Livre du Ciel 3 - Commentaire par F. Breynaert

Livre 3 : La colonne de l’Église. 1

Vision inaugurale, 1er novembre 1899 : la colonne de l’Église. 1

La grâce qui inonde tout le monde, et la grâce dans l’Église. 3

L’Église, corps mystique et vigne du Seigneur. 5

L’Église, lieu de miséricorde et de sainteté. 7

L’Église, en butte à la contradiction. 8

La construction s’élève du néant jusqu’au Ciel 9

Livre 3 : La colonne de l’Église 

Vision inaugurale, 1er novembre 1899 : la colonne de l’Église

Saint Paul appelle « l’Église du Dieu vivant : colonne et support de la vérité » (1Tm 3,15).

C’est cette image qui revient dans la vision du récit inaugural. Luisa raconte :

« Je me retrouvai soudainement hors de mon corps, à l’intérieur d’une église. Là, il y avait un prêtre qui célébrait le Sacrifice divin. Il pleurait amèrement et disait : ‘La colonne de mon Église n’a pas d’endroit où se reposer !’ » (1er novembre 1899).

Cette plainte ne semble pas désigner les États pontificaux que Léon XIII va dissoudre le 20 septembre 1900 en rendant officielle une situation déjà ancienne. Elle semble plutôt désigner la nécessité d’une assise solidement fondée dans la foi. La vision continue :

« Pendant qu’il disait cela, je vis une colonne dont le sommet touchait le ciel. À la base de cette colonne, se trouvaient des prêtres, des évêques, des cardinaux et d’autres dignitaires. Ils soutenaient la colonne. J’observais de très près. À ma surprise, je vis que, parmi ces personnes, l’une était très faible, une autre à moitié putréfiée, une autre infirme, une autre couverte de boue. Très peu étaient en condition pour soutenir la colonne. En conséquence, cette pauvre colonne vacillait. Elle ne pouvait rester immobile à cause des coups qu’elle recevait au bas. À son sommet se tenait le Saint‑Père qui, avec des chaînes d’or et des rayons émanant de toute sa personne, faisait tout ce qu’il pouvait pour stabiliser la colonne et pour attacher et éclairer les personnes qui se trouvaient plus bas (bien que quelques‑unes s’échappaient pour être plus libres de pourrir ou de devenir plus boueuses). Il s’efforçait aussi d’attacher et d’éclairer le monde entier. » (1er novembre 1899).

Pierre et Jean furent appelés « les colonnes » de l’Église (Ga 2,9). La verticalité de la colonne exprime le but de l’Église, qui est divin. La colonne rappelle la vocation transcendante de l’Église qui doit transmettre la foi des apôtres, communiquer la vie céleste et conduire au ciel. Le pape est montré au sommet : sa fonction première est de transmettre la foi des apôtres, et, de même que les apôtres s’adressaient au monde entier, Luisa voit aussi le Saint-Père qui « s’efforçait aussi d’attacher et d’éclairer le monde entier ».

Le récit continue : « Jésus ajouta : ‘Je t’ai appelée pour te demander si tu veux être une victime et ainsi être un étai pour supporter cette colonne en ces temps si incorrigibles.’ En premier lieu, je sentis un frisson me traverser, car j’avais peur de ne pas avoir la force. Ensuite, je m’offris. »

L’image de la colonne rappelle l’histoire de saint François d’Assise. Vers 1205-1206, « alors qu’il priait dans l’église de Saint-Damien, le Crucifix s’anima et lui parla d’une voix douce et amicale ‘François, ne vois-tu pas que ma maison tombe en ruine ? Va don c et répare-la pour moi.’ »[1]. Puis, vers 1209-1210, quand saint François et ses premiers compagnons se rendent à Rome pour présenter au pape Innocent III une règle surtout évangélique, le pape hésita à approuver. C’est alors, raconte la tradition (au moins 100 ans après) : « En songe, le pape Innocent III vit la basilique de Latran sur le point de s’écrouler. Et voici qu’un petit homme, misérable et méprisé, lasoutenait de son épaule pour l’empêcher de tomber. Le pape, réveillé, comprit que cet homme était François, par qui l’Église serait raffermie. »[2]

L’offrande de Luisa en 1899 sera suivie par celle d’un disciple de saint François, saint Pio de Pietrelcina (1887-1968), qui écrira en 1913 : « J’éprouve une douleur indicible quand je vois des prêtres ne pas correspondre à leur vocation. Jésus veut que je sois victime pour eux, afin qu’ils soient des colonnes solides de l’Église. »[3]

Luisa voit que la colonne de l’Église doit aussi être soutenue par des dignitaires qui devront répondre de leur responsabilité (ce qui ne signifie pas contrôler l’Église). Plus tard, Luisa verra au purgatoire « le roi »[4] dans l’état d’un homme misérable « qui semblait devoir subir autant de morts qu’il y avait eu d’âmes perdues par sa faute » (30 août 1900).

