte que ton espérance te trouve toujours unie à Moi. Alors, ton amour aura la vie perpétuelle. » (5 septembre 1900).
Le thème du 4e livre est donné : l’espérance.
Le chrétien a l’espérance de vivre heureux avec le Seigneur, ce que l’on appelle aussi la Béatitude surnaturelle. Nous voulons ce bonheur par l’acte d’espérance, en sachant que c’est une grâce donnée par Dieu. Ainsi, l’espérance est une vertu théologale de deux manières :
D’une part, Dieu fait notre bonheur, il est l’objet de notre Béatitude, l’homme est appelé à participer à la vie divine.
D’autre part, l’homme est appelé à avoir confiance dans le secours de Dieu, Dieu est source de notre Béatitude.
Les deux manières sont rigoureusement proportionnelles et elles sont inséparables, elles n’en font qu’une[1].
De plus, cette espérance a une dimension personnelle et une dimension collective : c’est un désir du ciel ou de la présence de Jésus, c’est aussi un désir du retour du Christ et de l’accomplissement de la volonté de Dieu dans l’ensemble de l’humanité.
L’espérance hippie et l’espérance chrétienne
L’espérance qui habite nombre de nos contemporains a été façonnée l’évolution culturelle américaine. Après Hiroshima et tandis que la guerre froide contraint les populations à se préparer à des attaques nucléaires, on cherche une espérance. Pour les hippies, « ce n’est pas le Paradis dans l’au-delà ou dans la société future, c’est la paix de l’âme, c’est la liberté d’être soi-même, c’est le paradis maintenant : ‘Paradise now’ »[2]. Et l’on peut citer des milliers de citations sur l’accomplissement personnel, sans bien savoir ce que cela signifie en pratique. Si l’on cherche la source d’inspiration des hippies, on trouve Aleister Crowley (1875-1947), qui publia en 1909 un livre qui deviendra le livre de chevet des stars de la musique pop[3] : « Liber Legis, le Livre de la Loi ». Dans son livre, le mage développait la doctrine du Thelema (ce mot signifiant en grec la volonté), une doctrine qui se résume en « fais ce que tu voudras sera toute la loi », une formule qui sera reprise par les hippies notamment pour justifier l’usage des drogues et les libertés sexuelles.
On peut lire dans le livre du Ciel une réponse (anticipée). Luisa raconte :
« Jésus béni me dit : ‘Si tu veux m’apaiser un peu, passe au milieu de ces hommes pour les convaincre des maux qu’ils font, tout en affrontant leur fureur.’ Bien qu’un peu timide, j’y allais. Dès qu’ils me virent, ils voulurent me dévorer. Je leur dis : ‘Permettez que je vous parle et, après, vous ferez de moi ce que vous voudrez. Vous devez savoir que si vous arrivez à réaliser votre intention de détruire les biens moraux rattachés à la religion, aux vertus et au bien‑être social, sans vous apercevoir de vos erreurs, vous arriverez en même temps à détruire tous les biens physiques et temporels. Car, plus on enlève aux biens moraux, plus on augmente les maux physiques. Par conséquent, sans vous en apercevoir, vous détruisez ces biens passagers que vous aimez tant ! Non seulement vous travaillez contre votre propre bien, mais vous recherchez ce qui détruit votre propre vie et vous serez la cause qui fera verser des larmes amères à vos survivants.’ Ensuite, je fis un très grand acte d’humilité que je ne peux même pas décrire. Les deux hommes devinrent comme deux êtres sortant d’un état de folie. Ils étaient tellement affaiblis qu’ils n’avaient pas même la force de me toucher. Ainsi, je passai librement au milieu d’eux. Je compris qu’aucune force ne peut résister à la Raison et à l’Humilité » (4 avril 1902).
On peut encore aller plus loin dans l’analyse. Comme dans le manichéisme du 3e siècle, l’espérance du mage A. Crowley était de réveiller en soi-même la parcelle de lumière qui permet de se révéler à soi-même son propre principe. Le contraste est saisissant avec la révélation chrétienne et la spiritualité qui en découle :
Le 25 décembre 1900, Luisa assiste à la Naissance de Jésus : « Jésus lumière sortit sans le moindre obstacle de l’intérieur de la Lumière de sa Mère. Les deux corps restaient sains et intacts. Ensuite, ils revinrent à leur état naturel ». Quant à Joseph, « s’il n’a pas vu ce mystère avec les yeux de son corps, il l’a très bien vu avec les yeux de son âme, car il était ravi en une extase sublime ».
Luisa rejoint une longue tradition associant l’enfantement virginal au mystère pascal, quand le soir de Pâques, les portes étant closes, Jésus vint au milieu de ses disciples (Jn 20,19-20) : « Comme le Seigneur entra toutes portes closes, de la même manière il sortit d’un sein virginal, parce que cette vierge enfanta vraiment et réellement sans douleur. » (St Éphrem †373)[4].
