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Livre du Ciel 11 Il y eut un soir, il y eut un matin. Je veux Jésus
Récit inaugural et prières (entre le 11 et le 14 février 1912)
Connaissance de soi et de son tempérament
Les fruits sur les branches et sur le tronc
En Jésus, être Fils et Fille de Dieu par l’union des volontés
Structure quaternaire de la vie dans la divine volonté
Récit inaugural et prières (entre le 11 et le 14 février 1912)
Le récit inaugural contient deux prières que chacun peut reprendre :
« Je te dis bonsoir avec mes lèvres, mais pas avec mon cœur. Mieux, je laisse mon cœur avec Toi. Je compterai les battements de Ton cœur et j’y ferai correspondre les miens. Je compterai tes soupirs et pour Te réconforter, je te laisserai reposer dans mes bras. Je serai ta sentinelle vigilante, je veillerai à ce que rien ne vienne t’attrister, non seulement pour ne pas Te laisser seul, mais aussi pour partager toutes tes souffrances. […]
Je reviens maintenant en te disant bonjour. […] Jésus, Jésus, que nos volontés ne fassent qu’une, que notre amour ne fasse qu’un, que notre bonheur ne fasse qu’un ! Ne me laisse jamais seule, parce que je ne suis rien et parce que le rien ne peut être sans le Tout… Tu me le promets, ô Jésus ? On dirait que tu me dis oui. Maintenant, bénis‑moi, bénis‑nous tous. En compagnie des anges, des saints, de la douce Maman et de toutes les créatures, je te dis : Bonjour, ô Jésus, bonne journée…
Après avoir écrit les prières ci-dessus sous l’influence de Jésus, au crépuscule, Il revint et me signifia qu’il gardait ce Bonsoir et ce Bonjour dans son Cœur. Il me dit : ‘Ma fille, vraiment, ces prières sortent de mon Cœur. Quiconque les récitera avec l’intention d’être avec Moi, comme l’expriment ces prières, je le garderai avec Moi et en Moi pour qu’il fasse tout ce que Je fais. Non seulement Je le réchaufferai de mon amour, mais, à chaque fois, J’augmenterai mon amour pour lui, l’unissant à la Vie Divine et à mon propre désir de sauver toutes les âmes.’» (non daté).
Dans sa prière du soir, Luisa décide (acte de volonté) « je laisse mon cœur avec Toi », et elle fait des promesses (« je compterai… je ferai… je te laisserai… je veillerai) qui sont l’expression de ses intentions. L’intention n’est que l’idée de départ, la volonté opère le passage à l’acte.
En 1907, le docteur Vittoz expliquait que celui qui fait usage de sa volonté « prend appui sur l’air qu’il garde dans sa poitrine pendant un bref instant, ce qui augmente la tension du pouls et la circulation ».[1] « Dans l’intention, l’effort reste, tant que l’intention persiste ; l’énergie n’est que comprimée, non utilisée ; il reste toujours le sentiment de quelque chose d’incomplet et d’à moitié vrai. […] Le désir ne donne pas le déclenchement de la volonté, mais seulement une tension plus ou moins forte. »[2]
« L’intention trompe souvent l’opérant. […] On peut mettre une certaine force dans son intention, illusion d’énergie, comme on peut se sentir sincère dans l’intention de bien faire et de donner l’illusion de la vérité. Avec un peu de bonne volonté, il n’est cependant pas difficile de différencier l’intention de la volonté. La volonté seule satisfait complètement la conscience ; elle sent que, sa décision prise, elle n’a plus à se préoccuper du but, ni de ce qu’elle a voulu ; l’essor de son énergie est donné, c’est le calme. »[3]
La volonté n’est pas une impulsion de courte durée, c’est une force intérieure ressentie comme une énergie physique, toujours à disposition.
Dans sa prière du soir, Luisa parle justement d’un certain ressenti corporel (battements de cœur, soupirs, chaleur), ce qui exprime bien le passage de l’intention à la volonté en actes. Dans sa prière du matin, Luisa demande à Jésus : « que nos volontés ne fassent qu’une », ce qui a plus loin que de dire seulement « que nos intentions soient une ».
La bénédiction de Jésus recouvre à la fois « l’intention » et l’acte opéré par la volonté « pour qu’il fasse tout ce que Je fais ».
La place de la sensibilité
Notre cerveau a deux modes, qui ne peuvent pas être simultanés : la réceptivité (voir, entendre, sentir, être sensible à quelque chose) ou l’émissivité (penser, juger, décider).
La réceptivité nous positionne dans l’ici et maintenant.
La pensée, au contraire, nous projette facilement dans le passé ou dans l’avenir.
Un moment de réceptivité repose l’effort de volonté et permet de prendre conscience des pensées qui nous habitent, de manière ensuite à pouvoir les orienter plus librement.
La sensibilité est une précieuse ressource de l’être humain, elle lui ouvre de vastes possibilités.
« Après avoir vu plusieurs âmes auprès de Jésus, dont une qui était plus sensible, Jésus me dit : ‘Ma fille, quand une âme d’un tempérament plus sensible commence à faire le bien, elle progresse plus rapidement que les autres parce que sa sensibilité la guide vers des entreprises plus grandes et plus ardues.’» (24 février 1912)
Ainsi, la sensibilité guide et inspire des désirs, mais ces désirs sont passifs. Or, enseigne saint Thomas d’Aquin, « l’acte de la volonté peut être commandé »[4].
En 1907, le docteur Vittoz observait : « La volonté est seule une forme active de l’énergie, seule elle est libre ; le désir est déjà passif, c’est une sujétion qu’on subit en aveugle.
Si, dans certains cas, on peut raisonnablement vouloir ce que l’on a désiré, c’est que dans ce cas on a soumis le désir au contrôle de son jugement et de la liberté, mais on ne doit pas attendre le désir pour vouloir, car ce serait abdiquer cette liberté. »[5]
La vie dans la « divine volonté » suppose d’acquérir une pratique intérieure, un usage de la volonté. Jésus dit à Luisa :
« Au début, quand l’âme n’est pas encore bien entraînée, sa sensibilité intervient quand elle souffre, prie ou aime. Mais quand, par la pratique, ces choses sont passées dans sa volonté comme lui étant propres, sa sensibilité cesse d’intervenir. Et quand vient l’occasion de mettre en action les divines dispositions que Je lui ai fait acquérir, elle les exerce d’un pas ferme et d’un cœur paisible. Si la souffrance se présente, elle trouve en elle la force et la vie de la souffrance. Si elle doit prier, elle trouve en elle la vie de la prière, et ainsi de suite pour tout le reste. » (14 février 1912).
Parce que la sensibilité génère passivement des désirs, elle appelle ce que nous pourrions appeler une reprise mentale. Dans certains cas, c’est très difficile. Le docteur Vittoz proposait des exercices très simples pour s’exercer. Par exemple, le patient choisit trois à cinq objets différents qu’il place sur une feuille de papier. Puis, après s’être bien rendu compte des objets qu’il a devant lui, il en élimine un, en le mettant de côté. Il fera bien, à ce moment, de fermer les yeux et de savoir si réellement, mentalement, il a éliminé l’objet en question ; c’est là la chose principale. Et ainsi de suite.
