Livre du Ciel 16 Trois supports

Récit inaugural (17 juillet 1923)

La Rédemption et les deux volontés dans le Christ

Luisa et la longue histoire du « Fiat »

L’appui de Marie

Comment Jésus procède-t-il avec Luisa ?

Des vérités nouvelles, mais ce n’est pas complètement nouveau

Récit inaugural (17 juillet 1923)

Lex orandi, lex credendi : nous croyons comme nous célébrons. Le calendrier liturgique nous montre d’abord l’Ascension de Jésus au ciel, puis l’Assomption de Marie et enfin la fête de la Toussaint. L’entrée au ciel de tous les saints et leur glorification s’appuie sur celles de la mère de Jésus et sur celles de l’humanité de Jésus, qui en est la source première. Luisa se voit appelée à la sainteté et à vivre cette promesse d’être glorifiée dans la vie éternelle avec Jésus et Marie, sa vision l’aide à prendre conscience de cette sublime vocation, qui est aussi la nôtre.

« Je me sentais très affligée, ainsi privée de mon adorable Jésus. Lorsqu’Il se montrait, Il était tout silencieux. Ce matin, Il se montra dans mon intérieur, au milieu de deux colonnes, et Il en formait une troisième au milieu d’elles. Il s’appuyait tantôt sur l’une, tantôt sur l’autre, puis sur la colonne du milieu qu’Il élevait. »

Jésus lui explique : « pour que le travail que Je fais en toi soit plus beau, plus sûr, plus stable, Je l’ai placé entre deux piliers plus forts, plus hauts. L’un est mon Humanité et l’autre ma Mère, les seuls sur lesquels Je peux m’appuyer.

Mais deux supports ne me suffisent pas. J’en veux un troisième. Mais si Je ne le construis pas Moi-même, comment pourrais-Je l’avoir ? D’où la nécessité de mon travail. Tu me prêteras les matériaux, tous tes actes faits dans ma Volonté. Plus tu en feras, plus tu m’apporteras de matériaux, et Je m’efforcerai de le construire. Ensuite, Je me reposerai et Je te parlerai. »

Et Jésus ajoute : « Ma fille, as-tu vu combien Je dois travailler pour former le troisième support et comme tu dois préparer les matériaux pour que Je puisse travailler ? Et à quelle hauteur elle doit s’élever pour accomplir l’œuvre de ma Volonté en toi et quelle couronne doit enserrer ton front ? Par conséquent, ne perds pas une minute de temps et reste bien dans ma Volonté. » (17 juillet 1923).

Attention. L’image des colonnes ne représente pas que l’agir de Marie ou celui de Luisa seraient « parallèles » à celui de Jésus. Non, ces colonnes, visualisant ici l’union entre la terre et le ciel, représentent l’union de la volonté humaine (la terre) à la volonté divine (le ciel). Saint Pierre a écrit que notre vocation est d’être « participants de la nature divine » (2P 1,4). Saint Athanase utilise le mot « théosis » qui signifie « devenir par la grâce ce que Dieu est par nature »[1]. Or ceci est « en construction » en la personne de Luisa et de chacun d’entre nous, et elle doit s’appuyer sur trois supports :

  • Jésus qui a vécu l’union des volontés au niveau hypostatique,
  • Marie qui est l’exemple humain parfait,
  • les actes personnels, c’est pourquoi Jésus encourage Luisa à répéter ses actes : on connaît l’importance des habitus dans la croissance spirituelle.

Nous expliquerons mieux comment Jésus et Marie sont un support pour Luisa.

Les habitus sont une disposition, ils servent à nous adapter à telle ou telle action. Par exemple, il faut faire beaucoup de gammes sur un piano avant d’être capable de jouer une sonate. Cependant, un seul acte de la raison peut produire un habitus scientifique[2].

