Livre du Ciel 20 Le royaume le plus attirant

 

Récit inaugural (17 septembre 1926)

Un royaume ardemment désiré

Le cortège de la création, miroir et modèle

Microcosme et macrocosme

Surabondance et bonne santé

L’Eucharistie dans le Royaume de la Parousie

Le royaume de la Vierge et des saints

Et le Christ le remettra à Dieu le Père (1 Co 15,22-27)

Récit inaugural (17 septembre 1926)

« Mon Jésus, j’invite ta sainte Volonté à venir elle‑même mettre sur le papier les paroles les plus pénétrantes et les plus éloquentes, dans les termes les plus à même de se faire comprendre, de façon à dépeindre le Royaume du Fiat Suprême avec les plus belles couleurs, la plus éclatante lumière, le caractère le plus attirant, afin d’infuser une force magnétique et un aimant puissant dans les paroles que tu me feras écrire. » (17 septembre 1926).

Certaines interprétations absurdes ont discrédité la réalité du Royaume à venir, surtout de la part de gréco-latins. Par exemple, saint Justin (±102 - martyr vers 166 à Rome), probablement par souci de simplifier, plaçait la résurrection des corps (du moins ceux des justes) lors de la Venue glorieuse du Christ déjà : « Nous savons qu’une résurrection de la chair arrivera pendant mille ans dans Jérusalem rebâtie, décorée et agrandie »[1]. Il faudra beaucoup l’agrandir…

Saint Augustin (354-430) enseignait d’abord le temps de la régénération, qu’il appelle, comme beaucoup d’autres, le « septième jour » avant le « huitième jour » qui figure l’éternelle vie (Sermon 259). Mais au livre XX de La Cité de Dieu, il exclut la perspective de la régénération. De la sorte, à la fin de sa vie (période moraliste), il nous a laissé imaginer que la Venue glorieuse du Christ n’était rien d’autre que la fin et la mort du monde, avec le Jugement.

Il y eut ensuite une lente dérive intellectualiste qui remonte à l’époque médiévale, quand des Universités ont acquis un certain monopole de l’interprétation des Écritures. Pour certains intellectuels, ce qui concerne l’avenir n’étant pas rationnel, ce n’est pas un sujet !

Pour aggraver la situation, les chrétiens d’Occident perdirent le contact avec les chrétiens d’Orient. Même l’œuvre magistrale du grand saint Irénée, disciple de saint Polycarpe, lui-même disciple de saint Jean, fut en partie oubliée. La première édition imprimée par Erasme (1467-1536) de son Traité contre les hérésies est tronquée de toute la fin du texte, et se terminait sur l’idée de jugement (V,31,2) or la véritable conclusion, celle qui fut oubliée, donne la raison d’être du royaume des justes (V,36,3).

Nous avons exposé ce que la Bible et la tradition disent sur la Fin des temps dans le commentaire du livre 12 ; le commentaire de ce livre 20 va en approfondir plusieurs aspects.

Un royaume ardemment désiré

À la fin de sa vie, saint Paul écrivait : « Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse » (2 Tm 4,8). Il s’agit d’un désir ardent, brûlant, de la Venue du Christ. Pourtant, avant sa manifestation visible, sa Volonté est déjà là — mais voilée. Jésus le fait remarquer à Luisa : « Dans l’Évangile, … J’ai lavé les pieds de mes apôtres… Mais ma Volonté descend encore plus bas. Elle se place sous les pieds par un acte continu… Cette noble Reine attend avec une invincible patience, voilée depuis tant de siècles dans toute chose créée, que sa Volonté soit connue. » (4 novembre 1926). Le Royaume à venir se prépare par cette reconnaissance : voir la Divine Volonté déjà présente, cachée comme une source encore discrète.

La Bible n’annonce pas seulement l’Incarnation ou la Croix, mais aussi le temps de la Parousie. Le prophète Daniel voit « venir sur les nuées du Ciel un Fils de l’homme » (Dn 7,13-14), Isaïe promet un temps où « le loup habitera avec l’agneau » (Is 11,6) et où les peuples « briseront leurs épées pour en faire des socs et leurs lances pour en faire des serpes » (Is 2,4). Jésus en donne à Luisa une confirmation saisissante : « Le Royaume du divin Fiat aura une seule Volonté en son centre… Elle donnera le bonheur, l’ordre, l’harmonie, la force et la beauté à tous… Il n’y aura jamais de disputes, mais une paix éternelle. » (3 février 1927). Ce Royaume n’est pas une abstraction : Isaïe parle d’« un festin de viandes grasses et de vins savoureux » (Is 25,6), et l’Apocalypse promet : « Il essuiera toute larme de leurs yeux ; de mort, il n’y en aura plus » (Ap 21,4), ainsi que « des arbres de Vie qui fructifient douze fois… leurs feuilles peuvent guérir les nations » (Ap 22,2-3). Autant dire que nous ferons la volonté divine avec joie !