Concernant le rôle de Luisa, c’est la suite du livre qui expliquera en quoi « être une victime » peut soutenir l’Église. Jésus précisera : « non pas la souffrance pour elle‑même, mais la souffrance comme fruit de ma Volonté. Le baiser qui liera notre amitié sera l’union de nos volontés. Le lien indissoluble qui nous liera dans un enlacement continuel sera une souffrance continuelle partagée. » (2 mars 1900). Et encore : « Mon but est de faire que tu sois un parfait modèle de conformité de la volonté humaine avec la Volonté divine. C’est le miracle des miracles que Je projette d’accomplir en toi. » (21 mai 1900). Alors, par l’union à la volonté divine, Luisa « touche le ciel » : elle peut donc soutenir la colonne de l’Église qui doit « toucher le ciel » (1e novembre 1899). Cette « union à la volonté divine » n’est pas évidente à discerner, Jésus expliquera : « Le signe le plus sûr pour savoir si un état est conforme à ma Volonté, c’est quand on ressent la force de vivre dans cet état. » (23 février 1900). Et à Luisa qui s’inquiète si, même si ce n’est pas un péché, quelque chose ne serait cependant pas la volonté de Dieu, Jésus répondra : « Tu dois fuir l’ombre même du péché et, à tout le reste, n’accorde même pas une pensée. » (2 avril 1900)

La vision inaugurale s’achève dans la gloire d’un triomphe de cette Église : « Pointèrent alors des jours de triomphe et de paix. La face de la terre semblait renouvelée. La colonne retrouvait son lustre et sa splendeur première. Ô jours heureux, de loin je vous salue, quelle gloire vous donnerez à mon Église et quel honneur vous rendrez à ce Dieu qui en est la tête ! » (1er novembre 1899). Nous expliquerons, en particulier dans le commentaire du livre 12, que ce triomphe adviendra après le jugement eschatologique de « la bête », c’est-à-dire après que Jésus, revenant dans la gloire, demandera à ses anges d’arracher l’ivraie du champ.
Le jeune saint Augustin commentait :

« Le huitième jour figure la vie nouvelle qui suivra la fin des siècles, comme le septième désigne le repos dont jouiront les saints sur cette terre ; car le Seigneur y régnera avec ses saints […] C’est sur cette terre effectivement que l’Église apparaîtra d’abord environnée d’une gloire immense, revêtue de dignité et de justice. Point de déceptions alors, point de mensonge, point de loup caché sous une peau de brebis. […] Dans ce moment donc il n’y aura plus de méchants, ils seront séparés d’avec les bons ; et, semblable à un monceau de froment qu’on voit sur l’aire encore, mais parfaitement nettoyé, la multitude des saints sera placée ensuite dans les célestes greniers de l’immortalité.

Ne vanne-t-on pas le froment dans le lieu même où on l’a battu ? Et l’aire où on l’a foulé pour le séparer de la paille ne s’embellit-elle point de la beauté de ce froment que rien ne dépare ? Si nous y voyons encore, quand on a vanné, la paille amoncelée d’un côté, nous y voyons d’autre part le blé entassé ; mais nous savons à quoi est destinée cette paille et avec quelle allégresse le laboureur contemple ce froment. […]            À la suite de ce septième jour, quand on aura contemplé sur l’aire même cette belle récolte, la gloire et les mérites des saints, nous entrerons dans cette vie et dans cette paix dont il est dit que "l’œil n’a point vu, que l’oreille n’a point entendu, que dans le cœur de l’homme n’est point monté ce que Dieu a préparé à ceux qui l’aiment" » [5].

La grâce qui inonde tout le monde, et la grâce dans l’Église

L’ouverture de ce livre a présenté l’Église dans sa mission d’attacher au Christ et d’éclairer le monde entier (1er novembre 1899). Ce livre aborde ainsi la question délicate de la place du christianisme dans le monde, donc de son rapport aux non-chrétiens. Le rayonnement des vertus parle aux hommes du monde entier, en révélant la loi naturelle. Saint Paul était déjà confronté aux « autres religions ». Pour lui, il existe une loi naturelle et tous ont péché (Rm 3,9).

À l’époque de Luisa, le contexte italien est anticlérical. Notamment, une loi, discutée entre 1889 et 1890, fut approuvée, alors que le pape Léon XIII l’avait condamnée comme antireligieuse. La réforme stipulait que dans un État moderne, la responsabilité de l’assistance aux nécessiteux devait incomber aux autorités publiques. Les communes étaient donc tenues de créer une « congrégation de charité », un organisme dont la tâche consistait à s’occuper des pauvres locaux et de la plupart des œuvres de charité. Les nominations étaient effectuées par le conseil municipal : les femmes étaient autorisées, mais pas les curés. Pour contrôler ces congrégations, Crispi stipule que les décisions les plus importantes et leurs comptes doivent être approuvés par le conseil provincial, dirigé par le préfet[6].

