Livre 8 Le saint abandon

Récit inaugural (23 juin 1907), « dans la Volonté de Dieu »

Un saint abandon sans déviation

Aucune aridité ni aucune tentation ne cohabitent avec la Divine Volonté

Ce qui est à Moi est à toi

La grâce comparée au courant électrique

Le « rien », le « néant »

La foi en la providence

Récit inaugural (23 juin 1907), « dans la Volonté de Dieu »

Ce récit inaugural comporte une expression « dans la Volonté de Dieu » que nous retrouverons ensuite très souvent sous la forme « dans la divine volonté ». Cette expression s’inscrit dans le prolongement de « L’Itinéraire de l’âme vers Dieu », un ouvrage de saint Bonaventure, composé au cours de l’année 1259, après une extase mystique lors d’une promenade sur le mont Alverne où saint François d’Assise reçut les stigmates. Chaque moment de l’itinéraire est séparé en « par » accessible par nos seules facultés et « dans », uniquement accessible par la conversion de ces facultés par Dieu. Le « par » représente un mouvement ascendant (montée de l’âme vers Dieu) et le « dans » représente un moment descendant (Dieu vers l’homme).

Le saint abandon, déjà enseigné par les spirituels contemporains de Luisa, conduit à un don incommensurable, le don de vivre « dans » la divine volonté, et c’est ce dernier point qui a une saveur si nouvelle dans les écrits de Luisa.

« Je me trouvais dans mon état habituel. Jésus béni n’était pas venu. Je me demandais quel était l’acte qui plairait le plus au Seigneur et qui l’inciterait le plus à venir : le regret de mes péchés ou la soumission patiente ? Pendant que j’entretenais ces pensées, il vint brièvement et Il me dit :

– Ma fille, l’acte le plus beau et qui me plaît le plus, c’est l’abandon total dans ma Volonté, l’abandon tel que l’âme oublie que son être existe, alors que tout en elle est Divine Volonté. Même si le chagrin pour les péchés est louable, il ne détruit pas l’être propre de la personne. Mais s’abandonner complètement à ma Volonté détruit l’être propre et l’amène à reprendre possession de l’Être divin. En s’abandonnant dans ma Volonté, l’âme me donne plus d’honneur parce qu’elle me donne tout ce que je peux demander à la créature et elle me permet de reprendre en moi ce qui est sorti de moi. L’âme en vient ainsi à retrouver la seule chose qu’elle doit posséder, c’est‑à‑dire Dieu avec tout ce qu’Il possède. Tant qu’elle demeure totalement dans la Volonté de Dieu, l’âme possède Dieu. Si elle quitte ma Volonté, elle retrouve son propre être avec tous les maux de la nature corrompue. » (23 juin 1907)

« Le chagrin pour les péchés est louable », car il est une nostalgie de Dieu, un secret désir de Dieu. Le jour de sa vocation (Is 6,1-8), Isaïe s’écria : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! » (Is 6,5). Et un séraphin purifia ses lèvres.

Saint Paul rappelle avec confusion : « j’ai persécuté l’Église de Dieu », et il confesse avec amour : « Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile » (1 Co 15,9-10). Et « ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi. » (Ga 2,20).

Dans ses Exercices spirituels (note 4), saint Ignace de Loyola explique que, si l’âme a déjà beaucoup progressé, l’ennemi n’arrivant plus à faire tomber l’âme, il affine l’âme à l’excès, alors elle n’arrive plus à prendre aucune initiative. À l’inverse, si l’âme est grossière, le démon lui cache des péchés évidents. Luisa se trouve dans le premier cas. Pour son progrès spirituel, Jésus lui parle alors de l’abandon à la Volonté de Dieu, c’est une affaire d’amitié !

L’Église a enseigné un tel abandon. D’abord, il s’agit de mettre le plus grand zèle à fuir le péché ; mais si la faute arrive, alors « que notre repentance soit forte, rassise, constante, tranquille, mais non turbulente, non inquiète, non découragée »[1].

Il existe un art chrétien d’utiliser nos fautes « de manière à nous enfoncer dans l’humilité confiante et paisible […] l’humilité nourrit la componction du cœur, stimule l’activité spirituelle, et rend miséricordieux pour les autres ».[2] N’est-ce pas ce qui advint pour saint Pierre lui-même après son reniement ?

Le péché ou nos imprudences peuvent avoir des suites, par exemple une atteinte à notre réputation, un dérangement dans notre santé, de pénibles anxiétés. C’est alors qu’il faut dire et redire le Fiat d’un parfait abandon ; il faut même s’efforcer d’arriver jusqu’à l’action de grâce, et d’ajouter au Fiat le Gloria Patri[3]. Une seule épreuve, ainsi acceptée, fait faire à une âme plus de progrès que de nombreux actes de vertus »[4].