Or, de même que le Christ n’est pas venu sur la terre sans les prières des prophètes et l’attente de tout un peuple, de même il ne reviendra pas dans la gloire sans ceux « qui auront désiré avec amour sa Manifestation » (2 Tm 4,8).

Saint Paul dit : « Toute la création espère et attend la révélation des fils de Dieu. Car la création a été assujettie au néant, non de son gré, mais à cause de celui qui l’a assujettie, concernant l’espérance qu’elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption, [pour entrer] dans la liberté de la gloire des fils de Dieu » (Rm 8,19-21 Pshitta).

Jésus le confirme à Luisa dans une image bouleversante : « Toute la Création… se trouve dans la condition d’une noble famille… mais un seul enfant, l’homme, s’est dégradé… Et en voyant que la petite fille de ma Volonté vient parmi eux… ils sont tous ravis que leur tristesse soit près de prendre fin. » (24 octobre 1926).

Même les créatures inanimées, dit-il encore, désirent ce Royaume : « Il est vrai que les choses créées n’ont pas d’âme. Cependant, la vie de ma Volonté court en chacune d’elles… Et crois-tu que ce soit peu de chose qu’une Divine Volonté prie en chaque chose créée lorsque tu demandes son Royaume ? » (11 février 1927).

Et si nous ne savons pas prier comme il faut ? Saint Paul rassure : « L’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables » (Rm 8,26-27). Autrement dit : le Royaume est si désirable que même la création soupire, même l’Esprit prie en nous.

Le cortège de la création, miroir et modèle

L’Ancien Testament raconte la résistance de trois jeunes gens au roi Nabuchodonosor qui les fit jeter, tout liés, dans une fournaise de feu ardent. Ils se mirent à chanter, glorifiant et bénissant Dieu dans la fournaise, et disant :

« Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères,

 loué sois-tu, exalté éternellement. […]

O vous, soleil et lune, bénissez le Seigneur :

 chantez-le, exaltez-le éternellement !

 O vous, astres du ciel, bénissez le Seigneur :

 chantez-le, exaltez-le éternellement ! […]

O vous, toutes choses germant sur la terre, bénissez le Seigneur :

 chantez-le, exaltez-le éternellement !

O vous, sources, bénissez le Seigneur :

 chantez-le, exaltez-le éternellement !

O vous, mers et rivières, bénissez le Seigneur :

 chantez-le, exaltez-le éternellement! » Etc. (Daniel 3,52-78)

Leur Cantique, de grande valeur, est souvent repris par la liturgie.

Le Livre du Ciel révèle sa signification profonde.

Jésus dit à Luisa : « Notre Volonté dit à l’homme : ‘Regarde, prends comme modèle le ciel qui est toujours étendu au‑dessus de toi. Sois toujours ferme dans le bien, tout comme je suis toujours étendue ici pour te protéger. Sois toi aussi — comme un second ciel peuplé d’étoiles qui te semblent si liées au ciel qu’on pourrait dire qu’elles sont les filles du ciel —, oui toi aussi, tu seras ferme dans le bien, le ciel de ton âme sera peuplé d’étoiles comme d’autant de filles nées de toi.’ […]

‘En tout ce que tu fais, sois toujours lumière, tout comme moi, pour que la lumière puisse te convertir entièrement en chaleur et pour que tu puisses devenir telle une flamme d’amour pour ton Créateur. Regarde‑moi : en étant toujours lumière et chaleur, je possède la douceur. Si bien que je la communique aux plantes, et des plantes à toi. Toi aussi, en étant toujours lumière et chaleur, tu posséderas la douceur divine. Tu n’auras plus d’amertume ni de colère dans le cœur. Tu posséderas, dans ton âme, les saveurs et les différentes nuances de beauté de l’Être Suprême. Tu seras un soleil comme moi. De plus, puisque Dieu m’a fait pour toi et que tu as été faite pour Lui, il est par conséquent juste que tu sois plus soleil que moi.’ » (1er novembre 1926).

Après le péché, Adam « rien qu’à se sentir isolé, sans être entouré du cortège de la Création tout entière, sa frayeur et son horreur furent si grandes qu’il devint un homme craintif. Il avait peur de tout, même de mes œuvres et avec raison, car il est dit : Celui qui n’est pas avec moi est contre moi. Comme il n’était plus relié aux choses créées, elles devaient en toute justice se mettre contre lui. » (10 novembre 1926).

Luisa répare cette situation.

« Je poursuivais ma ronde dans la Création afin de suivre la Suprême Volonté dans toutes les choses créées. En faisant cela, je me disais : ‘Quel bien est‑ce que je fais ? Quelle gloire est‑ce que je rends à cet adorable Fiat en passant en revue toutes les choses créées, en y mettant mon petit Je t’aime ? Qui sait si ce n’est pas une perte de temps.’