Léon XIII, dans son encyclique Aeterni Patris (1879) proposa un retour à la philosophie et à la théologie thomistes originaires, ce qui permettait de lire l’ordre naturel comme un premier reflet de l’ordre divin. Sur cette base, les catholiques peuvent ainsi rallier les honnêtes gens pour réformer la législation républicaine anticléricale. Une évolution se dessine : il ne s’agit plus tant d’affirmer les droits de l’Église que d’éduquer l’opinion publique.

Qu’il y ait un ordre naturel reflétant l’ordre divin, telle est aussi la pensée exprimée dans le Livre du Ciel.

Jésus dit à Luisa : « Ainsi est ma grâce, à l’image du soleil. Elle inonde tout le monde, pauvres et riches, ignorants et savants, chrétiens et païens. Personne, vraiment personne ne peut dire qu’il en est privé parce que la lumière de la vérité et le flot de ma grâce remplissent la terre, plus que le soleil en plein midi. Mais quelle n’est pas ma peine de voir que les gens passent au milieu de cette lumière les yeux fermés et que, défiant ma grâce par leurs torrents d’iniquités, ils s’éloignent de cette lumière et vivent volontairement dans des régions ténébreuses au milieu de cruels ennemis. » (9 mars 1900).

Dans ce texte, la grâce n’est pas précisée comme étant celle d’avoir entendu l’évangile, ou celle d’avoir reçu le baptême, il s’agit de la présence dans toute la création de la Sagesse divine, qui est « plus belle que le soleil » (Sg 7,29) et qui « s’étend avec force d’un bout du monde à l’autre (Sg 8,1). Elle ne se limite pas à la lumière intérieure de la conscience subjective qui écoute la sagesse, elle est, comme le soleil, une lumière extérieure, la raison éternelle de Dieu créateur, ce qui lui confère force et puissance.

À cette première grâce répond une coopération humaine à travers une ascèse que l’on appelle aussi « mortification ».

Jésus dit : « Ma fille, la mortification est comme un feu qui fait sécher toutes les mauvaises humeurs qui sont dans l’âme et qui l’inonde d’une humeur de sainteté, donnant naissance aux plus belles vertus. » (28 janvier 1900).

Luisa écrit : « Il me sembla voir la mortification comme un instrument de musique, qui, si ses cordes sont toutes bonnes et fortes, produit un son harmonieux. Si ses cordes ne sont pas de bonne qualité, alors on doit en ajuster une, puis une autre, et ainsi sans cesse, de sorte qu’on doit toujours ajuster l’instrument sans jamais pouvoir en jouer. Et si on essaie d’en jouer, on n’entend que des sons discordants. » (16 février 1900).

La pureté éclaire le monde et révèle Dieu à travers son image. Luisa écrit : « L’âme qui possède la pureté est investie d’une lumière candide. En la regardant, Dieu y voit sa propre image. […] Elle est pure dans ses pas, dans ses actions, dans son discours, dans ses regards, dans ses mouvements. Simplement à la regarder, on reçoit sa fragrance. » (21 décembre 1899).

Saint Thomas dit : « La sainteté, au sens de pureté, est produite par les vertus qui s’occupent des passions entravant la pureté de la raison. […] À titre premier dans la tempérance qui réprime les convoitises, lesquelles obscurcissent au maximum la lumière de la raison »[7]. Les passions ne sont pas mauvaises en soi. Dans l’état d’innocence, l’amour, le désir, la joie et l’espoir ont pour objet le bien, et en définitive Dieu lui-même. Et il peut même y avoir, contre Satan, de la haine, de l’aversion, de la tristesse et du non-espoir, qui sont des passions négatives mais bonnes dans la mesure où elles sont bien orientées.

L’ascèse conduit jusqu’à un certain point. La grâce de Jésus-Christ change les passions en autant de vertus, notamment l’amour et l’espoir deviennent les vertus théologales de la charité et de l’espérance par lesquelles l’âme est unie à Dieu.[8] C’est la spécificité chrétienne.

Luisa vit « plusieurs jeunes filles habillées de blanc avec des couronnes sur la tête. Elles entouraient le divin Soleil et se nourrissaient de ses rayons. Au centre de ce soleil, j’apercevais le visage de Notre Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Ces demoiselles sont tes passions que Moi, par ma grâce, J’ai changées en autant de vertus » (1er avril 1900).

L’Église, corps mystique et vigne du Seigneur

Jésus dit à Luisa : « Ce corps que tu vois est le corps mystique de mon Église, duquel Je me glorifie d’être la tête. Mais quelles déchirures cruelles ces membres font dans le corps. Il semble qu’ils se stimulent l’un l’autre à me tourmenter davantage » (30 novembre 1899).