Il ne s’agit pas de chercher à éveiller en soi-même une lumière dans une autorévélation et une auto-rédemption, il s’agit d’accueillir l’incarnation du Fils de Dieu et la présence du Ressuscité.
L’état de victime, un état d’espérance
Le récit inaugural de ce 4e livre du Ciel commence en ces termes : « Au cours des derniers jours, puisque mon adorable Jésus ne se faisait pas voir, j’avais perdu espoir de le retrouver. Je croyais même que tout était fini pour moi : les visites de Notre Seigneur et l’état de victime. Ce matin, Jésus béni vint. Il portait sur la tête une horrible couronne d’épines. En gémissant, Il se plaça à mes côtés dans l’attente d’un soulagement. Alors, tout doucement, j’enlevai sa couronne d’épines et, pour lui faire davantage plaisir, je la plaçai sur ma tête » (5 septembre 1900).
Sainte Gemma Galgani disait de façon analogue : « Il y a eu des jours où je n’ai rien eu le soir à offrir à Jésus. Oh ! Que j’étais malheureuse ! »[5]
Suivons les explications de Don Vital Lehodey :
« Gemma Galgani et Élisabeth de la Trinité s’offrirent comme victimes pour les pécheurs.
Thérèse de l’enfant Jésus comme victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux.
Sœur Gertrude Marie à la justice, à la sainteté, à l’amour de Dieu.
Le plus ordinairement, l’on se donne à la justice, à la sainteté de Dieu, comme victime d’expiation, pour réparer la gloire divine outragée, pour délivrer les âmes du purgatoire, attirer la miséricorde céleste sur la sainte Église, sur la patrie, sur le Sacerdoce et les communautés, sur une famille ou sur une âme.
Le fondement de cette offrande est la communion des saints. C’est aussi le mystère de la rédemption par la souffrance.
Pie IX suggérait à un supérieur général d’ordre d’inviter les âmes généreuses à s’offrir à Dieu en victimes d’expiation. Léon XIII, en 1884, dans l’encyclique adressée à la France, exhorte ceux surtout qui vivent dans les monastères à s’efforcer d’apaiser la colère de Dieu, par une humble prière, la pénitence volontaire, et l’offrande d’eux-mêmes. Pie X a loué l’Association sacerdotale et le fait que beaucoup de ses membres s’offrent à Dieu secrètement pour être immolés comme victime d’expiation.
Sœur Thérèse de l’Enfant Jésus, le jour même de sa mort, disait : Je ne me repens pas de m’être livrée à l’amour.
Le simple abandon ne va pas de l’avant. Celui qui s’offre ainsi, au contraire, va de l’avant.
L’abandon laisse à Dieu de tout régir. Sauf un appel divin, l’offrande est-elle aussi humble ?
L’âme qui s’abandonne à l’action divine peut compter sur sa grâce ; celle qui va de l’avant, sauf toujours l’appel divin, est-elle aussi sûre de mettre Dieu avec soi ?
Mais pourvu qu’elle agisse avec la permission et sous le contrôle des représentants de Dieu, et qu’elle demeure zélée pour ses devoirs journaliers, elle doit s’attendre à de terribles épreuves et Dieu sera avec elle. »[6]
Peut-on dire au Seigneur : Ne craignez pas de m’envoyer la souffrance, je la désire, je la demande presque ? Saint Pierre s’offrit à souffrir et même à mourir avec son Maître adoré ; son amour et sa sincérité furent hors de doute ; il n’en était pas moins présomptueux, et vouloir partager la Passion du Christ par soi-même est intolérable devant Dieu : c’est Dieu seul qui se communique et donne à chacun de participer, à sa mesure, à sa vie divine et à son œuvre rédemptrice.
Un jour, alors que Luisa voudrait obtenir par des souffrances certaines choses qui lui semblent bonnes, Marie, « la Reine Mère », intervint et lui dit : « que tu veuilles faire cela par toi‑même, cela est intolérable devant Dieu. Tu en viens presque à dicter à Dieu la façon dont il doit se comporter envers toi. » (1er février 1903).