Le 8e livre du Ciel offre des harmoniques sur le saint abandon.

Un saint abandon sans déviation

Don Vital Lehodey nous offre une distinction très pédagogique :

« Pour les événements du bon plaisir divin, l’abandon est tout indiqué. Il consiste, en effet, dans une attente paisible et confiante, tant que la volonté de Dieu ne s’est pas déclarée, et dans un amoureux acquiescement dès qu’elle se fait jour […] Et dès lors que les événements ne sont pas en notre pouvoir, une attente paisible et soumise n’a rien de quiétiste, elle s’impose même, – sauf ce que nous avons dit ailleurs de la prudence, de la prière et des efforts dans l’abandon.

Tout autre devra être notre attitude devant la volonté de Dieu signifiée. Il nous a clairement déclaré qu’il veut et entend telles et telles choses soient crues, espérées, craintes, aimées et pratiquées. Nous le savons. Et par là même nous n’avons plus le droit d’être indifférents à les vouloir ou ne les vouloir pas. Comme il nous a manifesté sa volonté d’avance, une fois pour toutes, il n’y a pas sujet d’attendre qu’il l’explique à nouveau pour chaque cas particulier. Les choses dont il s’agit relève de notre libre arbitre ; c’est à nous d’agir avec la grâce, par notre propre détermination »[5].

Autrement dit, il faut écarter deux erreurs graves qui se sont développées au XVIIe siècle.

La première est celle de Jansenius. Ce dernier semble hypnotisé par l’image biblique de l’argile dans la main du potier et diffuse l’idée d’un Dieu qui pourrait agir dans l’âme sans coopération de cette âme, sans même sa volonté. Quel Dieu d’amour ? Et en corollaire, le jansénisme ronge la vie spirituelle par les scrupules.

L’autre erreur est le quiétisme, qui vise un état de quiétude passive et confiante ; on se résigne au péché, on néglige la connaissance issue des saintes images et des lectures. L’idée de la perfection est réduite à la jouissance ici-bas d’une paix sans scrupules ni culpabilité[6].

De manière admirable, le livre du Ciel évite tout à la fois les scrupules issus de la première erreur et le laxisme issu de la seconde.

« Ma bonté est si grande que ceux qui me font connaître comme étant sévère, exigeant et rigoureux sont très fautifs. Oh ! quel affront ils font à mon amour ! Je ne demanderai pas de comptes autres que ceux correspondant au petit champ que J’aurai confié à l’âme. Je ne demanderai de comptes à l’âme que pour la récompenser selon sa récolte.

Je récompenserai l’âme par rapport à son intelligence : plus elle m’aura compris pendant sa vie terrestre, plus elle me comprendra dans le Ciel, et plus elle me comprendra, plus elle sera inondée de joie et de béatitude. Je donnerai à sa bouche les diverses saveurs divines et sa voix s’harmonisera avec celle de tous les autres bienheureux. Je lui donnerai mes dons pour tous les actes accomplis, et ainsi de suite. » (23 août 1908)

Souvenons-nous, dans le livre 5, Luisa voyait l’Église comme une dame infirme sur un lit dont la tête devait toucher le Ciel, elle disait : « Je me concentrais à tenir fermement la tête du lit de peur qu’un mouvement du lit puisse causer la mort de la dame [l’Église]. » (24 octobre 1903). Le mouvement du lit représente une déviation par rapport au but.

Une pastorale qui exacerbe les scrupules fait rater le but d’une vie chrétienne : la personne se concentre sur soi-même et non pas sur la présence divine qui accompagne son existence. Pour aider l’Église à ne pas dévier, Jésus dit à Luisa : « Ma Volonté est toujours sainte et l’âme qui vit en Elle est déjà sainte. Elle jouit de ma Volonté, s’en nourrit, et pense à tout ce qu’Elle contient, même si, dans le passé, cette âme a pu commettre des fautes. Parce qu’elle se trouve dans la Beauté, la Sainteté et l’Immensité de ma Volonté, elle oublie la laideur de son passé et elle ne pense qu’au présent, à moins qu’elle ne quitte ma Volonté. Dans ce cas, parce qu’elle est revenue dans son être, il n’est pas surprenant qu’elle se souvienne de ses péchés et de ses misères. Garde bien dans ton esprit que, dans ma Volonté, ces pensées de péchés et de soi‑même ne peuvent entrer. Si l’âme les ressent, cela signifie qu’elle n’est pas stable et bien fixée en Moi, mais qu’elle Me quitte parfois. » (1er juillet 1907).