Pendant que je me posais cette question, Jésus bougea en moi et me dit : ‘Ma fille, que dis‑tu ? Avec ma Volonté on ne perd jamais son temps. Bien au contraire, en la suivant on gagne le temps éternel. Or, tu dois savoir que chaque chose possède son plaisir, distinct l’un de l’autre. C’est Nous qui avons mis en place ces plaisirs pour qu’ils servent à nous en délecter, Nous et la créature. Dans chaque chose coule notre amour et toi, en passant en elles, tu fais couler la petite note du tien. […]

L’isolement amoindrit la satisfaction. Ta compagnie, lors de tes visites dans la Création, Nous rappelle les nombreux plaisirs que Nous avons placés dans toute chose créée, faisant revivre les plaisirs auxquels Nous avions goûté. Pendant que tu nous fais plaisir, Nous faisons de même avec toi. Voudrais‑tu que notre Volonté se retrouve isolée ? Non, une petite fille n’est jamais sans sa mère, elle est toujours sur ses genoux, la suivant dans tous ses actes.’ 

Alors que mon pauvre esprit nageait dans l’immense océan du Fiat Éternel, mon aimable Jésus ajouta : ‘Ma fille, parmi les qualités et prérogatives que ma Volonté contient, il y a l’acte ininterrompu de béatitude et, plus l’âme fait d’actes dans ma Volonté, plus elle accumule d’actes de béatitude distincts en elle. Cela veut dire que, plus elle accomplit d’actes dans le Fiat, plus elle acquiert et se forme un capital plus grand de ces béatitudes, lesquelles lui apportent une paix infinie sur la terre et au Ciel. Elle sentira tous les effets et jouissances de ces béatitudes qui se sont formées dans le Fiat.’ » (15 décembre 1926).

Résonne la conclusion de l’Apocalypse : « Heureux ceux qui lavent leurs robes ; ils pourront disposer de l’arbre de Vie, et pénétrer dans la Cité, par les portes » (Ap 22,14 BJ) ou : « Bienheureux sont-ils [ceux] qui font Ses commandements : leur autorité sera sur le bois de la Vie ! Et, par la Porte, ils entreront dans la Cité ! » (Ap 22,14 de l’araméen).

Microcosme et macrocosme

Le livre 6 donnait cette parle de Jésus : « Ah ! ma fille, si l’homme se connaissait lui‑même, comme il se garderait de se souiller par le péché ! Car sa beauté, sa noblesse et sa spécificité sont si grandes que toutes les beautés et toute la diversité des choses créées sont englobées en lui. […] Non seulement l’homme devait‑il englober en lui tout le créé, mais il devait le surpasser au point d’être l’image de la Majesté suprême. Cependant, insouciant de tous ces biens, l’homme ne fait que se souiller des plus laides saletés. » (10 juin 1904).

Ce livre 20 donne, au sujet de la bienheureuse Vierge Marie : « Elle devait enclore tous les actes que la Suprême Volonté, qui s’exerce dans toutes les choses créées, et comme elle avait la suprématie et la souveraineté sur toute la Création, elle devait enclore en elle‑même le ciel, les étoiles, le soleil et toute chose, afin de pouvoir trouver dans sa souveraineté la copie du ciel, du soleil, de la mer et également de la terre tout en fleurs. Aussi, en regardant ma Maman, on pouvait voir en elle des prodiges jusqu’alors inconnus. On pouvait voir le Ciel, on pouvait voir un Soleil resplendissant, on pouvait voir une mer de cristal où Nous Nous regardions pour voir Notre fille. On pouvait voir la terre au printemps, toujours florissante, qui attirait le Céleste Créateur pour qu’Il s’y promène. Oh ! que notre Céleste Souveraine était belle, en qui Nous ne voyions pas seulement notre copie, mais toutes Nos œuvres, et tout ça parce qu’elle tenait en elle notre Volonté ! » (4 novembre 1926).

Ces deux passages reprennent la théorie selon laquelle tout se répond dans l’univers fait correspondre à la totalité (macrocosme) une infinité de « modèles réduits » (microcosmes). C’est que l’on appelle la théorie « holiste » : elle est très ancienne ; les philosophes antiques et médiévaux en restaient au schéma de l’analogie et de la correspondance ; Edgar Morin l’a remise au goût du jour en observant : « Chaque cellule fait partie du tout (l’organisme global), mais le tout est lui-même dans la partie : la totalité du patrimoine génétique est présent dans chaque cellule individuelle. De la même façon, l’individu fait partie de la société, mais la société est présente dans chaque individu en tant que tout à travers son langage, sa culture, ses normes… »[2].