Ce que Luisa appelle un état de victime est un état d’union à Jésus et c’est un état d’espérance : l’espérance « de procurer gloire, louange, honneur, action de grâce et réparation à la Divinité », et l’espérance d’obtenir « les grâces nécessaires » pour le salut des âmes. En plus, pour Luisa qui accepte cet état de victime, une « gloire particulière » est réservée, non pas dans un triangle pervers qui l’opposerait à d’autres personnes, mais « gloire à laquelle participera toute la cour céleste ». Voici le texte complet :
« Ce matin, mon adorable Jésus vint et me fit participer à une partie de sa Passion. Pendant que je souffrais et pour m’encourager, le Seigneur me dit :
‘Ma fille, le premier but de ma Passion était de procurer gloire, louange, honneur, action de grâce et réparation à la Divinité. Le second but était le salut des âmes et l’obtention de toutes les grâces nécessaires pour atteindre ce but. La personne qui participe aux souffrances de ma Passion porte en elle non seulement les mêmes intentions que Moi, mais elle épouse la forme de mon Humanité. Et comme mon Humanité est unie à ma Divinité, l’âme qui participe à mes souffrances est, elle aussi, en contact avec ma Divinité et peut obtenir ce qu’elle veut. Ses souffrances sont comme des clés pour ouvrir les trésors divins, et cela aussi longtemps qu’elle vit ici‑bas. Et une gloire particulière lui est réservée dans le Ciel, une gloire provenant de mon Humanité et de ma Divinité et qui la fait participer à ma propre lumière et à ma propre gloire. En plus, une gloire toute spéciale s’ensuit pour toute la cour céleste, gloire provenant de cette âme à cause de ce que je lui ai communiqué. Plus les âmes se seront assimilées à Moi dans les souffrances, plus de lumière et de gloire jaillira de la Divinité, gloire à laquelle participera toute la cour céleste.’
Que soit toujours béni le Seigneur et que tout soit pour sa gloire et son honneur. » (8 février 1902).
Et nous trouvons cette définition : « Les âmes victimes, c’est‑à‑dire des âmes qui soutiennent et protègent le monde devant ma face » (4 septembre 1902).
Pourtant, n’est-il pas ambigu de parler d’un état de victime ? Le prêtre accompagnateur est-il dans la position d’un bourreau ? Luisa se complaît-elle dans un état de victime selon des relations humaines ou religieuses faussées ou perverties ? La fin du 4e livre met un terme à ces suspicions. Le prêtre n’est pas dans une position de bourreau parce que la souffrance de Luisa ne vient pas des intérêts directs de ce prêtre ni, par exemple, de ses défauts personnels (mensonge, violence, etc). Luisa n’est pas non plus dans une position de sauveur parce qu’elle sait être comme une cabane habitée par un roi, et c’est Jésus qui renouvelle en elle sa Passion. Écoutons ses explications :
« Me trouvant dans mon état habituel, je me disais : ‘Est‑il possible que, pour quelques souffrances de ma part, le Seigneur puisse suspendre les châtiments et amoindrir les forces humaines de sorte que les hommes ne puissent pas arriver à faire des révolutions et à former des lois iniques ? Qui suis‑je pour mériter tout cela avec si peu de souffrance ?’
Pendant que je pensais à cela, Jésus béni vint et me dit :
‘Ma fille, ni toi, ni ceux qui te dirigent n’avez compris ton état. Dans cet état de souffrance, c’est vrai que tu disparais totalement. Et c’est Moi seul qui, non d’une façon mystique, mais dans une chair vivante, reproduis les souffrances que J’ai souffertes dans mon Humanité. Ne sont‑ce pas mes souffrances qui ont affaibli les démons, qui ont illuminé les esprits aveuglés, en un mot, qui ont réalisé la Rédemption de l’homme ? Et si elles ont pu le faire à ce moment‑là dans mon Humanité, ne peuvent‑elles pas le faire à présent dans ton humanité ? Supposons qu’un roi aille habiter dans une masure et que, de là, il dispense des grâces, du secours, de la monnaie, et continue son office de roi. Si quelqu’un n’admettait pas cela, on dirait qu’il est sot. Car, puisqu’il est roi, il peut faire du bien aussi bien depuis une masure que depuis son palais royal. On admirerait même davantage sa bonté du fait que, étant roi, il ne dédaigne pas d’habiter des masures et de viles cabanes. Il en va ainsi en ce qui te concerne.’
Je compris tout cela avec clarté et je dis : ‘Mon Seigneur, tout est bien comme Tu le dis. Mais toute la difficulté de mon état réside dans la venue du prêtre.’
Jésus répondit : ‘Ma fille, même si un roi habitait une masure, à cause des circonstances, de la nécessité et de son état royal, il conviendrait que ses ministres ne le laissent pas seul, mais lui tiennent compagnie en le servant et en lui obéissant en tout.’
Je fus si bien convaincue par ce que Jésus venait de me dire que je ne pus rien ajouter. » (7 janvier 1903).
L’espérance, le désir du ciel et de l’union à Jésus
Jésus dit : « Les vertus et les mérites que j’ai acquis pour l’homme durant ma Passion sont autant de colonnes sur lesquelles chacun peut s’appuyer dans sa marche vers l’éternité. » (30 janvier 1901).
Le 18 septembre 1900, Luisa souffre d’une douleur intense aux côtes, et elle souhaite que ce soit la cause de son départ de ce monde, elle désire aller vers Jésus, au ciel.