Les « déchirures cruelles » dont Jésus semblent désigner les événements français. À la suite de l’encyclique Au milieu des sollicitudes du pape Léon XIII (1892), une partie des catholiques – démocrates chrétiens et catholiques libéraux – renonce à la monarchie et accepte les institutions républicaines. Mais avec l’affaire Dreyfus, une vague d’antisémitisme submerge le catholicisme français (avec le journal « La Croix »), malgré une poignée de catholiques dreyfusards. Cet épisode débouche sur un éclatement des attitudes politiques des catholiques, de l’Action Française (1898) au Sillon (1899). L’Action française, attentive aux réalités contingentes du « pays réel », prône un retour à la royauté afin de garantir « l’ordre », mais son fondement idéologique est païen[9]. Le Sillon ne craint pas d’être démocrate, il rapproche les ouvriers de l’Église par des cercles d’étude, mais ces cercles placent l’autorité dans le peuple ou la suppriment à peu près[10]. Fondée sur la foi des apôtres, l’Église ne répond pas à sa vocation, si, tout en favorisant l’ordre, l’attention aux réalités contingentes et l’expression personnelle, elle omet de désigner le but ultime, qui est divin, et d’ouvrir les cœurs à Dieu qui se révèle.

Jésus dit à Luisa : « Il semble qu’ils se stimulent l’un l’autre à me tourmenter davantage » (30 novembre 1899).

Deux jours plus tard, le 2 décembre 1899, Jésus fait parler Luisa au sujet de la croix.

La réponse de Luisa comporte cinq points :

  1. « [Luisa :] La croix soufferte par Toi, Jésus‑Christ, me libère de l’esclavage du démon et m’unit à la Divinité par un lien indissoluble. » Luisa reprend saint Paul : « considérez que vous êtes morts au péché et vivants pour Dieu dans le Christ Jésus […] Car si vous avez jadis offert vos membres comme esclaves à l’impureté et au désordre de manière à vous désordonner, offrez-les de même aujourd’hui à la justice pour sanctifier. » (Rm 6,11.19). Luisa souligne le fait qu’il s’agit d’être uni à la Divinité, et la liberté de la Divinité est une liberté dans l’être, dans le bien et le vrai.
  2. « [Luisa :] La croix m’amène à me connaître moi‑même. Elle me donne aussi la connaissance de Dieu ». Luisa fait écho à saint Jean :

 « 8,28 Jésus leur disait de nouveau :
‘Quand vous l’élèverez / le Fils de l’homme, [= la croix]
alors / vous connaîtrez qui je [suis][11] !
Et quelque chose selon ma volonté propre / je ne le fais pas,

mais de la façon dont mon Père m’enseigne / c’est ainsi que je parle.
29 Et celui qui m’a envoyé est avec moi, / et il ne m’a pas laissé tout seul, mon Père,
parce que, moi, ce qui lui plait, / je le fais, en tout temps.’
‘Si, vous, vous persistez dans ma Parole, / vous êtes vraiment mes disciples !

30 Et, tandis qu’il parlait de ces choses-ci / beaucoup crurent en lui.
31 Et Jésus dit à ces juifs-là / qui crurent en lui :
32 Et vous connaîtrez… / la vérité !
Et elle, la vérité, / vous libérera !’ » (Jn 8,28-32)[12]

« La croix nourrit l’espérance ». Cette affirmation, fruit de l’expérience de Luisa, contredit le langage d’un certain humanisme chrétien qui voit dans la croix un dolorisme médiéval qu’il faudrait dépasser. Elle rejoint aussi l’expérience historique : en l’an 312, les empereurs romains Maxence et Constantin se déchiraient pour le contrôle de l’Empire. Eusèbe de Césarée (265-339), évêque de Césarée en Palestine, proche de Constantin, raconte : « Il assurait qu’il avait vu en plein midi une croix lumineuse avec cette inscription : « Vainquez par ce signe » ; et « Durant son sommeil, le Christ de Dieu lui apparut avec le même signe qu’il lui avait montré en l’air durant le jour et lui commanda de faire un étendard de la même forme et de le porter dans les combats pour se garantir du danger »[13]. Il remporte la victoire et entre dans Rome tandis que son rival Maxence se noie dans les eaux du Tibre.

  1. « La croix est le flambeau de la foi agissante ». Cette affirmation avertit que vouloir agir dans le monde sans aimer la croix, c’est agir dans les ténèbres, tôt ou tard l’action se heurtera à une pierre qui fait tomber.
  2. « La croix est ce bois solide qui préserve et maintient toujours enflammé le feu de la charité ». Cette affirmation fait écho à l’évangile selon saint Jean :

 « Avant donc / la fête de la Pâque,
Jésus savait qu’était arrivée l’heure / de se retirer de ce monde auprès de son Père
et il brûla d’amour pour les siens qui sont dans ce monde, / et jusqu’à la fin il brûla d’amour pour eux. » (Jn 13,1).