Cependant, à partir de la Renaissance, cette théorie a pris une autre signification : il s’agit pour l’homme, en tant que microcosme, de conquérir la nature et l’immortalité, c’est-à-dire d’être une force s’imposant par ses œuvres et sa gloire. L’individu ne se pense plus à l’intérieur de l’univers, mais il s’affirme comme unique source de valeur. La théorie de la correspondance entre le microcosme et le macrocosme inspire alors des pratiques hermétiques développées par R. Steiner, la franc-maçonnerie et de nombreuses doctrines gnostiques.

Pour un chrétien dire que l’homme est un microcosme ne signifie pas qu’il serait une force quasi divine au rang du Créateur de l’univers : l’homme devra répondre devant le Créateur de son comportement.

Récemment, les sciences de la communication ont pris leur essor (la théorie des systèmes et la cybernétique avec l’étude des feed-back ou rétroactions). Parallèlement, se sont développées en Occident des expériences d’introspection, qu’elles soient menées par l’ascèse ou par l’usage de drogues. Il s’agit d’expériences centrées sur soi (le microcosme) et provoquant un sentiment océanique qui valorise le lien indissoluble entre le cosmos et l’individu. Cependant, ce lien reste ambigu et marqué par un retour au paganisme et à l’occultisme. On s’adresse aux anges plutôt qu’au Créateur, sans faire attention au fait qu’il existe des anges déchus et ténébreux qui occultent la relation au Créateur.

Ceci étant dit, on peut maintenir chrétiennement l’idée de l’homme comme microcosme en relation à l’univers, le macrocosme. Dans la perspective de la Parousie (le royaume du divin Fiat), il est même très important de le faire, car toute la création attend la révélation des fils de Dieu (Rm 8,19-21), et c’est l’homme en tant qu’il est en communication avec toute la création qui va être restauré.

En ce sens, nous pouvons goûter la justesse du Livre du Ciel, quand Jésus dit à Luisa :

« Nos enfants de ce royaume seront tous des rois et des reines. Ils seront tous membres de la famille divine et royale. Ils renfermeront en eux toute la Création. Ils auront la ressemblance, la physionomie de notre Père Céleste et ils seront par conséquent l’accomplissement de notre gloire et la couronne sur notre Tête. » (4 novembre 1926).

« Les âmes du Suprême Fiat seront nos œuvres non pas incomplètes, mais entières ; elles seront les nouveaux prodiges que ni la terre ni le Ciel n’ont encore jamais vus ni connus. Quels ne seront pas l’enchantement, la surprise des Bienheureux eux‑mêmes, en voyant la première fille du divin Fiat entrer dans leur Patrie Céleste ? Quelle ne sera pas leur satisfaction et leur gloire en voyant qu’elle porte en elle son Créateur avec toutes ses œuvres, c’est-à-dire le ciel, le Soleil, la mer, toute la floraison de la terre avec ses multiples beautés ? Ils reconnaîtront en elle l’œuvre complète de la Volonté Éternelle car elle seule peut accomplir ces prodiges et ces œuvres complètes. » (10 novembre 1926).

Le lien entre le microcosme et le macrocosme, c’est la divine volonté !

« Ma fille, là où elle règne avec sa lumière à laquelle personne ne peut résister, parce qu’elle est immense et pénétrante, ma Volonté place toutes choses en communication. […] Il est naturel que pour l’âme en qui règne ma Volonté, lorsqu’elle forme ses actes dans mon Vouloir, toutes les choses créées reçoivent la communication de cet acte. Sur l’envol de la même lumière, elles s’unissent pour suivre l’acte de cette âme en laquelle règne ma Volonté, car elles possèdent une seule Volonté, une seule force et donc un est l’acte qu’elles veulent accomplir. » (16 février 1927).

Surabondance et bonne santé

Les apôtres ont témoigné « nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts » (Ac 10,41), et Papias peut imaginer qu’il fera de même lors de sa Venue glorieuse : ce sera une venue « corporelle » à la manière où le Christ Ressuscité était visible et palpable, sans pour autant être une nouvelle incarnation, l’incarnation a déjà eu lieu et elle a suffi à la rédemption du péché originel (cf. He 9,8)[3].

En outre, de même que Jésus ressuscité n’avait pas répondu aux disciples qui lui demandaient « Seigneur est-ce maintenant que tu vas restaurer la royauté en Israël » (Ac 1,6), de la même manière, la manifestation corporelle du Christ au moment de la Parousie n’est pas politique. Il laissera aux hommes la liberté de s’organiser politiquement, en sa présence et dans sa sagesse[4].