Ce désir du ciel fait partie de l’espérance chrétienne et Jésus donne à Luisa un enseignement qui vaut pour tous : « tes continuels élans pour venir vers Moi, surtout à la suite de mes invitations, te sont très utiles et te font vivre entre le Ciel et la Terre, sans l’ombre d’un poids terrestre. Tellement que tu ressembles à ces fleurs qui n’ont même pas de racines dans la terre. En vivant ainsi, suspendue dans les airs, tu réjouis le Ciel et la Terre. En regardant le Ciel, c’est uniquement de lui que tu te réjouis. Et tu te nourris de tout ce qui est céleste. Ensuite, en regardant la terre, tu en as compassion et tu l’aides autant que tu peux. Mais, à la suite de la rencontre des parfums du Ciel, tu perçois immédiatement la puanteur qui monte de la terre et tu l’as en horreur. Est‑ce que J’aurais pu te placer dans une situation qui Me soit plus chère à Moi et au Ciel et plus profitable à toi et au monde ? » (18 septembre 1900).
La Vierge Marie a connu une telle espérance du Ciel, que sa mort est décrite dans la tradition de l’Église comme une mort d’amour ou une « dormition » : « saint François de Sales pense que la mort de Marie est advenue comme l’effet d’un transport d’amour. Il parle d’une mort ‘dans l’amour, à cause de l’amour et par amour’, il en vient alors à affirmer que la Mère de Dieu mourut d’amour pour son Fils Jésus[7]. Quel qu’ait été le fait organique et biologique qui causa, sous l’aspect physique, la cessation de la vie du corps, on peut dire que le passage de cette vie à l’autre vie fut pour Marie une maturation de la grâce dans la gloire, de sorte que, jamais comme en ce cas, la mort n’a pu être conçue comme une ‘dormition’. »[8]
Et les extases des mystiques chrétiens en sont une préparation. Jésus explique à Luisa : « Tu dois aussi savoir qu’il y a seulement deux raisons pour lesquelles une âme peut sortir de son corps : soit par la force de la douleur, ce qui arrive au moment de la mort naturelle, soit par la force de l’amour réciproque entre Moi et l’âme. Cet Amour est alors tellement fort que ni l’âme ne supporterait cet Amour sans Moi, ni Moi Je ne pourrais résister longtemps à cet amour sans vouloir en jouir. Je procède alors en attirant l’âme à Moi et, ensuite, Je la remets de nouveau dans son état naturel » (10 octobre 1900).
Dieu se communique, et plus on est uni à l’aimé (donc plus la charité grandit), plus on est certain que l’aimé se donnera (donc plus l’espérance grandit). Autrement dit, l’amitié avec Dieu suscite l’espérance[9]. Ce qui est vrai pour tous, l’est encore plus pour Luisa dont les moments d’extase stimulent l’attente d’une nouvelle présence sensible de Jésus, qui lui dit : « Ton état de victime et ton attente continuelle me désarment déjà. Car, toi, tu ne me vois pas mais, Moi, au contraire, Je te vois très bien. Et Je compte tous tes soupirs, tes souffrances et tes désirs de Me vouloir auprès de toi. Le fait que tu sois tout absorbée en Moi est un continuel acte de réparation pour beaucoup d’âmes qui ne s’intéressent pas à Moi et qui ne me désirent pas. » (2 octobre 1900).
Réciproquement, tout homme doit espérer la communication que Dieu fait de son bien, même à travers certaines « médecines » qui peuvent sembler amères mais qui se convertissent « en douceur » quand on les accepte (cf. 31 octobre 1900).
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Luisa écrit : « Sans Jésus, je me vois immergée dans les plus grandes misères et je crois qu’il n’y a pas d’âme plus scélérate que la mienne. Quand je suis sans Jésus, je me vois plus que jamais mauvaise. Cependant, lorsque je me trouve avec celui qui possède tous les biens, mon âme trouve le remède à tous ses maux. » (11 novembre 1900). Et Jésus lui répond en déplaçant l’attention de Luisa : ce n’est plus tant la présence sensible de Jésus qui est importante à désirer, c’est d’être unie à la Volonté de Jésus : « Ma Volonté est lumière. Cette lumière te donne la connaissance de Moi et aux reflets de cette lumière, tu en viens à connaître qui tu es. Par suite, en voyant ta faiblesse, ton pur néant, tu t’accroches à mes bras et, unie à ma Volonté, tu vis avec Moi dans le Ciel. Mais, si tu sors de ma Volonté, premièrement, tu en viens à perdre la vraie humilité et, ensuite, tu en viens à vivre sur la terre. Tu es ainsi contrainte à ressentir le poids des choses terrestres, à gémir et à soupirer comme tous ces autres malheureux qui vivent en dehors de ma Volonté. » (11 novembre 1900). Cet enseignement de Jésus a déplacé l’attention de Luisa : ce n’est plus tant la présence sensible de Jésus qui est importante à désirer, c’est d’être unie à la Volonté de Jésus.
L’intérêt personnel
En ce qui concerne l’espérance, il ne faut pas exclure tout motif intéressé, au contraire, en condamnant l’Explication des maximes des saints de Fénélon, le magistère enseigne l’obligation pour tout chrétien de s’intéresser à son propre salut[10]. Mais, sur le registre de la charité, l’amour parfait est désintéressé.