On peut aussi écrire mentalement deux ou trois chiffres. Le malade doit les effacer successivement et aucun chiffre ne doit, après, rester dans le cerveau.
On peut aussi se figurer le chiffre un (ou un oiseau) s’éloignant toujours plus et devenant imperceptible.
Toutes ces expériences donnent au cerveau l’habitude de l’élimination, et c’est utile[6].
Nous lisons dans le livre du Ciel :
« Je priai pour qu’Il enlevât de cette âme ses restes de sensibilité humaine et qu’Il la serre davantage sur Lui en lui disant qu’Il l’aime car Il la conquerrait complètement aussitôt qu’elle comprendrait qu’Il l’aime : ‘Tu verras que tu réussiras. Ne m’as‑tu pas gagnée de cette manière en me disant que tu m’aimais beaucoup, beaucoup ?’
Jésus me dit : ‘Oui, oui, Je le ferai, mais Je veux sa coopération parce qu’elle s’échappe autant que possible auprès de ceux qui excitent sa sensibilité.’ » (24 février 1912)
Sans supprimer l’effort de faire soi-même son possible pour dégager sa propre sensibilité, Jésus agit aussi pour purifier l’âme. C’est ce que saint Jean de la Croix (docteur de l’Église) appelle la « nuit des sens ». Nous lisons par exemple :
« Ce sont les sécheresses qui font avancer l’âme dans la voie du pur amour de Dieu. Elle ne se porte plus désormais à agir sous l’influence du goût et de la saveur qu’elle trouvait dans ses actions ; elle ne se meut que pour plaire à Dieu. Elle n’a plus de présomption ni de satisfaction personnelle, comme elle en avait peut-être l’habitude au temps de la prospérité ; elle est devenue craintive et défiante d’elle-même ; elle ne cherche plus de satisfaction en elle-même ; aussi vit-elle dans cette crainte salutaire qui conserve et augmente les vertus […] [Après la nuit des sens, l’âme acquiert] plus de respect dans ses rapports avec Dieu […] [et elle goûte] une saveur spirituelle sans qu’il lui en coûte le moindre raisonnement »[7].
Dans le même sens, voici cette belle analogie que Jésus donne à Luisa :
« Ma fille, mon amour pour les créatures est si grand que, quand une âme décide de se donner à Moi, je l’inonde de grâces, Je la berce, Je la caresse, Je lui donne des grâces sensibles, de la ferveur, des inspirations, Je la serre sur mon Cœur. En se voyant ainsi inondée de grâces, l’âme commence à M’aimer, amorce dans son cœur un début de pratiques pieuses et de prières, et commence à s’exercer à la vertu. Tout cela forme comme un champ de fleurs dans son âme. Mais mon amour ne se contente pas de ces seules fleurs. Il veut aussi des fruits.
Aussi, il fait tomber les fleurs, c’est‑à‑dire qu’il dépouille l’âme de son amour sensible, de sa ferveur et de beaucoup d’autres choses, de manière à ce que des fruits apparaissent. Si l’âme est loyale, elle poursuit ses pieux exercices et la pratique des vertus : elle n’a plus le goût des choses humaines, elle ne pense plus à elle, mais seulement à Moi. Par sa confiance en Moi, elle donne de la saveur aux fruits, par sa loyauté, elle les laisse mûrir et, par son courage, sa tolérance et sa tranquillité, ils mûrissent et deviennent des fruits de qualité. Et Moi, le Fermier céleste, Je cueille ces fruits et J’en fais ma nourriture. Ensuite, J’ouvre un autre champ, plus fleuri et plus beau, dans lequel des fruits héroïques pousseront, lesquels feront sortir de mon Cœur des grâces inouïes.
Cependant, si l’âme devient déloyale, méfiante, agitée, mondaine, etc., ses fruits seront insipides, amers, couverts de boue, et seront de nature à m’ennuyer et m’amèneront à me retirer. » (25 mai 1916)
Saint François d’Assise priait en répétant : « Mon Dieu et mon Tout ! » Il faut être détaché de tout pour s’attacher au Tout. Saint Jean de la croix, explique :
« Comme la transformation en Dieu ne dépend ni des sens ni de l’habileté humaine, l’âme doit se dépouiller complètement et volontairement de tout ce qu’elle peut contenir d’affection aux choses d’en haut ou d’en bas ; elle le fera dans toute la mesure où cela dépend d’elle ; et alors qui empêchera Dieu d’agir en toute liberté dans cette âme soumise, dépouillée, anéantie ? […] Isaïe et saint Paul ont dit : ‘Ce que Dieu a préparé à ceux qui l’aiment, l’œil de l’homme ne l’a point vu, son oreille ne l’a point entendu, son cœur ne l’a point goûté, et son intelligence ne saurait le concevoir’ (1 Co 2,9 ; cf. Is 64,3-4). […] Voilà pourquoi celui qui suit ce chemin ne verra la lumière qu’en aveuglant ses puissances, comme Notre Seigneur nous l’enseigne dans l’Évangile en ces termes : ‘Je suis venu en ce monde afin que par un juste jugement ceux qui ne voient pas, voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles’ (Jn 9,39) »[8].
Et cet autre passage du livre du Ciel s’inscrit aussi très bien dans la ligne des écrits carmélitains : « ’Jésus, je veux être pauvre, très pauvre, petite, toute petite. Je ne veux rien, pas même ce qui est à Toi. C’est mieux si Tu les gardes toi‑même. Je ne veux que Toi. Et si j’ai besoin de quelque chose, tu me le donneras, n’est‑ce pas, ô Jésus ?’ Il répondit : ‘Bravo, voilà que tu es une bonne fille ! Finalement, J’ai trouvé quelqu’un qui ne veut rien. Tous veulent quelque chose de Moi, mais pas le Tout, c’est‑à‑dire Moi uniquement. Toi, en ne voulant rien, tu veux tout. Voilà la finesse et l’astuce du véritable amour.’ Je souris et il disparut. » (24 février 1912)
Apaisement, anesthésie
L’hypnose peut endormir la douleur d’un sujet qui est alors passif. Une autohypnose est parfois pratiquée par un appel à l’inconscient qui provoque un engourdissement corporel et peut délivrer un effet comparable à celui de l’opium[9].
Mais le docteur Vittoz a proposé une autre méthode, basée, non pas sur l’inconscient, mais sur la conscience et la concentration. Pour traiter les douleurs si fréquemment ressenties par les neurasthéniques, il recommande au malade de porter son attention sur le point douloureux : « une concentration bien faite envoie au point malade un influx nerveux normal, et cet influx normal neutralise et modifie l’onde douloureuse que le cerveau devait percevoir »[10]. Il a soigné de nombreuses insomnies en montrant comment arrêter le cours de ses pensées par exemple en se concentrant sur l’idée de calme, mais en évitant les narcotiques parce qu’ils rendent passifs[11].
Et c’est en faisant appel à l’entraînement de sa propre volonté que Luisa atteint les expériences dont elle témoigne.