On ne voit ni Papias ni saint Irénée imaginer que Jésus règne par un pouvoir corporel au sens d’un pouvoir politique : ce n’est pas ainsi que règne l’amour. Papias et saint Irénée savent que « la royauté de Jésus ne vient pas de ce monde » (Jn 18,36), elle ne vient pas de la possibilité de contraintes physiques offertes par la corporéité, son règne opère dans un monde visible, matériel et sensuel, mais il n’opère pas par cet ordre matériel et sensuel, il opère par l’attraction de l’amour. De même, quand le magistère rejette l’idée que « le Christ Seigneur viendra pour régner en cette terre-ci visiblement avant le jugement final »[5], il rejette l’idée d’un règne par les contraintes visibles de ce monde, ce qui n’empêche pas de croire qu’il sera Roi dans le monde (ce qui est l’objet de la solennité du Christ Roi, en clôture de l’année liturgique).

Voici le passage où saint Irénée cite Papias :

« C’est ce que les presbytres qui ont vu Jean, le disciple du Seigneur, se souviennent avoir entendu de lui, lorsqu’il évoquait l’enseignement du Seigneur relatif à ces temps-là. Voici donc ces paroles du Seigneur : "Il viendra des jours où des vignes croîtront, qui auront chacune dix mille ceps, et sur chaque cep dix mille branches […] et sur chaque grappe dix mille grains, et chaque grain pressé donnera vingt-cinq cuves de vin. Et lorsque l’un des saints cueillera une grappe, une autre grappe lui criera : Je suis meilleure, cueille-moi et, par moi, bénis le Seigneur ! […] Voilà ce que Papias, auditeur de Jean, familier de Polycarpe, homme vénérable, atteste par écrit dans le quatrième de ses livres" » (AH, V,33,3-4).

L’exubérance dans la description du royaume des justes semble reprise, presque mot pour mot de l’Apocalypse de Baruch : « La terre donnera des fruits, dix mille pour un. Chaque vigne portera mille sarments, chaque sarment portera mille grappes, chacune des grappes comptera mille raisins, et un raisin donnera un kor de vin. Et ceux qui ont eu faim se réjouiront et seront chaque jour spectateurs de prodiges »[6].

Il peut y avoir eu convergence de l’apocalyptique juive et des paroles du Seigneur dans la personne des presbytres. Ceci dit, il ne suffit pas d’opérer une simple soustraction des emprunts ou des plagiats pour que le résidu ainsi obtenu représente l’apport propre de l’auteur. Car justement, l’auteur les reprend à son compte, « non seulement en leur imprimant sa marque personnelle mais déjà du seul fait qu’il les insère dans un exposé d’ensemble qui est son œuvre à lui » comme le dit si bien Adelin Rousseau, traducteur des œuvres de saint Irénée[7].

Les images de saint Irénée sont souvent jugées naïves et gratuites. Ce jugement, trop lapidaire, ne tient pas suffisamment compte de l’enjeu que devait affronter Irénée.

À son époque, les gnostiques pensaient à une réintégration dans le plérôme, pour retrouver l’état d’avant la chute. Dans leur système, où la liberté n’a aucune place, le juste a une âme seulement psychique et il peut espérer un lieu intermédiaire, quant au saint, il a une âme pneumatique, un esprit consubstantiel à Dieu.

Saint Irénée leur montre que cette réintégration doit se faire dans la création et dans le temps, et non pas dans des zones supra-célestes imaginaires « pour aller par-dessus les cieux, et par-dessus le créateur lui-même, pour aller vers la Mère, ou vers le Père faussement imaginé par eux »[8]. Pour cela, saint Irénée prend des images terrestres dont on peut critiquer l’exubérance, mais dont il faut comprendre qu’elles veulent être concrètes, et à saveur eucharistique.

De la même manière, les descriptions du Livre du Ciel nous donnent une espérance bien concrète, valorisant le corps et la création.

Quand Luisa demande quel sera le grand bien de ce Royaume du Fiat Suprême, Jésus lui répond : « Pour toutes les créatures qui y entreront, il n’y aura aucun risque de devenir aveugle, infirme ou malade. La mort n’aura plus aucun pouvoir sur l’âme bien qu’elle l’aura encore sur le corps : ce ne sera plus une mort, mais un passage. [Les corps] resteront composés dans leur sépulcre en attendant le jour de la résurrection de tous. » (22 octobre 1926).

Jésus dit à Luisa : « Comme les cieux s’étendent partout avec une abondance d’étoiles, le soleil abonde en lumière, l’air en oiseaux, la mer en poissons, la terre abonde en plantes et en fleurs, ainsi, faisant écho à la Création, les enfants de ma Volonté seront heureux et disposeront de tout en abondance dans le Royaume du Fiat Suprême. Par conséquent, chacun possédera la plénitude des biens et du bonheur là où la Volonté Suprême l’aura placé, quelle que soit la condition ou la fonction qu’ils occuperont. Tous seront heureux de leur sort. […]

Mais, ce n’est pas tout. La Création, écho de la Patrie Céleste, contient la musique, la marche royale, les sphères, le ciel, le soleil, la mer. Tous possèdent entre eux l’ordre et une harmonie parfaite et ils circulent continuellement. Cet ordre, cette harmonie et ce mouvement, sans jamais s’arrêter, forment une telle symphonie et une musique si admirable, qu’on dirait que le Fiat Suprême souffle sur toutes les choses créées comme si c’étaient autant d’instruments de musique, pour former les plus belles de toutes les mélodies, de telle sorte qu’en les entendant, les créatures seraient en extase.