Et Jésus confirme et complète ce que dit Luisa : « La croix est si puissante et Je lui ai communiqué tant de grâces qu’elle est plus efficace que les sacrements eux‑mêmes. Il en est ainsi parce que lorsqu’on reçoit le sacrement de mon Corps, les dispositions et le libre concours de l’âme sont nécessaires pour qu’on en reçoive mes grâces. Ils peuvent souvent manquer alors que la croix peut disposer l’âme à la grâce » (2 décembre 1899).

Il s’agit dès lors pour l’Église d’ « éclairer le monde entier » (1er novembre 1899), sans oublier l’autre image de l’Église, sans doute la plus riche de toutes, et qui fut donnée par Jésus lui-même : celle de la vigne (ou du tronc de vigne) et des sarments. Jésus avait dit à Luisa : « Je rendrai ton Confesseur comme un arbre greffé dans lequel le vieil arbre n’est plus reconnaissable, ni dans son âme ni dans son corps » (23 juin 1899 livre 2). Et c’est en des termes similaires que Jésus encouragera Luisa sur le chemin de la sainteté : « Par mon Incarnation, mon Humanité se greffa sur ma Divinité. Quiconque cherche à rester uni à Moi par sa volonté, ses actes et son cœur, à vivre sa vie en imitant la Mienne, grandit dans ma propre Vie et développe la greffe que J’ai faite de mon Humanité sur ma Divinité ; ajoutant une branche à l’arbre de mon Humanité. » (2 octobre 1903 livre 5).

L’image de la colonne de l’Église (1e novembre 1899) rappelait qu’il y aura toujours une hiérarchie parce que l’Église vit du témoignage des apôtres qui se transmet de génération en génération. Or les apôtres, puis les évêques et chaque prêtre sont greffés sur Jésus, et de même chaque chrétien. La hiérarchie de l’Église ne se traduit donc pas par une pyramide de domination, mais par des branches nourricières.

Le 14 mars 1900, le Confesseur demande à Luisa « de prier le Seigneur pour qu’Il me manifeste la manière d’attirer les âmes au catholicisme et d’éliminer l’incroyance ». En réponse, Luisa se retrouve en vision dans ce qui lui semble être « le jardin de l’Église ». Là, un « chien féroce » n’avait pas la force de mordre ceux « qui avaient Jésus dans leur cœur, au centre de toutes leurs actions, de toutes leurs pensées et de tous leurs désirs ». Ce qui explicite la vision inaugurale. Ensuite, Jésus donna ces conseils :

  • « Le premier point est de savoir quels sont ceux qui lui appartiennent. Vous pouvez les connaître en fixant un jour pour une réunion à laquelle vous les inviterez ».
  • « Le deuxième point est d’obliger les catholiques présents à se confesser, ceci étant la principale chose qui renouvelle l’homme et en fait un vrai catholique ».
  • « Reconnaître le moment approprié pour avancer dans le groupe ou s’exposer avec prudence, c’est comme la taille des arbres qui doit permettre de produire de gros fruits mûrs » (14 mars 1900).

L’image de l’Église n’est pas celle d’une pyramide de pouvoir mais d’un « jardin » avec une « taille des arbres », rejoignant l’évangile où Jésus se compare à une vigne dont nous sommes les sarments que Dieu le Père taille afin qu’ils portent davantage de fruits (Jn 15,1-2).

L’Église, lieu de miséricorde et de sainteté

Un jour, en vision, Jésus montra à Luisa beaucoup de gens, et il lui dit : « Dis‑leur qu’ils font un grand mal en maugréant l’un contre l’autre. Ils attirent mon indignation. Et cela est juste car, alors qu’ils sont tous sujets aux mêmes misères et faiblesses, ils ne font que s’intenter des procès l’un contre l’autre. Si, au contraire, avec charité ils se jugent l’un l’autre avec compassion, alors Je me sens attiré à user de miséricorde avec eux. » (27 février 1900).

Vivre cet enseignement, c’est l’une des manières de soutenir la colonne de l’Église. Et ce n’est rien d’autre que de rappeler l’évangile. En effet, en Mt 18,21-35, Jésus donne une parabole dont l’histoire entière se situe à l’intérieur du groupe des serviteurs d’un roi. Cette parabole se donne donc pour but d’éclairer le comportement des disciples les uns envers les autres. En résumé, voici un serviteur qui, tel un grand commis, doit au roi une somme énorme, correspondant plutôt à l’impôt d’une région. Il demande un délai… Surprise ! Le roi lui remet sa dette. Mais ce serviteur semble oublier instantanément ce qui vient de lui arriver : il étrangla (v. 28) son collègue qui lui devait une somme dérisoire et ne lui a demandé qu’un délai ! « Et son maître se mit en colère et le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait » (v. 34). Et Jésus conclut : « Ainsi fera envers vous mon Père qui est dans les Cieux, si vous ne pardonnez pas du fond de votre cœur, chacun à son frère, sa sottise [saḵlūṯā] » (Mt 18,35). En araméen, dans la langue parlée, on dit « quelle saḵlūṯā : quelle bêtise, quelle idiotie ! » ; il y a un autre mot pour dire « péché [ḥṭā] ». Jésus parle des fautes par faiblesse, il ne parle pas ici de celui « qui parle contre l’Esprit de Sainteté » et dont il a prévenu que « cela ne lui sera pas pardonné » (Mt 12,32).