En se concentrant sur la personne de Jésus que Luisa a appris à sentir vivre en elle-même, sa sensibilité est absorbée dans la vie de la volonté. Jésus lui enseigne :
« Et puisque ce n’est plus toi qui vis, mais Moi, tout ce qu’on peut te faire de plaisant ou de déplaisant, Je le reçois comme si on me le faisait à Moi‑même. Cela se traduit par le fait que, quoi qu’on te fasse de plaisant ou de déplaisant, tu ne ressens rien. Il y a donc quelqu’un d’autre qui ressent cette joie ou cette peine à ta place. Ce quelqu’un n’est autre que Moi, Moi qui vis en toi et qui t’aime beaucoup, beaucoup. » (18 février 1912).
En fixant sa volonté sur celle de Jésus, en communiant à la volonté de Jésus, l’attention se détourne de tout le reste qui, en quelque sorte, se repose ou s’endort tout à fait :
Jésus dit à Luisa : « L’Amour a ses inquiétudes, ses désirs, ses ardeurs et ses impatiences. Sais‑tu pourquoi ? Parce que, devant se préoccuper des actes, des moyens à prendre pour les mener à bien et pour leur parachèvement, l’Amour peut provoquer de l’inquiétude et de l’impatience, surtout quand ce qui est humain et imparfait intervient. Ma Volonté, par contre, est en repos perpétuel. Si ma Volonté et l’Amour ne sont pas continuellement unis, pauvre Amour, comme il peut être malmené, même dans les œuvres les plus grandes et les plus saintes ! Ma Volonté agit par des actes simples. L’âme qui lui laisse toute la place trouve le repos. Elle n’éprouve ni inquiétude, ni impatience, ses œuvres sont exemptes de toute imperfection. » (10 avril 1914).
Un autre jour, Luisa raconte :
« J’étais dans mon état habituel et, ayant reçu la sainte communion, mon toujours aimable Jésus me dit : ‘Ma fille, ma Volonté est pour l’âme ce que l’opium est pour le corps. Le pauvre patient qui doit subir une opération, l’amputation d’une jambe ou d’un bras par exemple, est endormi avec de l’opium. Ainsi, il ne sent pas la vivacité de la douleur et, à son réveil, l’opération est accomplie. Il n’a pas trop souffert grâce à l’opium. Il en va ainsi de ma Volonté : elle est pour l’âme l’opium qui endort l’intelligence, l’amour-propre, l’estime de soi et tout ce qui est humain. Elle ne permet pas au chagrin, à la calomnie, à la souffrance de pénétrer profondément et de donner à l’âme des peines intérieures, parce que l’opium de ma Volonté la garde comme endormie. Néanmoins, l’âme conserve les mêmes effets et les mêmes mérites, exactement comme si elle avait bel et bien ressenti ces souffrances.
Avec cette différence cependant, que l’opium pour le corps s’achète et qu’on ne peut pas l’utiliser souvent, encore moins tous les jours, au risque de s’abrutir, surtout si on est de faible constitution. En revanche, l’opium de ma Volonté est gratuit et l’âme peut en prendre n’importe quand. Plus elle en prend, plus sa raison en est éclairée. Si elle est faible, elle acquiert la Force divine.’ » (19 février 1913).
Connaissance de soi et de son tempérament
Tests de personnalité ou psychanalyses, notre époque est très attentive à la connaissance de soi. Pour les uns, c’est une manière de gérer ses émotions avec en corollaire le projet de développer de l’empathie. Pour d’autres, c’est un outil de gestion des équipes de travail, par exemple repérer ceux qui seront comme des locomotives d’un projet (parfois peu attentives aux moyens utilisés et aux besoins des personnes), ceux qui seront pacificateurs, ou perfectionnistes. Tout cela peut avoir son utilité, mais le plus important est d’acquérir le tempérament du Christ en lui consacrant notre volonté.
« Je Lui demandai [dit Luisa]: ‘Mon Amour, quel est mon tempérament, dis‑moi ?’ Il répondit : ‘L’âme qui vit dans ma Volonté perd son tempérament et acquiert le Mien. On trouve en elle un tempérament attrayant, plaisant, pénétrant, digne et d’une simplicité enfantine. En somme, elle me ressemble en tout. Elle domine son tempérament comme elle le veut et comme c’est nécessaire.’ » (24 février 1912)
« Dans mon tempérament [dit Jésus], il y a de nombreuses mélodies qui constituent le paradis des bienheureux : ma Douceur est musique, ma Bonté est musique, ma Sainteté est musique, ma Beauté est musique, ma Puissance, ma Sagesse, mon Immensité et tout le reste sont musique. Participant à toutes les qualités de mon tempérament, l’âme reçoit toute la variété de ces mélodies. En chacune de ses actions, elle joue une musique pour Moi qui, en l’entendant, reconnais aussitôt que la musique provient de ma Volonté, de mon tempérament, et Je m’empresse d’aller l’écouter. » (3 mars 1912).
La quête moderne, surtout la psychologie positive, est une quête de mieux être. Mais le christianisme va plus loin :
Jésus dit : « Ma fille, ils ne veulent pas comprendre que tout consiste à se donner à Moi et à faire ma Volonté en tout et toujours. Quand J’ai obtenu cela, Je stimule l’âme et Je lui dis : Ma fille, prends cette joie, ce réconfort, ce soulagement, ce rafraîchissement. Cependant, si l’âme prend ces choses avant de s’être donnée complètement à Moi et de faire ma Volonté en tout et toujours, il s’agit d’actes humains, tandis qu’après ce sont des actes divins. » (20 mars 1912).
Un autre jour, Jésus dit : « Plus une âme se regarde, plus elle devient humaine et plus elle ressent ses misères et devient misérable. Par contre, ne penser qu’à Moi, qu’à M’aimer, qu’à être totalement abandonné en Moi redresse l’âme et la fait grandir. Plus l’âme Me regarde, plus elle devient divine ; plus elle médite sur Moi, plus elle se sent riche, forte et courageuse. » (2 septembre 1912).
De nos jours, la connaissance de soi est mise à l’honneur. « En comprenant nos propres émotions et réactions, nous sommes mieux équipés pour communiquer de manière efficace et empathique. Cela peut conduire à des relations plus saines et plus épanouissantes ». De plus, « paradoxalement, en nous connaissant mieux nous-mêmes, nous pouvons également mieux comprendre les autres. Cela nous permet de développer de l’empathie et de la compassion, des qualités essentielles pour naviguer dans le monde interconnecté d’aujourd’hui »[12]. Pourtant, il semble qu’il manque quelque chose pour que la société aille vraiment mieux. Jésus dit à Luisa :
« Quand tu viendras te reconnaître en Moi, tu reconnaîtras aussi ton prochain en Moi. Et en voyant combien Je t’aime et combien J’aime ton prochain, tu t’élèveras au niveau du véritable Amour divin et, à l’intérieur et à l’extérieur de toi, tout se mettra dans l’ordre véritable qui est l’ordre divin.
Mais si tu essayes de te reconnaître en toi‑même, premièrement, tu ne te reconnaîtras pas vraiment parce qu’il te manquera la Lumière divine ; deuxièmement, tu trouveras tout sens dessus dessous : misères, faiblesses, noirceur, passions, et tout le reste. C’est le désordre que tu trouveras à l’intérieur et à l’extérieur de toi parce que toutes ces choses seront en guerre non seulement contre toi, mais aussi entre elles, pour savoir laquelle pourra te blesser le plus. Et imagine dans quel ordre elles te placeront par rapport à ton prochain.