La dame Église existe dans une relation d’Alliance avec Dieu, Jean-Baptiste la désignait comme « l’épouse » du Christ (Jn 3,29). Luisa doit aider la « dame Église » à ne pas dévier, et le livre du Ciel parle de cette Alliance : « Il suffit que Je te dise qu’il y a au Paradis une telle union et une telle proximité que le Créateur est l’orgue et la créature le son, le Créateur le soleil et la créature les rayons, le Créateur la fleur et la créature le parfum. Peut‑on y vivre l’un sans l’autre ? Non, certainement pas ! Penses‑tu que Je ne tienne pas compte de tous tes actes intérieurs et de toutes tes souffrances ? Comment le pourrais‑Je, puisqu’ils proviennent de Moi‑même et ne font qu’un avec Moi ? » (21 novembre 1907). Et encore : « Si l’âme s’est totalement donnée à Moi, puisqu’elle est totalement mienne, Je sais comment garder sous bonne garde mon cadeau. » (23 novembre 1907).

Le saint abandon est un moyen, ce n’est pas le but. Le saint abandon apaise, il produit une quiétude. Mais le quiétisme prend cette quiétude comme un but à rechercher pour lui-même : c’est une autre déviation qui fait tout autant rater à la « dame Église » le but de son existence !

Dans les écrits de Luisa, le but n’est pas la tranquillité prise pour elle-même, mais c’est l’union à la Volonté divine qui est profondément vivante et active.

« Ma fille, courage ! N’aie pas peur si tu te sens immobile. Mais sois attentive à faire tes pauses dans ma Volonté, sans la quitter en aucun cas. » (25 juin 1907).

Loin du quiétisme qui se résigne au péché, « l’âme doit cultiver le bien avec tout son être. L’âme possède une intelligence et elle doit s’en servir pour comprendre Dieu, pour ne penser qu’au Bien et pour ne permettre à aucune mauvaise semence d’entrer en elle. Cela, c’est cultiver le bien avec son esprit. C’est la même chose en ce qui concerne sa bouche : elle ne doit jamais semer de mauvaises choses, c’est‑à‑dire des paroles méchantes, indignes d’un chrétien, mais elle doit prononcer des paroles saintes, utiles et bonnes. Voilà comment bien semer avec la bouche. Il en va de même pour son cœur : il ne doit aimer que Dieu seul, ne désirer que lui, ne palpiter que pour lui et tendre uniquement vers lui. Voilà comment bien semer avec le cœur. Avec ses mains, on ne doit faire que des œuvres saintes. Avec ses pieds, on ne doit avancer qu’en suivant les exemples de Notre Seigneur. Voilà enfin une autre bonne façon de semer. » (23 août 1908). « En s’appliquant à des choses qui ne sont pas de Dieu, c’est comme si elle respirait de l’air pollué. Ainsi, la Vie divine grandit en elle difficilement et pauvrement. Car il lui manque la force et la vigueur de la constance. » (26 août 1908).

Loin d’encourager la passivité du quiétisme, Jésus dit : « Ma fille, ma Mère sortit le jour de ma Passion uniquement pour rencontrer et supporter son Fils. Ainsi fait l’âme qui aime vraiment, dans toutes ses actions, son intention est uniquement de rencontrer son Bien‑Aimé et de le soulager du poids de sa croix. Et puisque la vie humaine est un enchaînement continuel d’actions, tant extérieures qu’intérieures, l’âme rencontre sans cesse son Bien‑Aimé. Cette âme ne fait‑elle que rencontrer son Bien‑Aimé ? Non, non ! Elle le salue, l’embrasse, le console et l’aime, ne fût‑ce que par un petit mot en passant. Et son Bien‑Aimé est satisfait et content. Chaque action comporte un sacrifice. Si cette action est faite avec l’intention d’accepter le sacrifice qu’elle contient, elle servira à me soulager du poids de ma croix. Et quelle n’est pas la joie de cette âme qui, par le moyen de ses actions, se garde toujours en contact avec Moi ? » (Décembre 1907).

Aucune aridité ni aucune tentation ne cohabitent avec la Divine Volonté

 

  Les saveurs spirituelles sont précieuses parce qu’elles nous inspirent du dégoût pour les plaisirs de la terre qui sont l’amorce du vice, et elles nous donnent la force de courir dans la voie de la vertu. La suavité spirituelle n’est pas le propre des débutants, elle peut venir d’une contemplation très élevée. Le revers de ces saveurs et consolations, c’est le danger d’une sorte de gourmandise spirituelle.