Le troisième livre du Ciel forme un ensemble et d’autres passages doivent être associés.

Jésus dit à Luisa : « Si la Justice punit, c’est dans l’ordre des choses. Si elle ne punissait pas, elle ne serait pas en harmonie avec les autres attributs divins. Je me vis alors comme un misérable ver au centre de cette lumière. Je voyais que, si je le voulais, je pouvais contrer le cours de la justice. Mais alors je détruirais l’ordre et j’irais contre l’homme lui‑même car même la Justice est pur amour envers les hommes. » (7 juin 1900).

Souvenons-nous que dans la prière du Magnificat (Lc 1,46-55) Dieu est loué pour sa miséricorde, c’est le verset central, mais qu’il est aussi loué parce qu’il renverse les potentats qui usurpent leur pouvoir et qu’il renvoie les riches à vide parce qu’ils ne craignent pas Dieu.

« Je ne peux pas me calmer ! reprit Jésus. Que dirais‑tu si tu voyais une personne nue qui, au lieu de couvrir sa nudité, se préoccupait de s’orner de joyaux, omettant de se couvrir ? Ce serait horrible de la voir ainsi et, certainement, Je la trouverais blâmable. Bien ! Telles sont les âmes. Dépouillées de tout, elles n’ont plus les vertus pour les couvrir. C’est pourquoi il est nécessaire de les frapper, de les fouetter, de les assujettir à des privations pour les faire entrer en elles‑mêmes et les amener à prendre soin de leur nudité. Couvrir son âme avec les vêtements des vertus et de la grâce est immensément plus nécessaire que de couvrir son corps de vêtements. » (16 juillet 1900).

La dérive janséniste avait étouffé l’Occident dans la culpabilité et l’angoisse. Certes, l’enseignement sur l’enfer éternel (la Gehenne de feu ou l’étang de feu) est très clair dans les Évangiles, cependant, Jésus n’a pas fait une pastorale de la peur. Luisa est éduquée à la confiance : « Ma fille, devant ma majesté et ma pureté, celui qui peut me faire face n’existe pas. Tous sont nécessairement effrayés et frappés par le rayonnement de ma sainteté. L’homme voudrait presque s’enfuir loin de Moi parce que sa misère est si grande qu’il n’a pas le courage de rester debout en présence de Dieu. Cependant, en faisant appel à ma miséricorde, J’ai assumé une Humanité qui a partiellement voilé la lumière de ma Divinité. Ce fut là un moyen d’inspirer confiance et courage à l’homme afin qu’il vienne à Moi. Il a la possibilité de se purifier, de se sanctifier et de se diviniser à travers mon Humanité déifiée. » (1e août 1900).

L’Église, en butte à la contradiction

À l’époque de Luisa, l’ensemble du contexte européen est anticlérical. Le souverain pontife doit compter avec l’anticléricalisme français qui expulse les congrégations, le Kulturkampf prussien qui tente de mettre sous tutelle de l’État les catholiques allemands. Des théories révolutionnaires prônant la violence, telles que le nihilisme russe ou l’anarchisme, se développent. L’autorité est aussi largement agressée : le tsar de Russie Alexandre II est assassiné en 1881, l’impératrice d’Autriche en 1898, le roi d’Italie, Umberto I de Savoie, est assassiné le 29 juillet 1900.

Dans ce contexte, Luisa eut une vision : « je me retrouvai dans un jardin qui me semblait être l’Église. À l’intérieur de ce jardin, il y avait une foule de gens sous les apparences de dragons, de vipères et d’autres bêtes féroces. Ils dévastaient le jardin. Quand ils en sortirent, ils causèrent la ruine du peuple » (27 juillet 1900)[14].

L’Apocalypse parle d’une « bête », puis de ceux qui ont triomphé de la Bête et qui « chantent le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau : "Grandes et merveilleuses sont tes œuvres, Seigneur, Dieu Maître-de-tout ; justes et droites sont tes voies, ô Roi des nations » (Ap 15,3). Car la bête et le faux prophète auront une fin (Ap 19,19-21). Et la volonté de Dieu se fera sur la terre comme au ciel (Ap 21-22). Et se réalisera la vision inaugurale de ce 3e livre du Ciel qui s’achevait ainsi : « Ô jours heureux, de loin je vous salue, quelle gloire vous donnerez à mon Église et quel honneur vous rendrez à ce Dieu qui en est la tête ! » (1er novembre 1899).