Quand Jésus se plaint du « poison » de l’intérêt personnel, il pense à ce qui corrompt la charité et fait éclater les vertus « comme une vitre fragile » (30 janvier 1901). « Il peut arriver que l’âme trouve [dans le domaine de la religion] sa satisfaction, son confort et son intérêt personnel, ce qui explique pourquoi elle se trouve dans telle assemblée. Le lendemain, ces mêmes choses peuvent paraître moins attirantes et on peut trouver l’âme au milieu d’un autre groupement. Et voici qu’elle s’écarte de la religion et que, sans regret, elle se livre à une secte. » (31 mars 1901)
Il y a des signes pour savoir si une personne parle suivant ses intérêts personnels ou si elle parle en étant unie à Jésus (avec « les mêmes sentiments, les mêmes intérêts, les mêmes joies et les mêmes afflictions ») et en possédant sa grâce : « le discours de l’âme qui possède la grâce est paisible et a la puissance d’implanter la paix chez les autres, alors que le même discours dit par celui qui ne possède pas la grâce ne fait aucune impression et n’apporte aucune paix. » (30 juin 1901).
Jésus explique à Luisa que la Providence divine « permet les calomnies, les persécutions et les contrariétés ». Alors l’homme, « en se voyant combattu, mal vu et méprisé par les créatures, il ne trouve plus de satisfaction. […] Où qu’il se tourne, il ne trouve que des amertumes et des épines. Réduit à cet état, il se retrouve seul. Mais l’homme ne peut pas demeurer seul. Il n’est pas fait pour cela[11]. Le pauvre, que fera‑t‑il ?
Sans le moindre empêchement, il se tournera totalement vers son centre qui est Dieu. Alors, Dieu se donnera tout à lui et lui se donnera tout à Dieu. Il appliquera son intelligence à connaître Dieu, sa mémoire à se souvenir de Dieu et de ses bienfaits, et sa volonté à L’aimer. Ma fille, voilà l’homme justifié, sanctifié et refait dans son âme, but pour lequel il a été créé.
Bien que, plus tard, il lui faudrait traiter avec les créatures, s’il se voit offrir de l’aide, des appuis et de l’estime, il recevra ces choses avec indifférence. Par expérience, il les reconnaîtra pour ce qu’elles sont. S’il s’en sert, il le fera seulement s’il voit en elles l’honneur et la gloire de Dieu, en se retrouvant toujours seul avec Dieu. » (26 décembre 1902).
Le cœur de Luisa et celui de Jésus
En automne a lieu la fête juive appelée « Soukkot », fête « des tentes » ou « des cabanes », qui célèbre l’Exode biblique et la traversée du désert. L’évangile raconte que durant cette fête, Jésus déclara : « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il reconnaîtra si ma doctrine est de Dieu ou si je parle de moi-même » (Jn 7,17). Durant l’automne de l’an 1900, Luisa en extase voit Jésus couvert d’une cabane de fleurs et demande de « conformer » son cœur à celui de Jésus : « Ce matin, après que j’eus reçu l’Eucharistie, mon adorable Jésus se fit voir dans mon intérieur, tout couvert de fleurs disposées sous forme de cabane. Jésus se trouvait à l’intérieur de cette cabane où Il s’amusait et se réjouissait. En le voyant ainsi, je Lui dis : ‘Mon très doux Jésus, quand prendras‑Tu mon cœur pour le conformer entièrement au tien, de façon à ce que je puisse vivre de la vie de ton propre Cœur ?’ » (16 novembre 1900).
Et après quelques sollicitudes, « [Jésus dit à Luisa :] ‘Ton cœur a pris position dans mon Cœur. Moi, en échange de ton cœur, Je te donne mon amour qui te donnera la vie.’ Ensuite, s’approchant de mon côté ouvert, Il exhala trois souffles contenant de la lumière, lesquels prirent la place de mon cœur. Après, Il ferma la blessure en me disant : ‘Maintenant plus que jamais, il convient de te fixer dans le centre de ma Volonté en ayant pour cœur mon unique Amour. Tu ne dois pas sortir de ma Volonté, même pas pour un seul instant » (16 novembre 1900).
Jésus précise aussitôt : « Mon amour trouvera en toi sa véritable nourriture uniquement s’il trouve en toi, en tout et pour tout, ma Volonté » (16 novembre 1900). Cette précision évoque cette autre parole de Jésus dans l’évangile : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 4,34), un verset de l’évangile qui se situe, comme le précédent, dans ce que j’ai appelé la « tresse eucharistique » (les chapitres 4 à 10 de l’évangile selon saint Jean)[12], qui est centrée sur le discours du Pain de Vie, et avec une forte dimension trinitaire. D’ailleurs, l’expérience de Luisa est ici directement liée à la communion eucharistique, et semble avoir une forte dimension trinitaire, en effet, dit encore Luisa, Jésus « exhala trois autres souffles et, en même temps, Il déversa une liqueur très douce qui m’enivra totalement. » (16 novembre 1900).