Non seulement Je veux que tu te reconnaisses en Moi, mais, si tu veux te souvenir de toi, tu dois venir le faire en Moi. Autrement, si tu essayes de te rappeler de toi sans Moi, tu te feras plus de mal que de bien. » (2 novembre 1912).
L’intérêt pour la connaissance de soi n’a rien de nouveau.
Mort en 399 av. J.-C. à Athènes, Socrate disait déjà : « Connais-toi toi-même » (Phèdre 230a). Mort en 270 après J.-C., Plotin nous invite à réintégrer notre parenté ontologique avec le divin, au moyen d’une ascèse purificatrice. Pour lui, la véritable connaissance de soi est connaissance de ce qui est plus grand que soi, et effort pour s’en avoisiner (traités 49 et 53)[13]. Il semble reprend une idée chrétienne, mais elle est vidée de toute relation à Jésus-Christ qui est la source de la connaissance et de la grâce. On en reste donc à un simple effort personnel de vie vertueuse.
Saint Paul dit : « votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu : quand le Christ sera manifesté, lui qui est votre vie, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui pleins de gloire » (Col 3,3-4). Avec plus de précisions, Luisa voit deux escaliers, l’un d’or, l’autre de bois, et Jésus explique :
« Ma fille, celles qui vivent leur vie dans la mienne montent par l’escalier en or. […] Personne n’est capable d’atteindre leur hauteur parce qu’elles sont ma Vie même. Presque personne ne les connaît parce qu’elles sont cachées en Moi. Ce n’est qu’au Ciel qu’elles seront parfaitement connues.
Sur l’escalier de bois, il y a plus d’âmes. Ce sont les âmes qui passent par le chemin des vertus […]. Ces âmes sont courtes, presque décharnées, parce que des buts humains accompagnent leurs bonnes actions. Les buts humains ne produisent pas de croissance. Ces âmes sont connues de tous parce qu’elles ne sont pas cachées en Moi, mais plutôt en elles‑mêmes. » (25 novembre 1912).
Et un autre jour, Jésus dit : « Ma Volonté est la vie de tout ce que les créatures font de bien. L’âme qui meurt dans ma Volonté porte en elle toutes les Messes qui sont célébrées et toutes les prières et les bonnes actions qui sont faites, puisque ce sont là des fruits de ma Volonté. Néanmoins, cela est très peu comparé à l’œuvre même de ma Volonté que cette âme possède en propre. » (8 mars 1914).
Les fruits sur les branches et sur le tronc
« Ma fille, ceux qui M’aiment sont unis à Moi comme les branches au tronc d’un arbre. Peut‑il y avoir une séparation, un oubli ou une nourriture différente entre les branches et le tronc ? Ils ont la même vie, les mêmes buts, les mêmes fruits. Mieux encore, le tronc est la vie des branches et les branches sont la gloire du tronc. Ils sont pareils. C’est ainsi que les âmes qui M’aiment sont par rapport à Moi. » (28 février 1912).
Comme il est écrit :
« Je suis la Vigne, / et vous êtes les sarments.
Qui demeure en moi, / et moi en lui,
celui-ci produit / de nombreux fruits.
Parce que, sans moi, / vous n’êtes capables de rien faire. » (Jn 15,5 de l'araméen)
À l’inverse :
« Ma fille, l’âme qui ne fait pas ma Volonté n’a pas de raison de vivre sur la terre. Sa vie se retrouve sans but, sans moyens et sans issue. Elle est comme un arbre incapable de donner du fruit ou qui, au mieux, donne des fruits empoisonnés, qui l’empoisonnent elle‑même et empoisonnent ceux qui risquent imprudemment d’en manger ; un arbre qui ne fait rien d’autre que de voler le fermier qui bêche péniblement le sol autour de lui.
Ainsi, l’âme qui ne fait pas ma Volonté est portée à me voler constamment. Et ses vols se transforment en poison. Elle me vole les fruits de la Création, de la Rédemption et de la Sanctification. » (5 février 1913).
Comme il est écrit :
« 16 Cueille-t-on des raisins / sur des ronces[14],
ou des figues / sur des épineux toxiques[15] ?
17 Ainsi tout bon arbre / fait de beaux fruits,
mais l’arbre mauvais / fait de mauvais fruits[16].
18 Un bon arbre ne peut pas / faire de mauvais fruits,
ni un arbre mauvais / faire de bons fruits.
19 Tout arbre / qui ne fait pas de bons fruits,
est coupé / et il tombe au feu !
20 Donc c’est à leurs fruits / que vous les reconnaîtrez. » (Mt 7,16-20 de l'araméen)
« Mon toujours aimable Jésus ajouta : ‘As‑tu vu le bonheur des âmes qui vivent dans ma Volonté et comment mes œuvres ne se font que par elles ? L’âme qui vit dans ma Volonté se nourrit de Lumière, c’est‑à‑dire de Moi. Et, pendant qu’elle ne fait rien, elle fait tout. Quoi qu’elle pense, fasse ou dise, cela est l’effet de la nourriture qu’elle prend, c’est‑à‑dire le fruit de ma Volonté.’ » (16 mars 1913).
Un autre jour : « Ma fille, la pensée de ma Passion n’a jamais quitté ma chère Maman. À force de la répéter, elle s’en remplit complètement, elle fut toute remplie de Moi. La même chose arrive à l’âme : à force de penser à ce que J’ai souffert, elle en vient à se remplir de Moi. » (24 mars 1913)
Et encore : « Maintenant, ma fille, écoute quelque chose de très beau que les créatures n’ont pas encore compris. Tout ce que l’âme fait avec Moi et dans ma Volonté, est à Moi tout en restant aussi à elle. Par l’union de sa volonté avec ma Volonté, ce qu’elle fait participe à ma Puissance créatrice. » (21 septembre 1913).
Il faut évidemment garder ce que le thomisme avait défini : en raison de la pureté de son être, Dieu est séparé des choses limitées, et que l’énergie créatrice « ne peut être communiquée même pas par miracle à quelque nature finie » ; « aucun agent créé ne peut agir sur quelque être que ce soit si ce n’est par une motion reçue de la Cause première » (DS 3624). On peut cependant participer à la Puissance créatrice dans la mesure où notre personne, pauvre et petite, peut devenir la demeure de Dieu : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui » (Jn 14,23).
En Jésus, être Fils et Fille de Dieu par l’union des volontés
Déjà, le 7 avril 1899 (livre 2), alors que Luisa réconfortait Jésus, Jésus lui dit : « Je veux faire de toi un objet de ma complaisance ». L’expression mérite attention parce que les trois premiers Évangiles disent que Dieu « se complait » en Jésus (Mc 1,11 ; Mt 3,17 ; Lc 3,22). Le texte araméen (syriaque) donne :
« Et l’Esprit Saint descendit sur lui, / à la ressemblance d’un corps de colombe.
Et il y eut une voix du ciel, / qui dit :
Tu es mon fils bien-aimé, en toi je me suis complu [ber ḥabbīḇā dḇāḵ eṣṭḇīṯ] » (Lc 3,22).