Alors le Royaume du Fiat Suprême aura l’écho de la musique de la Patrie Céleste et l’écho de la musique de la Création. L’ordre, l’harmonie et leur mouvement continuel autour de leur Créateur seront tels et si grands que chaque acte, chaque parole et chaque pas sera une mélodie distincte. Ils seront comme autant d’instruments de musique différents, qui recevront le souffle du divin Vouloir. Ainsi, tout ce qu’ils feront sera comme autant de concerts qui feront la joie et la fête continuelle du Royaume du divin Fiat. Pour ton Jésus, il n’y aura plus de différence entre rester dans la Patrie Céleste et descendre et rester parmi les créatures dans le Royaume du Fiat Suprême sur la terre. Notre œuvre, la Création, criera alors victoire et connaîtra un triomphe complet. Nous aurons les trois royaumes en un seul, symbole de la sacro‑sainte Trinité, parce que toutes nos œuvres portent la marque de Celui qui les a créées. »

Je pensais alors : « Les vrais enfants du Fiat Suprême seront heureux et dans l’abondance, et pourtant, ma Maman Reine et Jésus Lui‑même, qui était la Divine Volonté même, étaient pauvres sur cette terre. Ils souffraient les misères et les difficultés de la pauvreté. »

Et mon doux Jésus ajouta : […] Nous aurions pu faire surgir des palais somptueux et des banquets garnis de mets inconnus. […] Notre pauvreté était une marque d’amour. C’était la pauvreté de l’exemple pour enseigner aux créatures le détachement envers toutes les basses choses de la terre. » (28 janvier 1927).

L’Eucharistie dans le Royaume de la Parousie

Le début de la Parousie est une manifestation universelle fulgurante qui est un événement avec un Avant et un Après. Durant le « temps » du millenium, les hommes sont encore sur la terre. Or, les sacrements sont faits pour les corps, pour la vie terrestre… A partir du grand événement initial, dans le « temps » de la Parousie, comme dans le temps pascal, il y aurait une pédagogie : le Christ apparaîtrait très souvent, et, à la fin de chaque apparition, il y aurait place, plus que jamais, pour les sacrements, intensément désirés, compris et vécus. C’est aussi ce que suggère saint Irénée quand il imagine « sur chaque grappe dix mille grains, et chaque grain pressé donnera vingt-cinq cuves de vin »[9]. La Parousie ne rendra pas caduque la célébration de l’Eucharistie, le Christ désire non seulement se manifester comme une évidence extérieure, il désire aussi vivre en nous et nous sanctifier dans l’âme (et l’esprit) et le corps.

Saint IRÉNÉE écrit : « Pour nous, notre façon de penser s’accorde avec l’Eucharistie, et l’Eucharistie en retour confirme notre façon de penser »[10].

Le mystère eucharistique nous aide à relativiser toutes les difficultés, normales, que nous avons à imaginer le Royaume des justes :

L’Eucharistie a un aspect sensible, le royaume des justes aussi.

L’Eucharistie se réalise avec du pain et du vin ; saint Irénée reprend pour le royaume des justes les images exubérantes du blé et de la vigne, le pain et le vin eucharistique sont suggérés.

L’Eucharistie, c’est la présence de Jésus. Le royaume des justes commence dans la Parousie, c’est-à-dire dans la présence du Christ ressuscité.

En parlant du Sacrement Eucharistique, Jésus dit à Luisa : « Quelle n’est pas la différence entre une personne malade qui prend la même nourriture, et une autre qui jouit d’une santé parfaite ? Celle qui est infirme la prend sans appétit, sans goût, et elle lui permet de se soutenir et de ne pas mourir. La personne en bonne santé mange avec appétit et parce qu’elle y prend plaisir, elle en reprend et se maintient forte et en bonne santé. Aussi, quelle ne sera pas ma satisfaction en voyant que, dans le Royaume de ma Volonté, tout ce que Je fis ne servira plus de nourriture aux malades, mais servira d’aliment aux enfants de mon Royaume qui seront tous pleins de vigueur et en parfaite santé ! […]

En fait, ma Volonté se donnera toujours plus, elle ne se satisfera pas de se donner une fois par jour, mais continuellement, car elle sait que ceux qui ont un palais pur et un estomac solide peuvent goûter et digérer à tout moment la force, la lumière et la Vie Divine. Et les sacrements, ma Vie Sacramentelle, serviront d’aliment et de bonheur nouveau à la vie du Fiat Suprême qu’ils posséderont. […]