À la fin de l’extase, quand « Luisa se retrouva dans son corps », elle dit : « je me sentais comme si ce n’était plus moi qui vivais : sans passion, sans tendances et sans désirs, totalement ensevelie en Dieu. Là où mon cœur devait normalement se trouver, j’éprouvais une espèce de sensation de froideur par rapport aux autres parties de mon corps » (16 novembre 1900).
Cette extase de Luisa est une précieuse leçon d’espérance : les valeurs spirituelles, pour celui qui les a expérimentées, sont bien plus grandes et exaltantes que les valeurs temporelles.
L’espérance ne peut pas se concevoir sans l’amour de soi et le désir de Dieu, cependant, l’espérance doit se dégager de l’amour-propre et de la convoitise spirituelle[13]. En ce sens, quelques jours plus tard, Jésus précise à Luisa ce qu’il attend d’elle : « aimer ton prochain selon ma propre façon d’aimer », une « humilité profonde », la « pureté en tout », et l’obéissance à la volonté de Dieu et aux supérieurs que Jésus a donné à Luisa (20 novembre 1900).
Et encore, alors que Luisa « entendait les battements de son Cœur », Jésus ajouta : « Puisque J’ai pris la place de ton cœur, il faut que tu me réserves une nourriture toujours prête pour Moi. Cette nourriture sera ma Volonté ainsi que toutes tes mortifications et tout ce dont tu te priveras par amour pour Moi. » (22 novembre 1900).
« Et, dit Jésus, pour que ma Volonté te soit plus douce et plus savoureuse, place‑toi dans son cercle et admire ses diverses qualités en t’enfermant tantôt dans sa sainteté, tantôt dans sa bonté, tantôt dans son humilité, tantôt dans sa beauté, et tantôt dans le repos paisible qu’elle produit. Et, dans les arrêts que tu feras, tu acquerras toujours plus de connaissances nouvelles et inouïes sur ma sainte Volonté. » (23 décembre 1900). Et si l’âme « reste fixée dans ma Volonté, elle est débarrassée de tout et sa seule préoccupation est de m’aimer et d’être aimée par Moi. » (23 décembre 1900).
Précisons les voies d’une spiritualité juste : se perdre en Dieu, c’est se trouver, mais on ne se perd pas pour se trouver. On se perd parce qu’on est pris par Dieu et uniquement occupé de lui[14].
Patience, persévérance, espérance
Le récit inaugural de ce livre 4 nous parlait de l’espérance et de la persévérance. Les deux sont reliées. Ainsi, saint Paul dit que l’épreuve, la tribulation, « produit la constance, la constance une vertu éprouvée, la vertu éprouvée l’espérance » (Rm 5,4), il veut dire que l’épreuve est l’occasion que nous exercions ces vertus. Et il termine en disant « Et l’espérance ne déçoit point, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous fut donné. » (Rm 5,5).
Jésus dit à Luisa : « Mon Amour pour toi est si grand que, non seulement il n’a pas eu de commencement, mais il n’aura pas de fin. Dans ces quelques mots, tu peux comprendre combien est grand, fort et constant mon Amour pour toi. » (16 juillet 1901). Et c’est à partir de cette révélation que peut grandir la réponse constante d’un amour continuel de la créature.
Le stoïcisme voit que la volonté, c’est le pôle de la liberté. Mais cette philosophie méconnaît la source divine qui vivifie la volonté. L’espérance de saint Paul et de Luisa se nourrit de la certitude de l’amour de Dieu le Créateur. La constance dans l’espérance est fondée sur la foi en l’amour de Dieu.
La patience génère d’autres vertus :
« Ma fille, la patience est supérieure à la pureté parce que, sans patience, l’âme se déchaîne facilement il est difficile pour elle de se maintenir pure. Lorsqu’une vertu a besoin d’une autre pour avoir la vie, on dit de la seconde qu’elle est supérieure à la première.
On peut dire que la patience est non seulement la gardienne de la pureté, mais qu’elle est aussi l’échelle pour s’élever sur la montagne de la force. Si quelqu’un s’élevait sans l’échelle de la patience, il se précipiterait immédiatement des hauteurs dans l’abîme.
De plus, la patience est le germe de la persévérance. Celle‑ci produit la fermeté. Oh ! combien l’âme patiente est ferme et stable dans le bien ! Elle ne se soucie ni de la pluie, ni du givre, ni de la glace, ni du feu. Mais son unique but est de conduire à terme le bien commencé. » (31 janvier 1901).
Ce qui anime la patience, dit Jésus à Luisa, c’est de regarder « le bien qui doit en résulter. » (19 mars 1901). Et Jésus a montré l’exemple : en ayant à l’esprit le salut du monde, Jésus endura sa passion « avec une âme invincible ».