Quant aux aridités, elles peuvent être dues à la tiédeur de la volonté, mais elle peuvent aussi concerner les âmes ferventes pour qui elles constituent une sorte de purgatoire. Saint Alphonse de Liguori enseignait à tenir bon dans la prière même quand on ressent de l’aridité, et il priait en disant : « Voici tout ce que je désire : O mon Dieu, faites que je vous aime, faites que j’accomplisse votre volonté dans tout le cours de ma vie, et puis disposez de moi comme il vous plait ».[7]

Saint Paul écrit : « Nous annonçons ce que l'oeil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au coeur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. » (1 Co 2,9) et saint Jean de la Croix dit que pour avoir les perceptions de l’esprit parfait, « il faut anéantir les autres [perceptions] » mais c’est Dieu qui fait que l’âme reste dans « les sécheresses et les angoisses tout le temps qu’il sera nécessaire pour que ses affections naturelles à l’égard des choses divines et humaines disparaissent. »[8]

Saint Louis-Marie de Montfort demande à Marie « de croire purement, sans rien goûter ni voir ; de souffrir joyeusement, sans consolation des créatures ; de mourir continuellement à moi-même sans relâche ; et de travailler fortement jusqu’à la mort, pour vous, sans aucun intérêt, comme le plus vil de vos esclaves. »[9]

Alors, pourquoi Jésus dit-il à Luisa qu’aucune aridité « ne cohabite » avec la Divine volonté ? Parce que l’union à la Divine Volonté constitue en elle-même une saveur ineffable : « La chaleur de ma Volonté a dissous sa froideur et ses aridités. Ma saveur divine a enlevé sa fadeur. Et mon bonheur l’a libérée de sa tristesse. » (19 juillet 1907).

Saint Bernard développe l’idée qu’à chaque acte de résistance aux tentations, tu reçois une couronne[10]. Cependant, dans la prière que nous a enseigné le Christ lui-même, nous disons : « Notre Père… Ne nous fais pas entrer dans l’épreuve-tentation » (Mt 6,13).

En araméen, « lā taᶜlan l-nesyūnā » (Lc 11,4 a exactement la même formule) présente deux difficultés de traduction.

1) « taᶜlan » est le verbe « entrer » au factitif (af’el) : « faire entrer ». L’araméen aurait écrit différemment une phrase telle que « Fais que nous n’entrions pas dans l’épreuve-tentation » ou « ne permets pas que nous succombions à l’épreuve-tentation ». Il faut comprendre « Ne nous fais pas entrer » de façon très concrète : Jésus entre au désert, et là, il est face à l’Accusateur, au Tentateur (Mt 4,1.3). Il est donc entré dans la Tentation, mais son humanité étant unie à sa divinité, il a pu vaincre. Adam, qui était beaucoup plus parfait que nous, n’avait pas su résister. Nous demandons à Dieu qu’il nous préserve d’aller là où nous risquons de tomber. Comme dans la première demande (que soit sanctifié ton nom), nous prions pour quelque chose que nous influençons aussi par notre comportement.

2) « nesyūnā [racine nsa] » (Mt 6,13) est habituellement traduit par « tentation ». Georges Bohas a montré que Théodore de Mopsueste, un auteur dont l’araméen est la culture propre, dans sa 11e homélie § 17, comprend le mot « nesyūnā » comme étant « l’épreuve » et non pas « la tentation »[11]. En ce sens, des générations de chrétiens ont demandé à Dieu de nous épargner les horreurs de la guerre, de la peste, etc. Cependant, l’araméen a un autre mot pour dire les difficultés et les souffrances : bḥānā ; le mot nesyūnā, suggère une main diabolique dans cette épreuve. On retrouve cette nuance en grec et le latin[12].

Ainsi, pas plus que les aridités, les tentations ne peuvent cohabiter avec la divine volonté. C’est comme si la divine volonté les pulvérisait (22 juin 1908).

« En parlant avec quelqu’un de la Divine Volonté, j’avais affirmé que si une personne se trouve dans la Divine Volonté et ressent l’aridité, elle doit garder sa paix. Par la suite, alors que j’étais dans mon état habituel, Jésus me corrigea en me disant :

– Ma fille, sois très prudente quand tu parles de ma Volonté car ma Volonté est si heureuse qu’elle forme notre béatitude même. La volonté humaine, d’autre part, est si malheureuse que si elle pouvait entrer dans notre Volonté, elle détruirait notre bonheur et engagerait la guerre contre nous. Ni les aridités, ni les tentations, ni les défauts, ni les turbulences, ni le froid ne peuvent cohabiter avec ma Volonté, parce qu’Elle est lumière et contient toutes les saveurs. La volonté humaine n’est rien d’autre qu’une petite goutte de ténèbres remplie de choses dégoûtantes. Par conséquent, si une âme se trouve dans ma Volonté, dès qu’elle y est entrée, à son contact même, sa petite goutte de ténèbres a été dissoute par ma Lumière afin que cette Lumière puisse habiter en elle. La chaleur de ma Volonté a dissous sa froideur et ses aridités. Ma saveur divine a enlevé sa fadeur. Et mon bonheur l’a libérée de sa tristesse. » (19 juillet 1907).