« Tu es mon fils bien-aimé, en toi je me suis complu [eṣṭḇīṯ] » (Mc 1,11) ; eṣṭḇīṯ est la forme passive ou réfléchie du verbe vouloir ṣbā, qui signifie aimer, vouloir, se complaire en… La complaisance du Père dans son Fils est une union des volontés. Et Jésus désire que Luisa vive de cette même vie ! Certes, une créature restera toujours créature, et ce qui a eu un début dans le temps ne sera jamais de même nature que le Créateur du temps. Alors, comment la définir ? La volonté divine caractérise la « nature » divine. Dès lors, en vivant de la volonté divine, Luisa participe de l’union hypostatique et de la vie trinitaire. En elle s’accomplit la parole de l’Écriture : « Les précieuses, les plus grandes promesses nous ont été données, afin que vous deveniez ainsi participants de la divine nature » (2P 1,4). Ainsi, Jésus dit à Luisa :
« Ma fille… C’est ma Volonté qui, unie à l’amour, amène la véritable transformation en Dieu. L’âme est alors en contact continuel avec ma Puissance, ma Sainteté et tout ce que Je suis. On peut dire qu’elle est un autre Moi. Tout est précieux et sainteté en elle. On peut dire que même sa respiration ou le sol que touchent ses pieds sont précieux et saints, parce qu’il s’agit d’effets de ma Volonté.
Oh ! si tous connaissaient mon Amour et ma Volonté, ils arrêteraient de s’appuyer sur eux‑mêmes ou sur les autres ! Le soutien humain prendrait fin. Oh ! comme ils le trouveraient insignifiant et inconfortable ! Tous compteraient uniquement sur mon Amour. Et comme mon Amour est pur Esprit, ils s’y sentiraient parfaitement à l’aise. » (18 août 1912)
Et aussi : « Celui qui vit dans ma Volonté illustre de façon saisissante le fait que, pendant ma Vie sur la terre, tandis que Je me présentais extérieurement comme un Homme, dans le même temps J’étais toujours le Fils bien‑aimé de mon cher Père. De la même manière, l’âme qui vit dans ma Volonté conserve extérieurement l’apparence de l’humanité. Mais au-dedans se trouve ma Personne, inséparable comme Moi, dans l’Amour et dans la Volonté, de la très Sainte Trinité. Ainsi la Divinité dit : Voilà une autre fille que nous gardons sur terre. Par Amour pour elle, nous soutenons la Terre parce qu’elle nous remplace en tout. » (2 avril 1913).
Et encore :
« Si tu veux me dire : Je t’adore, je te bénis, je te loue, je te remercie, tu le diras unie à ma Volonté. Et ta prière remplira le Ciel et la terre d’adoration, de bénédictions, de louanges et de remerciements. » (2 octobre 1913).
Et même : « Ma Volonté est si grande que quiconque vit en elle peut se dire Dieu de la terre » (27 novembre 1913). Au jardin de la Genèse, quand le tentateur dit à Éve : « vous serez comme des dieux » (Gn 3,5), il ne dévoile rien de nouveau. Créée à son image (Gn 1,26-27), Éve se savait par nature promise à devenir comme Dieu. La tentation porte sur les moyens, non pas sur le terme[17]. Et Jésus, quand on lui reproche de blasphémer parce qu’il dit « je suis Fils de Dieu », répond :
« 37 Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, / ne me croyez pas !
38 Si je [les] fais, en revanche, / quand bien même vous ne me croiriez pas en moi,
à ces œuvres, / croyez-y,
afin que vous connaissiez / et croyiez
que le Père est en moi / et moi dans le Père ! » (Jn 10,37-38 Pshitta).
Et Jésus dit à Luisa :
« Nos œuvres intérieures étaient, sont et seront toujours en action. Par son union intime avec notre Volonté, l’âme se trouve donc déjà en Nous. Elle admire, contemple, aime et prend plaisir. Elle prend part à notre Amour, à nos délices et à tout le reste. Par conséquent, pourquoi serait‑il inapproprié de dire que l’âme qui vit dans ma Volonté prend part à nos œuvres intérieures ? » (29 juin 1914).
Et encore : « Comment expliquer les paroles ‘ Faisons l’homme à Notre image et à Notre ressemblance’ que Je prononçai en créant l’homme ? Comment la créature, si incapable, peut‑elle être à mon image et à ma ressemblance ? C’est seulement en passant par ma Volonté qu’elle peut arriver à cela, car, en faisant sienne ma Volonté, elle en vient à agir d’une manière divine. Par la répétition d’actes divins, elle en vient à me ressembler, à être une image parfaite de Moi. C’est comme pour un enfant qui, en répétant les actes qu’il observe chez son professeur, devient comme lui. La seule chose qui puisse amener la créature à devenir comme Moi, c’est ma Volonté. Voilà pourquoi J’ai tant d’intérêt à ce que la créature fasse sienne ma Volonté, puisque c’est seulement ainsi qu’elle pourra accomplir le véritable but dans lequel elle fut créée. » (24 août 1915).
La vie cachée de Jésus
Le récit inaugural du livre 11 est rythmé sur une journée : « bonsoir Jésus », « bonjour » Jésus, et « au crépuscule ». Il s’agit de la sanctification du quotidien. Jésus dit à Luisa : « L’âme devait reposer dans ma Volonté, ma sainteté, mon amour, ma beauté, ma puissance, etc., toutes choses qui donnent le vrai repos. […] Je fis le choix de dormir dans le but de donner satisfaction au Père pour le repos que les créatures ne prennent pas en Lui. Pendant que Je dormais, J’obtenais du vrai repos pour tous et J’invitais chaque cœur à renoncer au péché. » Et Jésus parle de l’importance des petits actes qui remplissent nos journées : « Tout comme notre corps ne peut vivre sans nourriture, notre âme a besoin de la nourriture de petits actes, pour devenir sainte. » (10 janvier 1917).
Les Pères de l’Église enseignaient « que le Seigneur a assumé un corps et une âme, afin de sauver les deux, de guérir l’homme entier tel qu’il l’avait créé ».[18]
Le Christ est rédempteur dans tous les actes de sa vie, donc pas seulement au Calvaire, déjà à Nazareth. Alors que les missionnaires cherchaient traditionnellement à prêcher, à l’image de la vie publique de Jésus, Charles de Foucauld (canonisé en 2022) veut développer un apostolat discret, en imitant « la vie cachée de l’humble et pauvre ouvrier de Nazareth ». Pour cela, il commença par entrer à la Trappe, puis il vécut à Nazareth, dans le jardin des Clarisses, et, finalement, il acquiert la conviction que cette vie de Nazareth peut se vivre partout[19] ; il mourut le 1er décembre 1916 à Tamanrasset, en Algérie française, après avoir noté en 1912 que si la France oubliait « la fraternité écrite sur nos murs » et ne désirait que l’« exploitation » des peuples colonisés, alors « l’union que nous leur avons donnée se retournera contre nous, et ils nous jetteront à la mer à la première difficulté européenne »[20].