L’essentiel du discours de l’Apocalypse a été donné par Jésus dans la parabole de l’ivraie (Mt 13). En Mt 13,24-30, l’étonnement des ouvriers devant la présence de l’ivraie dans le champ reflète l’étonnement des gens devant le déchaînement de la haine à l’égard de Jésus. Et la question des ouvriers est celle des disciples de Jésus devant leurs adversaires. Mais, dit la parabole, les ouvriers ne doivent pas devancer le travail des moissonneurs, en l’occurrence le travail des anges quand les temps seront accomplis, alors l’ivraie sera séparée et brûlée. C’est donc un message de patience et de non-violence.

Les paraboles de la graine de moutarde et du levain sont un complément inséparable de la parabole de l’ivraie, c’est pourquoi elles sont insérées entre la parabole et son explication. Si les ouvriers ne doivent pas arracher eux-mêmes l’ivraie, ils ne doivent pas pour autant être dans une attente passive : qu’ils travaillent comme la graine de moutarde qui grandit et comme le levain qui fait lever la pâte : le Royaume à venir se prépare.

On lit en Mt 13,39.40 que la moisson est, en grec, « accomplissement du temps actuel [suntéléia tou aïônos] », et dans la langue de Jésus, l’araméen : « šūlāmēh d-ᶜālmā » la perfection, la fin, la plénitude du monde, ce qui est tout autre chose que de dire simplement que c’est la fin du monde. La parabole de l’ivraie [zīzāne, en latin zizania] évoque un événement ultime, « à la plénitude de ce monde », ou « à l’aboutissement du temps » (Mt 13,40). L’instauration du « Royaume » consistera en un jugement qui séparera les mauvais dont la mort est immédiate, ils vont dans la fournaise, tandis que « les justes resplendiront dans le Royaume de leur Père » (Mt 13,43). Nous entrons dans un mystère, celui d’un Royaume qui est sur la terre tout en faisant partie des fins dernières, après un jugement… Une chose est sûre : il ne nous appartient pas de faire le tri et « d’arracher l’ivraie ». L’erreur que Jésus veut écarter est celle de tous les faux prophètes qui, en prétendant apporter « le meilleur des mondes », veulent arracher eux-mêmes (avec intolérance) l’ivraie.

Jésus donne à Luisa une variation de la parabole de l’ivraie et du bon grain :

« Dans ces champs où J’ai semé, il a poussé beaucoup de mauvaises herbes et d’épines qui sont devenues des arbres. Et ces arbres épineux ne font qu’attirer dans ces lieux des eaux empoisonnées et pestiférées. Si quelques épis sont demeurés intacts, ils ne reçoivent que piqûres et puanteur, de telle sorte qu’aucun autre épi ne peut fleurir. Ces épis ne peuvent fleurir parce que premièrement, ils n’en ont pas la place, le sol étant recouvert de toutes sortes de plantes nocives, et deuxièmement, ils reçoivent de continuelles piqûres qui ne leur laissent aucune paix. D’où le besoin d’un massacre pour révéler toutes les mauvaises plantes, et aussi le besoin de sang versé pour purger ces champs de leurs eaux empoisonnées. » (21 juillet 1900).

La construction s’élève du néant jusqu’au Ciel

À la charnière entre le XIX° et le XX° siècle, l’Occident découvre l’effondrement de ses hiérarchies traditionnelles, et, en même temps, il est attiré par les religions ou sagesses orientales, plus ou moins caricaturées. La pensée orientale, notamment indienne, valorise la vacuité, non pas tant le vide que l’impermanence des choses et des êtres, l’absence de nature propre, la relativité universelle. Et la pensée orientale a été valorisée en Occident pour s’affranchir de la dépendance au Dieu créateur, dans une sorte de culte du néant. Mais le Seigneur dit : « Je n’ai pas dit à la descendance de Jacob : Cherchez-moi dans le vide ! » (Is 45,19).

Le Livre du Ciel répond à ce genre de questionnements d’une manière solide.

Luisa raconte : « Notre Seigneur me disait :

‘Toute la nature invite au repos. Mais qu’est le vrai repos ? C’est le repos intérieur, le silence de tout ce qui n’est pas Dieu. […] Quel est le moyen de parvenir à cela ? Le moyen unique et indispensable est de démolir son être selon la nature en le réduisant à rien, comme c’était sa situation avant qu’il soit créé. Quand il aura été réduit à rien, il faudra le recouvrer en Dieu.

Ma fille, toute chose commence dans le néant, même cette grande machine de l’univers que tu regardes et qui a tant d’ordre. Si, avant d’avoir été créée, elle avait été quelque chose, Je n’aurais pas pu faire intervenir ma main créatrice pour la créer avec une telle maîtrise, si parée et splendide. J’aurais eu à défaire d’abord tout ce qui aurait existé avant, puis à tout refaire comme il m’aurait plu.

Tous mes travaux dans l’âme débutent à partir du néant. Quand il y a un mélange d’autre chose, ce n’est pas convenable pour ma Majesté d’y descendre et d’y travailler. Mais, quand l’âme est réduite à néant et qu’elle vient vers Moi, plaçant son être dans le mien, alors Je travaille comme le Dieu que Je suis et elle trouve son vrai repos. » (20 mai 1900).