Ce qui est à Moi est à toi

« Ma fille, l’amour est ce qui ennoblit l’âme et la met en possession de toutes mes richesses. Le véritable amour n’admet aucune restriction, même si l’un est inférieur à l’autre. Ce qui est à Moi est à toi : voilà le langage de deux êtres qui s’aiment vraiment, car l’amour véritable transforme. Ainsi, la beauté de l’un fait disparaître la laideur de l’autre et le rend beau. Si l’un est pauvre, Je le rends riche, s’il est ignorant, Je le rends savant, s’il est vil, Je le rends noble. Deux êtres qui s’aiment ne font qu’un dans leurs battements de cœur, dans leurs respirations, dans leurs volontés. Si d’autres battements de cœur ou respirations veulent entrer en eux, ils se sentent étouffés, blessés, et deviennent malades. L’amour vrai est santé et sainteté. […]

L’amour est la flamme et le sacrifice est le bois qui l’alimente. S’il y a plus de bois, les flammes sont plus hautes et le feu va en augmentant.

Qu’est-ce que le sacrifice ? C’est se vider soi‑même dans l’amour et dans l’être de la personne aimée. Plus on se sanctifie, plus on est consumé dans l’être de la personne aimée, perdant son propre être et acquérant tous les traits et la noblesse de l’Être divin. » (29 octobre 1907)

« Ce qui est à moi est à toi » est une phrase de la parabole des deux fils (Lc 15,11-32), c’est la parole du père, qui représente le Créateur, à son fils aîné, celui qui dit : « jamais je n’ai transgressé ton commandement » (Lc 15,20). Celui qui travaille pour le Père (l’intention), sans jamais transgresser le commandement (l’attention continuelle) bénéficie d’une prérogative puissante : la présence continuelle de Dieu, et la possession de tout ce qui est à lui (Lc 15,31) ! Mais si le fils aîné cesse de « vouloir » à l’unisson avec le Père, par exemple en ne partageant sa miséricorde envers le fils cadet, c’est un drame profond.

Pour nous convaincre d’éviter un tel drame, nous avons l’exemple de la mère de Jésus.

« Étant dans mon état habituel, je me retrouvai hors de mon corps dans un jardin où je vis la Reine Maman assise sur un trône très élevé. […] Et elle me dit :

« Ma fille, toute ma sainteté m’est venue du mot Fiat. Je n’ai jamais bougé le moindrement, pas même pris une seule respiration, pas fait un seul pas ni fait aucune autre action, si ce n’est dans la Volonté de Dieu. Ma vie, ma nourriture, mon tout était la Volonté de Dieu. Cela produisit en moi des mers de sainteté, de richesses, de gloire et d’honneur ! Tout était divin, non pas humain. Plus l’âme est unie et identifiée à la Volonté de Dieu, plus elle peut être dite sainte et plus elle est aimée de Dieu. Et plus elle est aimée de Dieu, plus elle est favorisée parce que la vie de l’âme n’est rien d’autre que la reproduction de la Volonté de Dieu. Comment Dieu pourrait‑il ne pas aimer cette âme, puisqu’elle est sa propre chose ?

Par conséquent, on ne doit pas se préoccuper de savoir si on fait beaucoup ou peu, mais plutôt si cela est voulu de Dieu ou pas. » (5 avril 1908)

La grâce comparée au courant électrique

« Ma fille, pour savoir si une âme est dans ma Grâce, il suffit de voir si, lorsque Je la lui donne, elle est prête à coopérer à ce qu’elle lui demande. La grâce qu’elle possédait déjà et celle que Je lui donne ensuite s’aident l’une l’autre, et en union avec la volonté de l’âme, se mettent à l’œuvre. Au contraire, si l’âme n’est pas prête à coopérer, on peut vraiment douter qu’elle soit dans ma Grâce.

La Grâce peut se comparer au courant électrique qui n’allume que les appareils qui sont équipés pour le recevoir. Si les appareils ne sont pas prévus pour recevoir le courant électrique, ou si des fils sont cassés ou détruits, alors, même si le courant passe, la lumière ne peut se communiquer. » (6 février 1908).

L’image de l’électricité parle au lecteur moderne.

L’un des fameux Beatles, John LENNON : « Je crois que Dieu est l’équivalent d’une centrale où l’on emmagasine l’électricité, une centrale électrique. Qu’il représente une force suprême et qu’il n’est ni bon ni méchant, […] et nous puisons à cette force, et nous en faisons ce que nous voulons, exactement comme l’électricité peut servir à exécuter un homme, ou à faire la lumière dans une pièce »[13].