Saint Charles de Foucauld a laissé cette prière inoubliable :
« Mon Père, je me remets entre Vos mains ; mon Père je me confie à Vous, mon Père, je m’abandonne à Vous ; mon Père, faites de moi ce qu’Il Vous plaira ; quoi que Vous fassiez de moi, je Vous remercie ; merci de tout, je suis prêt à tout : j’accepte tout : je Vous remercie de tout ; pourvu que Votre volonté se fasse en moi, mon Dieu, pourvu que Votre Volonté se fasse en toutes Vos créatures, en tous Vos enfants, en tous ceux que Votre Cœur aime, je ne désire rien d’autre mon Dieu ; je remets mon âme entre Vos mains ; je Vous la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je Vous aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre en Vos mains sans mesure : je me remets entre Vos mains, avec une infinie confiance, car Vous êtes mon Père. »[21]
À la même époque, Jésus intéressait aussi Luisa à sa vie cachée, moins d’un point de vue humain (la vie à Nazareth, l’objectivité d’une vie de silence et de discrétion) que du point de vue divin de ses activités intérieures :
« Durant ma vie cachée, J’étais victime pour tout l’intérieur de l’homme, de sorte que Je réparai pour ses mauvais désirs, pensées, tendances et affections. Ce que l’homme fait extérieurement n’est autre que l’expression de son intérieur. Si autant de mal peut se voir à l’extérieur, qu’en est‑il à l’intérieur ? Réparer pour l’intérieur de l’homme me coûta très cher. Il me fallut le faire durant trente ans. Mes pensées, mes battements de cœur, mes respirations et mes désirs étaient toujours rattachés aux pensées, aux battements de cœur, aux respirations et aux désirs de l’homme afin de faire réparation pour ses actes répréhensibles et de les sanctifier. » (8 mars 1912)
« Ma Fille, ma vie cachée de Nazareth n’est pas considérée par les hommes. Cependant, hormis ma Passion, Je ne pouvais leur faire un plus grand don. En m’abaissant à tous ces petits gestes que les hommes doivent faire quotidiennement comme manger, dormir, boire, travailler, allumer le feu, balayer, Je mettais dans leurs mains des petites pièces de monnaie divine d’une valeur inestimable. Si ma Passion les a rachetés, ma vie cachée a attaché à leurs actes, même les plus anodins, des mérites divins d’une valeur infinie. Vois‑tu ? Quand tu travailles et que tu travailles parce que je travaille, mes doigts coulent dans les tiens. Pendant que Je travaille avec toi, à ce moment même, mes mains créatrices répandent beaucoup de lumière dans le monde. Combien d’âmes J’interpelle ! Combien d’autres Je sanctifie, corrige, châtie, etc. ! Et tu es avec Moi, créant, interpellant, corrigeant, et ainsi de suite. Tout comme tu n’es pas seule en cela, Moi non plus Je ne suis pas seul dans mon travail. Puis‑je te faire un plus grand honneur ? »
Qui pourrait dire tout ce que je compris : tout le bien qu’on peut se faire à soi‑même et qu’on peut faire aux autres quand on fait les choses comme si c’était Jésus qui les faisait avec nous ? Mon esprit se perd et, par conséquent, je m’arrête ici. » (14 août 1912).
Achevons ce chapitre avec Marie. « La Bienheureuse Vierge Marie, Reine des Apôtres, est l’exemple parfait de cette vie semblable à celle de tous, remplie par les soins et les labeurs familiaux, Marie demeurait toujours intimement unie à son Fils et coopérait à l’œuvre du Sauveur à un titre absolument unique. »[22] Et Jésus dit à Luisa : « En venant sur la terre, je ne pouvais pas être sans le Ciel, et mon Ciel était ma Maman. Il y avait une sorte d’électricité entre elle et Moi, de sorte qu’elle n’avait aucune pensée qu’elle ne tirait de mon esprit. […] Oh ! comme je jouissais dans ce Ciel ! » (9 mai 1913).
Excursus sur l’électricité
L’image de l’électricité revient plusieurs fois dans ce livre 11. Cette comparaison souligne que la Révélation biblique, la prophétie ou les motions divines, ne sont pas une « autosuggestion » ni la « superstructure » produite par la société humaine, mais qu’il y a une communication, mystérieuse mais réelle, entre le Créateur et la créature.
Ce n’est pas pour autant une communication matérielle contrôlable comme le serait une force électrique ou un champ magnétique.
Depuis Coulomb (1785), les forces électriques ont été décrites comme des interactions directes entre charges. Cette vision d’« action instantanée » est abandonnée avec Maxwell (1864), qui montre que les interactions électromagnétiques passent par des champs (structures physiques qui transportent l’influence), et se propagent à une vitesse finie, identifiée comme celle de la lumière. La relativité d’Einstein (1905) fixe définitivement cette limite : aucune information causale (capable de produire un effet contrôlable) ne peut se propager plus vite que c.
À l’échelle des particules, l’intrication quantique (Einstein–Podolsky–Rosen, 1935 ; expériences d’Aspect, 1982) montre des corrélations instantanées entre particules séparées. Deux particules intriquées sont liées par un fil invisible. Quand l’une bouge, l’autre ressent, instantanément. On ne peut pas utiliser cette connexion (théorème de non-signalisation des années 1980), comme on ne peut cueillir le fruit défendu : elle existe, elle parle peut-être de révélation ou d’inspiration, mais elle ne se laisse pas contrôler. Même dans l’étrangeté du monde quantique, le lien demeure mystérieux et libre.
À l’échelle cosmique : il faut environ 100 à 150 000 ans à la lumière pour traverser la Voie lactée, donc, à cette échelle, le transport d’influence est extrêmement lent. Pourtant, Halton Arp a publié de nombreuses observations (notamment 1966, Atlas of Peculiar Galaxies) pointant des anomalies et des associations atypiques qui remettent en question l’interprétation standard des « red-shifts » (décalage spectral) utilisés comme indicateurs de distance ou de vitesse. Cependant, il ne va pas jusqu’à parler d’une communication plus rapide que la lumière ni d’un cadre quantique établi à l’échelle cosmique. Il y a un vide conceptuel.
Ne forçons donc pas les images de Luisa, mais sachons les accueillir.
Les 24 heures de la Passion
Le récit inaugural du livre 11 est rythmé sur 24 heures : « bonsoir Jésus », « bonjour » Jésus, et « au crépuscule ». Or, dans ce même livre, Luisa nous parle à plusieurs reprises de la méthode qu’elle a reçue de Jésus, dans laquelle on médite et vit les 24 Heures de la Passion pour tenir compagnie à Jésus avec notre amour, avec notre réparation et avec notre gratitude.
Notons que dans l’évangile selon saint Luc, le récitatif de la Passion (Lc 22,1 à 23,56) forme un « collier » très particulier de 24 perles et ce chiffre suggère qu’il ait été conçu pour être récité dans une méditation priante sur 24 heures (qui commencent avec l’Eucharistie). Luc l’a probablement recueilli de l’entourage de la Vierge Marie. Dans la composition de l’évangile, qui a une structure orale en « pendentif », il est introduit dans le collier compteur par les tentations du Christ au désert (Lc 4,1-15).[23]
Quelques mois après la mort de Jésus, le grand prêtre Caïphe, craint que le sang du Christ ne soit une malédiction (Ac 5,28), mais le sang du Christ n’est jamais une malédiction, même pour ceux qui ont crucifié Jésus. Simplement leur refus de croire et leur endurcissement qui retombent sur leurs auteurs. Et c’est encore malheureusement vrai de nos jours. Le monde est devenu « déséquilibré » parce qu’il a perdu la pensée de la Passion, « il a perdu la lumière » qui lui aurait fait connaître l’amour du Christ, « la force » de sa passion qui l’aurait soutenu, la « sainteté qui lui aurait inspiré la haine du péché » (2 février 1917).