Quelle ne sera pas ma joie de me donner sacramentellement aux enfants du Fiat Éternel et de trouver en eux ma propre Vie ? Alors oui, J’obtiendrai le fruit complet de ma Vie Sacramentelle. Les espèces consommées, Je n’aurais plus la peine de laisser mes enfants sans la nourriture qu’est ma Vie continuelle, parce que ma Volonté, plus que les accidents sacramentels, maintiendra toujours sa Vie Divine dans sa pleine possession. » (2 novembre 1926)

Le royaume de la Vierge et des saints

Saint Louis-Marie de Montfort écrivait dans son Traité de la vraie dévotion : « C’est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c’est aussi par elle qu’il doit régner dans le monde » (VD 1). « C’est par Marie que le salut du monde a commencé, et c’est par Marie qu’il doit être consommé » (VD 49) et ce thème revient encore souvent[11].

Luisa prend en quelque sorte la relève en priant : « Reine souveraine, je viens cacher mon petit amour dans la grande mer de ton amour, mon adoration envers Dieu dans l’immense océan de la tienne. […] Ma Maman Reine, je dois utiliser ta propre vie, tes propres mers d’amour et de grâces pour faire la conquête du Fiat et pour lui faire concéder son Royaume sur la terre, tout comme tu l’avais conquis pour faire descendre le Verbe Éternel. Ne veux-tu pas aider ta petite fille et me donner tes mers afin que je puisse obtenir que le Royaume du Fiat Suprême vienne bientôt sur la terre ? » Et Jésus confirme : « Vois combien ta Maman te soutient en te donnant tout ce qu’elle a. Mieux encore, elle se sent honorée que ses mers immenses puissent te servir à demander un royaume si saint. » (2 novembre 1926).

Quelques jours plus tard Jésus lui dit : « Ma fille, ma Céleste Maman fut la première à occuper la première place au ciel en tant que Fille de la Volonté Suprême. […] Et comme elle fut la première de la génération de ma Volonté, le Royaume du Fiat sera également appelé ‘royaume de la Vierge’. » (10 novembre 1926). On notera que ce message fait écho à la phrase du 3e secret de Fatima (qui n’avait pas encore été publié) : « À la fin, mon Cœur immaculé triomphera. »[12]

Nous savons que ce Royaume sera inauguré par la Venue glorieuse du Christ, accompagné des saints (1Th 3,13), que l’Apocalypse décrit comme des cavales célestes (Ap 19,14) et revêtus de « byssus pur et lumineux ! Le byssus, en effet, ce sont les [actions] droites des saints. » (Ap 19,7-8, de l’araméen).

Jésus dit à Luisa : « Ma fille, plus tu fais tes rondes dans ma Volonté afin de répéter tes actes, plus la sphère de ce globe de lumière s’agrandit. Plus sa puissance de lumière augmente, plus peuvent s’étendre ses rayons qui doivent illuminer le royaume du Fiat Éternel. Tes actes, fusionnés, dissous dans ma Volonté, formeront le Soleil spécial qui doit illuminer un royaume si saint. Ce soleil possédera la puissance créatrice et en étendant ses rayons, il laissera la marque de sa sainteté, de sa bonté, de sa lumière, de sa beauté et de sa ressemblance divine. Ceux qui se laisseront illuminer par sa lumière sentiront la puissance d’une nouvelle création de joies, de contentements et de biens infinis. » (9 octobre 1926)

Et le Christ le remettra à Dieu le Père (1 Co 15,22-27)

Le Livre du Ciel souligne que c’est vers le Père que finalement tout doit remonter (il n’y a pas besoin d’attendre le retour du Christ pour cela) :

« Jésus dit à Luisa : Lorsque l’âme en vient à posséder le Fiat Suprême, le premier acte de Dieu est de mettre ses biens en commun avec elle. Centrant son Soleil en elle, par le courant de sa lumière, Il fait descendre ses biens dans les profondeurs de l’âme ; et elle, elle prend tout ce qu’elle veut et à travers ce même courant de lumière qu’elle possède, elle fait remonter ces biens vers son Créateur comme le plus grand hommage d’amour et de gratitude. Ce même courant les fait redescendre à nouveau vers elle. Ainsi, ces biens montent et descendent continuellement, comme une assurance et un sceau de communion entre le Créateur et la créature. » (6 février 1927).

Jésus dit aussi à Luisa : « Il [le Père céleste] veut inaugurer une ère nouvelle, une nouvelle Création, comme si la Création commençait une nouvelle histoire. » (30 janvier 1927). Ce qu’il convient d’entendre en lien avec ce que dit saint Paul :

« 22 En effet, c’est en Adam que meurent tous les hommes ; c’est dans le Christ que tous revivront 23 mais chacun à son rang : en prémices, le Christ.