Mais la différence est très grande. Pour le livre du Ciel, le courant électrique représente la Grâce reçue de Dieu. Le chanteur pop fait aussi référence à Dieu, mais il prétend mettre la main dessus, capter le courant et en faire ce qu’il veut.

La différence entre les deux attitudes est immense. John Lennon revient aux attitudes cananéennes ou égyptiennes antiques, où la « convocation magique » est comme une flèche qui part de l’homme et lui revient : l’homme projette dans l’au-delà une divinité imaginée, puis ensuite, par le rite, il s’efforce d’avoir pourvoir sur elle, de capter ses forces, de la mettre à son service, ou encore, de se protéger de ses colères, de l’amadouer…

Dès que l’histoire sainte commence, la flèche s’inverse, Dieu interpelle l’homme et celui-ci répond. L’homme se souvient de Dieu, il évoque le bienfait de Dieu et il répond. Le rite peut être le même (par exemple offrir un bélier) mais il a changé de sens. Prenons l’exemple de l’enfant qui offre un bouquet à sa maman pour avoir des jouets (image de la convocation magique), et le même enfant qui offre le même bouquet le jour de la fête des mères, c’est alors un geste gratuit de reconnaissance (image de l’évocation).

Dans l’histoire sainte, l’homme se dispose à recevoir les bienfaits de Dieu. En effet, « si les appareils ne sont pas prévus pour recevoir le courant électrique », c’est-à-dire si l’homme n’est pas éduqué dans la foi, si sa liturgie n’est pas inspirée par la révélation divine, « ou si des fils sont cassés ou détruits », c’est-à-dire s’il y a une rupture d’alliance, rupture toujours causée par le péché de l’homme, « alors, même si le courant passe, la lumière ne peut se communiquer » dit Jésus à Luisa.

Avec cet encouragement touchant : « Ma fille, pour l’âme qui fait ma Volonté, celle‑ci circule dans tout son être comme son sang. […] Et comme ma Volonté circule dans sa volonté, sa volonté circule dans tout mon Être et Je sens continuellement son contact. Tu ne peux pas comprendre combien, à cause de cela, Je me sens porté à l’aimer, à la favoriser, à répondre à chacune de ses demandes. » (3 mai 1908).

Le « rien », le « néant »

En 1907, Pie X rappelle contre certaines idées modernes que la religion ne vient pas simplement de la conscience humaine. Dieu n’est pas la conscience de l’homme ni une présence qu’il découvrirait en se regardant lui-même. Il est Celui qui parle à l’homme et se révèle à lui[14]. Pour accueillir cette parole, l’homme doit créer en lui un silence intérieur et un certain vide. C’est dans cette perspective que le récit inaugural du 8e livre du Ciel donne : « S’abandonner complètement à ma Volonté détruit l’être propre et l’amène à reprendre possession de l’Être divin. » (23 juin 1907).

Et voici un autre récit qui va dans le même sens :

« [Luisa :] Je Lui dis : – Ma douce Vie, comme je suis devenue mauvaise ! Je me sens réduite à rien, je ne ressens plus rien, tout est vide en moi. Je ne ressens en moi qu’un enchantement et, dans cet enchantement, je T’attends, j’attends que Tu m’emplisses. Mais j’attends en vain. Au contraire, je me sens toujours revenue à rien.

Jésus me dit : – Ah ! ma fille, tu t’affliges parce que tu te sens réduite à rien ? Au contraire, Je te dis que plus une créature est réduite à rien, plus elle est remplie par le Tout. Et s’il reste en elle ne fût‑ce qu’une ombre d’elle‑même, cette ombre m’empêche de Me donner complètement à elle. Tes retours constants à ton néant signifient que tu perds ton être humain pour recouvrer l’Être Divin. » (18 novembre 1907).

Attention, quand Dieu a créé l’homme, il n’a pas « rien » créé. L’homme n’est pas un « néant ». C’est la volonté de Dieu clairement signifiée que l’on « ait la vie et qu’on l’ait surabondante » (Jn 10,10).

 Le langage mystique fait souvent un raccourci pour parler de la destruction de ce qui est corrompu dans l’humain : « Ma fille, celui qui se nourrit de la Foi acquiert la Vie divine et en acquérant la Vie divine, il détruit l’humain. En d’autres mots, il détruit en lui les germes qu’a produits le péché originel. Il acquiert de nouveau la nature parfaite telle qu’elle est sortie de mes mains, semblable à Moi. Il en vient à surpasser en noblesse la nature angélique elle‑même. » (2 mars 1902)