Lors de la deuxième arrestation des apôtres par le sanhédrin, Pierre répond avec les apôtres : « Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice. C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé, en faisant de lui le Prince et le Sauveur » (Ac 5,30-31). Jésus est le chef, le prince, « rišā », c’est la même racine sémitique que dans la Genèse, en hébreu, au commencement « bereshit ». En effet, quand il fut pendu sur le bois de la croix, Jésus a rétabli l’amour à son juste niveau. Dire qu’il est le principe [rišā], cela signifie qu’en méditant la Passion du Christ, l’âme « s’empare » des pensées du Christ, de ses réparations, de ses prières, de ses désirs, de ses affections et même de ses fibres les plus intimes. Et elle les fait siens. Elle répare avec Jésus. Et comme Jésus est ressuscité, on peut dire aussi que Jésus s’unit à la personne qui médite sa passion en la réactualisant (cf. Livre du Ciel du 4 et 6 novembre 1914).
Saint Pierre dit : « C’est lui que Dieu a exalté par sa droite, le faisant Chef [rīšā : Prince, principe] et Sauveur [maḥyānā : celui qui donne vie], afin d’accorder par lui à Israël la repentance [tyābbūṯā : la pénitence] et la rémission des péchés » (Actes 5,31).
Quant à nous, continue saint Pierre, « nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent [damhaymnīn bēh : ceux qui lui font confiance, ceux qui croient en lui] » (Ac 5,32). L’Esprit Saint est donné à ceux qui croient, mais la notion de foi dans les langues sémitiques ne se réduit pas à une croyance en une idée, c’est beaucoup plus concret, on s’appuie sur le Christ en engageant toute notre vie. C’est pourquoi on peut aussi entendre la traduction latine ou grecque qui donne « à ceux qui lui obéissent ».
En cela, la mère de Jésus a été la première. Et le concile Vatican II dit : « Elle apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’Ordre de la grâce, notre Mère » (Vatican II, Lumen gentium 61). Luisa raconte : « Je sentis la Reine Maman près de moi et elle me dit : ‘Ma fille, prie.’ Je lui répondis : ‘Ma Maman, prions ensemble car, seule, je ne sais pas prier’. Elle poursuivit : ‘Les prières les plus puissantes sur le Cœur de mon Fils sont celles faites en se revêtant de ce que Jésus fit et souffrit’. » (3 août 1916).
C’est ainsi que, « après avoir fait fouetter les Apôtres, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis ils les relâchèrent. Quant à eux, quittant le Conseil suprême, ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus. » (Ac 5,40-41). Cette joie vient du fait qu’à travers les coups de fouets, les apôtres ont pu se revêtir d’un épisode de la Passion de Jésus, et se faisant, participer à la beauté du sacrifice du Christ et à son œuvre de Rédemption pour le salut du monde.
Tout comme au désert des tentations ou sur le calvaire Jésus n’a fait aucun miracle pour lui-même, de la même façon, quand on s’unit au Christ dans sa Passion et dans sa volonté, on finit par ne plus demander plus pour soi-même. Par exemple, un jour où Luisa souffre et demande pour elle-même, Jésus lui répond : « Je place dans la même condition que Moi les âmes qui veulent vraiment faire ma Volonté. Ces âmes ne font qu’un avec Moi. Je les rends maîtresses de mes biens parce qu’il n’y a pas d’esclavage dans ma Volonté : ce qui est à Moi est à elles. Ce que Je veux, elles le veulent. Donc, si une âme ressent le besoin de quelque chose pour elle, cela signifie qu’elle n’est pas réellement dans ma Volonté ou, à tout le moins, qu’elle régresse, exactement comme tu le fais actuellement. » (1e novembre 1912).
Comme je l’explique dans mon livre sur l’évangile selon saint Luc, le récit de la Passion est rattaché au récit des tentations au désert. La présence d’un ange lors de l’agonie de Jésus au Mont des oliviers a rapport avec la lutte de Jésus contre l’ange révolté contre Dieu, Satan. Puisqu’un ange (déchu) fut la cause de la ruine, il convenait qu’un ange collabore à la Rédemption (Lc 22,43). Tombe alors l’argumentaire de Julien l’apostat contre Jésus, « pauvre hère, incapable de supporter les revers, et c’est un ange qui le fortifie, lui un dieu ! [24]» Rigoureusement parlant, Jésus n’a pas besoin d’un ange pour le fortifier, mais Jésus a toujours accepté et désiré la participation des créatures, que ce soit sa mère, ses disciples ou un ange.
Jésus dit à Luisa : « Ma fille, pendant ma vie terrestre, des milliers et des milliers d’anges accompagnaient mon Humanité. Ils recueillaient tout ce que Je faisais : mes pas, mes œuvres, mes paroles, mes soupirs, mes peines, les gouttes de mon sang, etc. Ils me donnaient des honneurs. Ils obéissaient à tous mes désirs. Et ils montaient au Ciel et en redescendaient pour apporter au Père tout ce que Je faisais. Ces anges ont une mission particulière : quand une âme se remémore ma Vie, ma Passion, mon Sang, mes Plaies, mes prières, etc., ils viennent auprès de cette âme et ils recueillent ses paroles, ses prières, sa compassion, ses larmes, ses offrandes, etc., ils les unissent aux miens et les apportent devant ma Majesté pour renouveler ma gloire. Avec révérence, ils écoutent ce que les âmes disent et ils prient avec elles. Par conséquent, avec quelle attention et quel respect les âmes doivent‑elles prier les Heures de la Passion, sachant que les anges sont suspendus à leurs lèvres pour répéter ce qu’elles disent ! » (13 octobre 1916).
Le récit inaugural du livre 12 parlera encore des « Heures de la Passion », de sorte que les deux livres s’enfilent.
Structure quaternaire de la vie dans la divine volonté
Depuis l’époque moderne, une certaine pensée craint que Dieu s’oppose à l’homme comme 1 s’oppose à 0, et alors il vaudrait mieux choisir l’homme contre Dieu, et l’on aboutit à l’athéisme contemporain. Mais telle n’est pas la vérité sur l’homme, ni sur Dieu.
Le récit inaugural de livre 11, commence par un « bonsoir Jésus… bonjour Jésus », ce qui évoque le « Il y eut un soir, il y eut un matin » du récit de la création (Gn 1,5.8 etc). Dans la Bible, Dieu parle à l’homme, révélant par des images son dessein créateur.
« Au principe, Dieu créa le ciel et la terre. Et la terre était Tohu waBohu et des ténèbres étaient sur les faces de l’abîme et le souffle de la divinité s’agitait à la surface des eaux » (Gn 1,1-2)[25].