Saint Paul ne parle pas de la persévérance sans rappeler « que l’amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous fut donné » (Rm 5,5), c’est la base. Jésus dit à Luisa : « La persévérance est un signe certain que l’œuvre est de Moi, car Dieu seul n’est pas sujet au changement, tandis que le démon et la nature humaine changent très souvent » (27 décembre 1900). Dieu a fait le don primordial, mais chacun doit y mettre du sien : « On peut dire que seule la Persévérance unit perpétuellement Dieu et l’âme, les vertus et les grâces. Comme une chaîne, elle les encercle et, en les liant tous ensemble, elle y forme le nœud très sûr du salut. Là où il n’y a pas de persévérance, il y a beaucoup à craindre. » (30 mars 1901). Et, le lendemain, Jésus confie : « Ma fille, la chose qui me déplaît le plus, c’est l’inconstance et l’instabilité. Car cela est le signe que la vérité n’habite pas l’âme. […] Quand la véritable lumière de la Vérité entre dans une âme et prend possession de son cœur, cette âme n’est pas sujette à l’inconstance. Même, elle sacrifie tout par amour pour la vérité, pour que seule la vérité règne en elle. Ainsi, avec un esprit invincible, elle méprise tout ce qui n’appartient pas à la Vérité. » (31 mars 1901). Dans un monde relativiste qui nie la possibilité même d’établir la vérité, comment peut-on faire éclore la vertu de la persévérance ? Le travail de transmission de la foi des apôtres est donc indissociable de l’éducation aux vertus.
Jésus révèle le fruit ultime de la persévérance. Luisa dit : « Qu’il ne s’agisse que d’un simple regard ou d’une parole, je le fais en disant : ‘Seigneur, je veux te donner avec ma bouche toute la gloire que les créatures devraient te donner avec leur bouche et ne te donnent pas, en unissant ma bouche à la tienne. Et j’implore pour les créatures la grâce de faire un bon et saint usage de leur bouche’. Pendant que je faisais cela pour tout, Jésus vint et me dit : ‘Voici la continuation de ma vie qui était pour la gloire du Père et le bien des âmes. Si tu persévères comme cela, tu formeras ma vie et Je formerai la tienne, tu seras ma respiration et Je serai la tienne’. » (10 septembre 1901).
« Ce matin, comme mon Jésus béni ne venait pas, je me sentais toute confuse et humiliée. Après que je me sois donné beaucoup de peine à l’attendre, Il se fit voir et Il me dit : ‘Luisa, toujours humiliée avec le Christ !’ Et moi, heureuse d’entendre cela et désirant être humiliée avec Lui, je dis : ‘Toujours, ô mon Seigneur !’ Il répéta : ‘Le toujours de l’humiliation avec le Christ est le commencement du toujours de l’exaltation avec le Christ’. » (7 juillet 1902)
Une autre fois, Luisa se sent abandonnée par Jésus et cela lui est d’autant plus amer que sa relation à Jésus avait commencé dans une douce entente. Elle se plaint et Jésus lui explique qu’elle ressent ce que lui-même a vécu. Au moment de sa venue sur la terre, « tout a été décidé selon une entente mutuelle », mais, dit-il, sur la croix, « Je me suis trouvé seul et abandonné par tous, même par mon cher Père » et dans l’Eucharistie « mon sacrifice est continuel ». « Par conséquent, n’es‑tu pas contente que Je partage avec toi les étapes de ma propre Vie ? » (12 mars 1903)
Des châtiments, mais la fin sera des plus joyeuses
Pharaon avait opprimé les Hébreux jusqu’à mettre à mort les garçons qui naissaient et jusqu’à empêcher les Hébreux de sortir pour rendre un culte à Dieu sur la montagne. Les plaies d’Égypte et la mort des premiers-nés sanctionnent le long refus égyptien. Cependant, le dernier mot de Dieu dans l’histoire n’est pas le fléau, mais la délivrance (Ex 12,12). Après avoir rappelé les événements de l’Exode (Sg 10,15 à 11,23) le sage médite sur la modération de Dieu vis-à-vis de l’Égypte : « Tu aimes en effet tout ce qui existe, et tu n’as de dégoût pour rien de ce que tu as fait » (Sg 11,24). D’une manière générale, Dieu exerce ses jugements pour sauver l’humanité : « Tout est à toi, Maître ami de la vie ! » (Sg 11,26).
Dans le livre d’Osée, au moment de châtier son peuple infidèle, Dieu dit : « Mon coeur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent » (Osée 11,8). Déjà dans le 2e livre du Ciel, Luisa dit voir les « châtiments »[15] venant sur le monde. Ce thème revient encore dans ce 3e livre où Jésus dit : « ’Ô homme, comme Je t’aime ! Si tu savais à quel point cela me chagrine d’avoir à te châtier ! Mais ma Justice m’y oblige. Ô homme, ô homme, comme Je suis navré de ta destinée !’ Puis Il éclata en sanglots, répétant plusieurs fois ces mots » (14 mars 1899).