Saint Jean de la Croix témoigne d’un début d’anéantissement actif, mais de manière partielle, selon ce que l’homme peut[15]. Sainte Thérèse d’Avila s’opposait à toute « inhibition » volontaire,[16] à tout ce qui pourrait rendre « stupide »[17]. Elle dit aussi : « Il arrive de voir clairement et de comprendre que la volonté est ligotée, et qu’elle en est heureuse ; je précise qu’on le voit clairement, la volonté seule est dans une grande quiétude alors que l’entendement et la mémoire sont assez libres pour s’occuper d’affaires et d’actes de charité. Ces états semblent n’en faire qu’un, et pourtant celui-ci diffère en partie de l’oraison de quiétude dont j’ai parlé. Là, l’âme ne voulait bouger ni remuer, elle jouissait de la sainte oisiveté de Marie ; ici, elle peut en même temps être Marthe ; donc, à peu de chose près, elle mène en même temps la vie active et la vie contemplative »[18]

La foi en la providence

Nous lisons dans la Bible :

La Bible montre un Créateur qui crée un monde bon (Gn 1), et Jésus dit « Il n’y a pas de ‘bon’, sinon un seul : Dieu ! » (Mt 19,17). Dieu est uniquement bon.

Doit-on opposer à cela une phrase telle que « C’est moi qui fais mourir et qui fais vivre ; quand j’ai frappé, c’est moi qui guéris. » (Dt 32,39) ? Ou bien : « Je façonne la lumière et je crée les ténèbres, je fais le bonheur et je crée le malheur, c’est moi, le SEIGNEUR, qui fais tout cela. » (Is 45,7). On pourrait encore citer (1S 2,6-7 ; Am 3,9 ; Sir 11,14). Aucun de ces textes ne signifie qu’il y aurait à la fois du bien et du mal en Dieu ; le Créateur n’est pas une divinité à la fois bonne et mauvaise, à l’origine du bien et du mal. De telles expressions ne sont pas des théories abstraites, mais elles reflètent l’histoire du salut dans laquelle, quand il veut punir les coupables, Dieu choisit qui bon lui semble, les hommes ou les démons. Voici des exemples éloquents :

Le patriarche Joseph attribue tout à la Providence : « Mais maintenant ne soyez pas chagrins et ne vous fâchez pas de m’avoir vendu ici, car c’est pour préserver vos vies que Dieu m’a envoyé en avant de vous » (Gn 45,5) « Ainsi, ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, c’est Dieu, et il m’a établi comme père pour Pharaon » (Gn 45,8).

Après le péché de Saül, « l’esprit du SEIGNEUR s’était retiré de Saül et un mauvais esprit, venant du SEIGNEUR, lui causait des terreurs. » (1S 16,14)

David pèche, et c’est dans la maison du prince et parmi ses enfants que Dieu suscitera les instruments de sa justice. « Ainsi parle le SEIGNEUR : Je vais, de ta propre maison, faire surgir contre toi le malheur. » (2S 12,11).

Pour châtier son peuple Israël, Dieu s’est choisi un des peuples voisins, notamment Assur (Is 10,6), qui sera à son tour châtié. Dieu hait la faute, mais il veut l’épreuve qui en résulte pour nous.

Pour éprouver les justes et les saints, Dieu emploie la malice des démons et la perversité des méchants. « Job ne dit pas : le Seigneur a donné, le diable a ôté ; mais le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté. Tout s’est passé comme il a plu au Seigneur et non pas au démon. Rapportez donc à Dieu tous les coups qui vous frappent ; car le diable lui-même ne vous peut rien sans la permission d’en haut »[19].

Dans la Passion du Christ, les bourreaux qui le tourmentent et les démons les excitent, mais ils exécutent le dessein divin : ce calice, c’est le Père qui l’a présenté au Christ (Jn 18,11). Et Pilate n’aurait pas eu le pouvoir de condamner Jésus si ce pouvoir ne lui avait pas été donné d’en haut. Dieu laisse une heure à la puissance des ténèbres : « c’est votre heure et le pouvoir des Ténèbres » (Lc 22,53). Dieu n’a prêté son concours qu’au matériel de l’acte, il n’a pas concouru au péché considéré comme tel ; il l’a permis, en tant qu’il ne l’a pas empêché par violence ; cette permission n’est pas une autorisation ; car il déteste la faute, et se réserve de la punir en temps opportun.

Avec Pierre et Jean qui viennent d’être relâchés, les fidèles prient le Seigneur en disant : « Oui vraiment, ils se sont rassemblés dans cette ville contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce Pilate avec les nations païennes et les peuples d’Israël, pour accomplir tout ce que, dans ta puissance et ta sagesse, tu avais déterminé par avance. » (Ac 4,27-28).

La foi en la Providence demande que l’on remonte à Dieu, et nous n’aurions pas tant de colères injustes, ni de désespoirs qui risquent de nous perdre.