L’ordre peut être représenté par les cieux où les étoiles sont chacune à leur place, le travail humain est représenté par la terre. L’intériorité humaine est représentée par la mer parce que la vie qu’elle contient est cachée, et la source qui la renouvelle est représentée par « l’abîme recouvert de ténèbres », inconnaissable s’il n’était pas révélé Gn 1,1-2 décrit ainsi une anthropologie à quatre dimensions concomitantes.
« Tout comme Je garde toutes choses ordonnées pour la créature, celle‑ci doit tout ordonner pour Moi et en Moi. » (23 avril 1912). Cet ordre est représenté par les cieux qui sont associés à la terre : « tout comme la terre serait en grand désordre sans le ciel au‑dessus d’elle, l’âme est en grand désordre sans ma Volonté. » (3 avril 1915). La vie sur la terre (la réalité contingente) est un mélange d’ordre et de liberté, mais ce n’est pas un grand désordre. La terre est « Tohu wa-Bohu » : de quoi s’agit-il ? En Isaïe 34,11, il est dit que « le Seigneur étend sur le pays le cordeau (pour mesurer) le Tohu et les pierres de Bohu » : on mesure le cordeau pour une future construction. Le « Tohu bohu » est un mélange d’ordre (la construction et ses mesures) et de potentialité (les pierres potentiellement utilisées qui sont sur un terrain encore chaotique).
Les eaux primordiales de la Genèse (Gn 1,2) sont riches de « potentialités », et elles cachent la vie qu’elles contiennent. Luisa est libre de prier, de travailler, et elle a aussi une liberté dans sa manière de souffrir. La prière, le travail et la souffrance contiennent des potentialités d’autant plus grandes que l’on vit selon le projet du créateur et que l’on s’unit à Jésus qui a prié, travaillé et souffert « Ainsi, tu t’empareras des trois aspects essentiels de ma Vie et d’immenses mers de Grâces sortiront de toi et se déverseront pour le bien de tous. Ta vie sera non pas comme la tienne, mais comme la mienne. » (10 décembre 1915).
Enfin, pour qu’il y ait « Vie » dans l’être humain, il faut qu’il y ait l’instauration d’une nouveauté, sinon, ce seraient toujours les mêmes informations et les mêmes affects, et l’homme régresserait au niveau de l’ordinateur ou de l’animal. Le début de la Genèse parle d’un abîme (tehom) recouvert de ténèbres (Gn 1,2), inconnaissable si Dieu ne le révèle pas, c’est la Divine Volonté en sa source[26] :
« Je vis en esprit une machine contenant d’innombrables fontaines qui lançaient des vagues d’Eau, de Lumière et de Feu. Ces vagues s’élevaient vers le Ciel et se répandaient ensuite sur toutes les créatures. Toutes les créatures en étaient inondées, à la différence que ces vagues pénétraient en certaines créatures et restaient à l’extérieur des autres. Mon toujours aimable Jésus me dit : ‘Je suis cette machine. Mon amour maintient cette machine en action afin qu’elle déverse ses vagues sur tous, mais elles ne pénètrent qu’en ceux qui m’aiment, qui sont vides et qui veulent recevoir ces vagues. Quant aux autres, ils sont juste touchés par ces vagues afin de les disposer à recevoir un si grand bien. Les âmes qui font ma Volonté et vivent en elle se trouvent dans la machine elle‑même. Et, puisqu’elles vivent en Moi, elles peuvent disposer des vagues pour le bien des autres, ces vagues étant tantôt lumière qui illumine, tantôt feu qui enflamme, tantôt eau qui purifie.» (5 décembre 1916).
Contrairement à l’approche 0/1, l’approche quaternaire n’identifiera jamais la Divinité avec l’ordre (la loi). C’est n’avoir rien compris que de penser que le catholicisme serait « une religion d’oppression » comme l’a dit Vincent Peillon[27].
[1] Roger VITTOZ, Traitement des psychonévroses par la rééducation du contrôle cérébral, Desclée de Brouwer, groupe Artège,2016 (première édition 1907), p. 84
[2] Roger VITTOZ, Traitement… op. cit. p. 91
[3] Roger VITTOZ, Traitement… op. cit. p. 91
[4] Saint THOMAS D’AQUIN, I-II Prima Secundae Qu.17 a.5, r
[5] Roger VITTOZ, Traitement… op. cit. p. 90-91
[6] Résumé de Roger VITTOZ, Traitement op.cit., p. 78-81
[7] Saint JEAN de la croix, La Nuit obscure, Nuit obscure des sens, chapitre XIII, Œuvres spirituelles de saint Jean de la Croix. Seuil,1947, p. 539
[8] Saint JEAN DE LA CROIX, La montée du carmel, II,3
[9] Michel CARROUGES, André Breton et les données fondamentales du surréalisme, Paris, Gallimard 1950, p. 177
[10] Roger VITTOZ, Traitement des psychonévroses par la rééducation du contrôle cérébral, Desclée de Brouwer, groupe Artège,2016 (première édition 1907), p. 77
[11] Roger VITTOZ, Traitement… Op. Cit. p. 117
[13] G. AUBRY, Conscience, pensée et connaissance de soi selon Plotin : le double héritage de l’Alcibiade et du Charmide dans « Etudes platoniciennes » n°4 année 2007, p. 163-181
[14] kūbbe : des ronces comme celles qui étouffent le grain dans la parabole de la semence (Mt 13,7).
[15] qūrṭbbe : il s’agit d’un grand buisson épineux qui donne des fleurs et des fruits vénéneux (Alichoran). C donne « chardons [dardre] ».
[16] SyrC omet « Ainsi » et « mais »
[17] J-L. BRUGUÈS, Précis de théologie morale générale, Paris, Parole et Silence,2017, note 6, p. 22
[18] St JEROME, Tractatus sive homiliae in psalmos sur le psaume 108
[19] Alain VIRCONDELET, Charles de Foucauld, comme un agneau parmi des loups, Monaco, Le Rocher (éditions), septembre 1997,364 p. 287
[20] Christiane RANCÉ, « Les mille vies de Charles de Foucauld, canonisé par le pape François : héritier débauché, officier, explorateur, prêtre [archive] », sur lemonde.fr,15 mai 2022 (consulté le 17 mai 2022).
[21] Jean-François SIX, Charles de Foucauld autrement, Desclée de Brouwer, coll. « Biographie », octobre 2008, p. 216
[22] VATICAN II, Décret sur l’apostolat des laïc, Apostolicam Actuositatem,4
[23] F. BREYNAERT, L’évangile selon saint Luc, un collier d’oralité en pendentif en lien avec le calendrier synagogal. Imprimatur (Paris). Préface Mgr Mirkis (Irak). Parole et Silence,2024. (472 pages).
[24] L’empereur JULIEN, Contre les Galiléens. Une imprécation contre le christianisme, introd. Trad. Et comm. C. Gérard, Bruxelles,1995, p. 72.
[25] Traduction de Jean-François FROGER, Le livre de la création, Editions les Grégoriennes,2017, p. 41
[26] Cette dernière catégorie n’a pas de place dans la pensée aristotélicienne, quoique ce grand philosophe ait entrevu quelque chose comme une « matière première informe », totalement inconnaissable.
Date de dernière mise à jour : 06/05/2026