Dans le Nouveau Testament, on voit que les villes où avaient eu lieu de nombreux miracles de Jésus ne s’étaient pas converties, et « Jésus commença à blâmer [ḥassed ] ces villes » (Mt 11,20) : le verbe araméen ḥassed dérive d’un nom qui peut vouloir dire, selon le contexte, disgrâce ou grâce : Jésus veut dire que les villes endurcies passent à côté de la grâce. Ce n’est plus tout à fait le sens des malédictions [racine « lāṭ »] du Deutéronome[16]. On entend aussi dans l’évangile de Luc que Jésus adresse non seulement des promesses de bonheur mais aussi l’annonce d’un malheur futur : « vous aurez faim… Vous serez dans le deuil » (Lc 6,24-26).
Dans le 3e livre du Ciel, Jésus disait à Luisa : « Les hommes sont devenus si arrogants que chacun se prend pour Dieu. Si Je n’envoie pas de punitions sur eux, Je ferai du mal à leur âme, parce que la croix seule est nourriture pour l’humilité. » (24 juin 1900). Dans le 4e livre du Ciel, les paroles de Jésus orientent le regard vers l’espérance : « En voyant que Je ne les châtie pas, les hommes deviendraient de plus en plus arrogants. Par conséquent, les guerres et les massacres sont nécessaires. Le commencement et le milieu seront très douloureux, mais la fin sera des plus joyeuses. » (3 mars 1902). La réponse à la pastorale de la peur issue du jansénisme ne peut pas consister en un silence sur la justice divine, qui est aussi un attribut de Dieu. Sans cette justice, le règne de Dieu ne peut pas advenir sur la terre. La réponse vraie est de redonner aux chrétiens le sens de l’histoire. L’espérance chrétienne ne consiste pas en une synthèse du bien et du mal, mais dans le fait que les ennemis de Dieu seront jugés (non pas par les hommes, mais par la manifestation glorieuse du Christ) et le mal aura une fin. La volonté de Dieu s’accomplira sur la terre comme au ciel, et le Christ pourra offrir le monde au Père.
Nous y reviendrons dans le commentaire du livre 12.
Par Françoise Breynaert
[1] J.-H. NICOLAS, « Espérance » dans Dictionnaire de spiritualité, tome IV. Col. 1208-1233, col 1218
[2] Mathilde NIEL, Bailey YOUNG, « La mystique hippie », in Marie-Madeleine DAVY, Encyclopédie des mystiques, Paris Seghers,1977, p. 569.
[3] Henry CHARTIER, La musique du diable, le Rock et ses succès damnés, Paris Camion blanc,2001, p. 297
[4] Saint EPHREM, Diatessaron II,6, Sources chrétiennes 121 par L.LELOIR, Cerf, Paris,1966, p.69
[5] P. Germain de Saint-Stanislas (Padre Germanus), La séraphique vierge de Lucques. Gemma Galgani, trad. fr., 6ᵉ éd. augmentée (v. 1910-1911), p. 94-95
[6] Extraits de Don Vital LEHODEY, Le saint Abandon, Paris 1919, p. 74-75
[7] S. François DE SALES, Traité de l’amour de Dieu, Livre 7, c. XIII-XIV
[8] St JEAN-PAUL II, Audience générale du 25 juin 1997)
[9] Jean-Hervé NICOLAS, « Espérance » dans Dictionnaire de spiritualité, tome IV. Col. 1208-1233, Col 1223
[10] J.-H. NICOLAS, « Espérance » dans Dictionnaire de spiritualité, tome IV. Col. 1208-1233, Col 1216
[11] Dans le premier psaume, les impies apparaissent en groupe, au pluriel, ils tiennent conseil ensemble, ils marchent ensemble, ils s’assoient ensemble pour rire. Il faut du courage pour se détacher du groupe, prier et marcher avec le Seigneur. Le juste est d’abord seul, mais un jour il se retrouve dans l’assemblée des justes, entouré d’autres justes qui ont fait le même effort (Ps 1,5).
[12] F. BREYNAERT, Jean, L’évangile en filet. L’oralité d’un texte à vivre. (Préface Mgr Mirkis – Irak) Éditions Parole et Silence. Paris, 8 décembre 2020.
[13] J.-H. NICOLAS, « Espérance » dans Dictionnaire de spiritualité, tome IV. Col. 1208-1233, col 1223
[14] J.-H. NICOLAS, « Espérance » dans Dictionnaire de spiritualité, tome IV. Col. 1208-1233, col 1224.
[15] Livre 2, dans l’année 1899 : 10,13,18,20 mars,9 et 12 mai ; 3,14,16 et 17 juin,1,2,13 et 30 août,1,7,14,16,21,24 et 30 octobre,6 novembre.
[16] « Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction [racine « lāṭ »] » (Dt 30,19).
Date de dernière mise à jour : 29/04/2026