C’est ce que le 8e livre du Ciel résume admirablement :

« Ma fille, dans presque tout ce qui arrive, les créatures répètent sans cesse : Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi cette maladie ? Pourquoi cet état d’âme ? Pourquoi ce fléau ? Et bien d’autres pourquoi. Les réponses à ces pourquoi ne sont pas écrites sur la terre, mais dans le Ciel. » (30 janvier 1909).

 

[1] Saint FRANÇOIS de Sales, Traité de l’amour de Dieu I, IX, c 7-8.

[2] Don Vital LEHODEY, Le saint Abandon, Paris 1919, p. 311

[3]« Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles, amen »

[4] P. De CAUSSADE, Abandon,2e partie, I, VI, lettre 24. Le Père de Caussade est un jésuite mort en 1751 à Toulouse.

[5] Don Vital LEHODEY, Le saint Abandon, Paris 1919, p. 144-145

[6] Le quiétisme est condamné en 1687 par l’Église Catholique Romaine.

[7] Don Vital LEHODEY, Le saint Abandon, Paris 1919, p. 344-362

[8] Saint JEAN de la croix, La nuit obscure, Nuit obscure de l’esprit, chapitre IX, op.cit. p. 581-583

[9] Saint Louis-Marie de MONTFORT, Le Secret de Marie § 69

[10] Saint BERNARD, 5e sermon du carême. https://www.bibliotheque-monastique.ch/bibliotheque/bibliotheque/saints/bernard/tome03/homtemps/careme/careme005.htm

[11] Alors que R. Tonneau le premier traducteur, sous l’influence de la traduction occidentale du Notre Père, avait traduit « tentation » : Cf. R. TONNEAU, O.P., R. DEVREESSE, Studi e Testi 145, Bibliotheca Apostolica Vaticana, Città del Vaticano,1949, p. 317.

[12] En grec, πειρασμός [Bailly] signifie 1) épreuve, essai, expérience. 2) tentation. (Mais Harnack dit que ce mot peut aussi signifier l’affliction, la souffrance, ce qui rejoint alors le sens araméen).

En latin, temptatio [Gaffiot] signifie 1) atteinte, attaque de maladie, 2) essai, expérience, 3) [en contexte chrétien] tentation, provocation [contre Dieu].

[13] Gary TILLERY, John Lennon l’idéaliste, Biographie spirituelle, Québec, Le jour,2009, p. 62-63.

[14] Saint Pie X, Pascendi dominici gregis, §7-8

[15] « Pour arriver à la transformation surnaturelle, il est clair que l’âme doit être dans les ténèbres et se soustraire à tout ce qui concerne sa vie naturelle tant sensitive que raisonnable. Le mot surnaturel signifie ce qui est au-dessus de la nature ; par conséquent ce qui est naturel reste en bas. Mais, comme la transformation en Dieu ne dépend ni des sens ni de l’habileté humaine, l’âme doit se dépouiller complètement et volontairement de tout ce qu’elle peut contenir d’affection aux choses d’en haut ou d’en bas ; elle le fera dans toute la mesure où cela dépend d’elle ; et alors qui empêchera Dieu d’agir en toute liberté dans cette âme soumise, dépouillée, anéantie ? » (St JEAN de la croix, La montée du carmel, II, III, op. cit, p. 102-107)

[16] « Je n’aimais pas à penser longuement à Notre Seigneur. Je préférais l’inhibition dans laquelle j’attendais ce régal. Et je vis clairement que j’étais dans la mauvaise voie ; dans l’impossibilité de passer toute ma vie dans ces délices, ma pensée allait de-ci de-là. Mon âme ce me semble voletait comme un oiseau qui ne sait où se poser et perdait beaucoup de temps. » (Ste THÉRÈSE d’AVILA Le Château intérieur,6e demeures, VII 15, dans Œuvres complètes, op. cit., p. 993.)

[17] « L’entendement cesse d’agir, car Dieu le suspend […]. Prétendre ou penser à le suspendre nous-même, voilà ce que je demande de ne point faire ; il ne faut pas non plus cesser de l’utiliser, sous peine de devenir froid, stupide, et de ne rien obtenir ; car quand le Seigneur suspend et arrête notre entendement, il lui donne de quoi l’émerveiller et l’occuper, et sans raisonnement. […] Utiliser les puissances de l’âme et croire les immobiliser, c’est de la folie. » (Ste THÉRÈSE d’AVILA, Autobiographie XII,5, op. cit., p. 79)

[18] Sainte THÉRÈSE d’AVILA, Autobiographie, XVII,4, op. cit., p. 110 (3e degré d’oraison)

[19] Saint AUGUSTIN, Commentaire sur les Psaumes, Ps 32

Date de dernière mise à jour : 06/05/2026