Et si une âme peut trouver « son vrai repos », toute la colonne de l’Église peut aussi trouver « où se reposer’ » (1er novembre 1899).

Attention cependant aux hyperboles. Si l’âme qui est « réduite à néant » peut encore « venir » vers Jésus, c’est qu’elle a encore son être propre, une volonté, un libre-arbitre, une identité personnelle. Ce qui est réduit à néant, ce sont les germes issus du péché originel. Il s’agit de se situer au cœur du jaillissement créateur du Dieu qui fait Alliance.

Dieu créateur est une Trinité où le rythme est celui du don, comment ce Dieu n’encouragerait pas que sa créature suive le même rythme, se dépouillant de l’être reçu pour le recevoir encore ?

Et c’est encore exprimé dans cet autre passage, où Jésus reprend l’image de « la colonne » avec laquelle ce livre avait commencé :

« ‘Ma fille, pourquoi me cherches‑tu hors de toi‑même alors que tu pourrais facilement me trouver en toi‑même ? Quand tu veux me trouver, entre en toi‑même, atteins ton néant et là, vidée de toi‑même, tu verras les fondations que l’Être divin a établies en toi et la structure qu’il y a érigée : regarde et vois !’

Je regardai et je vis des fondations solides et une construction avec de hauts murs atteignant le Ciel. Ce qui me surprit le plus, c’était que le Seigneur avait fait ce beau travail sur mon néant et que les murs ne comportaient aucune ouverture. Une ouverture était pratiquée seulement dans la voûte : elle donnait sur le Ciel. Jésus était placé dans cette ouverture, sur une colonne stable qui sortait des fondations formées sur le néant.

J’étais complètement éblouie par ce que je voyais et Jésus béni me dit : ‘Les fondations établies sur le néant signifient que la main de Dieu travaille là où il n’y a rien et que jamais Il n’appuie ses travaux sur les choses matérielles. Les murs sans ouvertures signifient que l’âme ne doit accorder aucun regard aux choses du monde afin qu’aucun danger ne puisse l’atteindre, pas même un peu de poussière. Le fait que la seule ouverture donne sur le Ciel correspond au fait que la construction s’élève du néant jusqu’au Ciel. La stabilité de la colonne signifie que l’âme doit être si stable dans le bien qu’aucun vent adverse ne puisse l’ébranler. Et le fait que Je sois placé tout en haut signifie que le travail doit être complètement divin’. » (3 août 1900).

 

[1] Sources franciscaines Éd. du Seuil, Paris 2010, n° 252-253, p. 356

[2] Les Fioretti de saint François, trad. Éloi Leclerc, Éd. du Seuil, Paris 1997, p. 35-36.

[3] Lettre à Padre Benedetto, 13 février 1913, Epistolario I, op.cit., p. 342.

[4] Le roi d’Italie, Umberto I de Savoie, fut assassiné le 29 juillet 1900.

[5] Saint AUGUSTIN, Sermon 259 (Sermones ad populum, vol. V des Sermons, édition des Mauristes,1683), traduction française disponible sur Bibliothèque Monastique, réf. « SERMON CCLIX ».

[6] Christopher Duggan, Creare la nazione. Vita di Francesco Crispi,Roma-Bari, Laterza,2000, p. 703-704.

[7] Saint THOMAS, II-II Secunda Secundae Qu.180 a.2

[8] Cf. Saint THOMAS, I-II Prima Secundae Qu.68 a.4

[9] L’Action française, dont le fondateur, Charles Maurras avait une métaphysique non-chrétienne, sera tolérée par Pie X, condamnée par Pie XI le 29 décembre 1926, et réhabilitée par Pie XII en 1939.

[10] Le Sillon est condamné par Pie X le 25 août 1910.

[11] Ici, le texte araméen n’a pas le verbe être. 

[12] Traduction depuis l’araméen, Imprimé avec l’autorisation ecclésiastique donnée le 14 novembre 2024, par la Conférence des évêques de France. Mgr Benoît Bertrand, évêque nommé de Pontoise et président de la Commission doctrinale de la Conférence des évêques de France, selon le canon 830,3

[13] EUSEBE de CESAREE, La Vie de Constantin, I,28et 29.

LACTANCE (250-325 environ), écrivain proche de Constantin, parle seulement du chrisme (la lettre X), apparu non pas dans le ciel en plein midi, mais en « songe » (Lactance, De la mort des persécuteurs, XLIV,4-10).

[14] Le contexte est difficile. En 1901 Léon XIII publie l’encyclique Graves de communi dans laquelle il enlève tout sens politique à la « démocratie chrétienne » et la ramène au catholicisme social. En 1907, Pie X publie l’encyclique Pascendi, pour dénoncer le carrefour des hérésies désigné par le terme « modernisme ».

Date de dernière mise à jour : 29/04/2026