Ensuite ceux qui appartiennent au Christ lors de sa venue.        

24 Ensuite viendra le terme quand il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité, toute puissance.

Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal. 25 C’est lui en effet qui doit régner jusqu’au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. 26 Et le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort,

27 car il a tout mis sous ses pieds » (1 Co 15,22-27).

Deux remarques importantes :     

Tous revivront : la résurrection des morts est nettement mise en lien avec la propre Résurrection du Christ. Jésus est le modèle ; mieux encore Jésus nous incorporera dans sa Résurrection.

Le « Ensuite » (araméen « hāydēn », repris par le grec « eita ») au début du verset 24 indique une consistance propre au temps inauguré par le verset 23 : c’est le « temps » de la venue du Christ, ce que saint Irénée appelle le royaume des justes (étape du processus de la fin), et qui conduit au Père (étape ultime et ineffable), cf. Ap 19-21. Le Christ conduit au Père…

Certaines traductions françaises remplacent ce second « ensuite » par « alors » c’est-à-dire en même temps, trompant ainsi le peuple chrétien.

Ce texte, repris dans la préface de la fête du Christ-Roi, est aussi le texte central cité par saint Irénée pour étayer sa doctrine du « royaume des justes » ; on lit en effet, juste avant la conclusion du livre V de son ouvrage « Contre les hérésies » : « Tels sont, au dire des presbytres, disciples des apôtres, l’ordre et le rythme que suivront ceux qui sont sauvés, ainsi que les degrés par lesquels ils progresseront : par l’Esprit ils monteront au Fils, puis par le Fils ils monteront au Père, lorsque le Fils cédera son œuvre au Père, selon ce qui a été dit par l’Apôtre… [et saint Irénée cite 1 Co 15,25-28] »[13].

On lit aussi, pour la fête du Christ roi (année C), ce passage de saint Paul : « Vous remercierez le Père qui vous a mis en mesure de partager le sort des saints dans la lumière. Il nous a en effet arrachés à l’empire des ténèbres et nous a transférés dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1,12-13). Ce que nous pourrions commenter avec une parabole que Jésus donne à Luisa et que nous résumons. Dieu le Père est comme un roi qui veut voir son peuple heureux, chacun recevant un terrain riche. Malheureusement, plongés dans les ténèbres intérieures, les hommes se servent de ses terres sans les rendre utiles. Un homme (on reconnaît Jésus) proclame par ses actes comment se comporter en bon Fils, en bon héritier. Il fait de son terrain un beau jardin et il appelle le roi et lui dit : Ce sont vos terres. Il est juste qu’elles soient toutes à votre disposition. Le roi est si ravi de cette loyauté qu’il lui dit : Je veux que tu sois roi avec moi et que nous régnions ensemble. Puis cet homme amène une bonne partie des gens à l’imiter, à faire de leur terrain un beau jardin et à former un peuple loyal. Alors le roi (c’est-à-dire Dieu le Père) leur donne le titre d’enfants du roi et veut qu’ils soient roi avec lui. Et, conclut Jésus, « il en sera de même pour ma Divine Volonté… » (13 février 1927).

 

[1] Saint JUSTIN, Dialogue avec Tryphon,80

[2] Edgar MORIN, Jean-Louis LE MOIGNE, L’intelligence de la complexité, Paris, L’Harmattan, 1999, p. 255.

[3] PAPIAS ne fait pas l’erreur des judéo-nazaréens et du proto-islam qui attendaient que Jésus redescende physiquement à Jérusalem ou à Damas…

[4] Une organisation qui, probablement, aura la stabilité des royautés avec la participation de chacun aux décisions et au bien commun, selon les compétences et les qualités des uns et des autres… Avec les principes de subsidiarité (responsabilités locales), de destination commune des biens (partage), etc.

[5] Saint Office,21 juillet 1944, cf. DS n° 3839.

[6] Apocalypse de Baruch XXIX,5-6, dans SC 144, t 1 , p. 483.

[7] Saint IRÉNÉE, Contre les hérésies, V, trad. Adelin Rousseau, Louis Doutreleau, Charles Mercier, SC 152, Cerf, Paris 1969, p. 190-191.

[8] Saint IRÉNÉE, Contre les hérésies, V,31,1

[9] Saint IRÉNÉE, Traité contre les hérésies, V,33,3

[10] Saint IRÉNÉE, Traité contre les hérésies, IV,18,5

[11] Cf. VD 13,22,50,158,217,262

[12] Mémoires de sœur Lucie, Vice-Postulaçāo dos videntes, Fatima 1991, p. 108-109

[13] Saint IRÉNÉE, Traité contre les hérésies, V,36,2

Date de dernière mise à jour : 06/05/2026