La participation à la vie divine dépasse la capacité de la nature humaine, mais c’est le but de la vie humaine et sa parfaite béatitude. Saint Thomas d’Aquin observe : « Parce qu’il faut que les habitus soient proportionnés à l’objet même auquel ils nous adaptent, il est nécessaire que les habitus qui nous préparent à cette fin dépassent, eux aussi, la capacité de la nature humaine. Voilà pourquoi de tels habitus ne peuvent jamais être dans l’homme que par infusion divine. C’est le cas de toutes les vertus données par grâce. »[3] En ce sens, Luisa voit Jésus qui « construit » : la foi, l’espérance et la charité sont au-dessus des vertus humaines ; ce sont les vertus de l’homme en tant qu’il est devenu participant de la grâce divine.[4] Mais Jésus a besoin comme matériaux des « actes » de Luisa.

Le professeur Labourdette explique :

« Il y a toujours des esprits, de nos jours surtout, qui sont tentés de préférer une représentation de la vie surnaturelle apparemment plus divine : la vie surnaturelle, essentiellement constituée par des actes, serait sous la dépendance immédiate d’une action directe de Dieu, présent dans l’âme, sans qu’il y ait, entre lui et les actes, cette zone intermédiaire des habitus.

[…] Si la vie surnaturelle en nous n’était que dans les actes mus par Dieu, nous n’en serions pas les principes propres et suffisants – c’est dire que ce ne serait même plus une vie. […] Mais il ne s’agit pas de la vie qui est en Dieu et que Dieu a partout où il se trouve, même en nous ; il s’agit de la vie divine qu’il nous donne, qui devient nôtre, de laquelle nous sommes bien vivants. Dès lors, la réalité de notre élévation surnaturelle apparaît beaucoup plus grande et plus magnifique : nous sommes intérieurement haussés à être les principes suffisants de nos opérations surnaturelles (ayant besoin, comme toute créature, de la motion divine pour passer à l’acte). » [5]

Et « quand les actes se répètent, l’habitus se développe. »[6]

C’est ainsi que Luisa doit produire des actes : elle doit vivre, elle doit faire grandir les habitus surnaturels qu’elle a reçus.

La Rédemption et les deux volontés dans le Christ

Le récit inaugural donnait : « Pour que le travail que Je fais en toi soit plus beau, plus sûr, plus stable, Je l’ai placé entre deux piliers plus forts, plus hauts. L’un est mon Humanité » (17 juillet 1923). La verticalité d’un pilier relie la terre au ciel et peut représenter la volonté qui est, dans le Christ, le lieu de l’union de la nature humaine et de la nature divine (Concile de Constantinople III, à la suite de saint Maxime le Confesseur). Cette vérité est déjà exprimée dans le texte de l’évangile quand on le lit dans la langue des apôtres, l’araméen, et cela dès l’enseignement primitif de Pierre et Jean : « Tu es mon fils bien-aimé, en toi je me suis complu [ber ḥabbīḇā bāḵ eṣṭḇīṯ] » (Mc 1,11) ; eṣṭḇīṯ est la forme passive ou réfléchie du verbe ṣbā, qui signifie désirer, aimer, vouloir, se complaire en… La complaisance du Père dans son Fils est une union des volontés. Il est possible de dire que Jésus porte en lui le divin vouloir, pour souligner la puissance et le dynamisme correspondant à une forme verbale.

Jésus parle à Luisa de cette union en sa personne des deux volontés (ma Volonté Suprême et ma volonté humaine) :

« Ma fille, si ma Volonté Suprême n’avait pas laissé ma volonté humaine entrer en elle, mon Humanité, si sainte et pure qu’elle fût, n’aurait pas pu effectuer la Rédemption complètement. Ma volonté humaine n’aurait pas eu la vision universelle de Dieu. Par conséquent, elle aurait été incapable de voir tous les êtres. Elle n’aurait pas eu l’immensité de Dieu et aurait été incapable de tout embrasser. Elle n’aurait pas eu l’omnipotence de Dieu et aurait été incapable de sauver toutes les créatures. Elle aurait été privée de l’éternité et aurait été incapable de tout réunir en un seul point et de remédier à tout. Ainsi, le premier rôle dans la Rédemption revint à ma Divine Volonté et le second à mon Humanité. » (5 août 1924).

Luisa et la longue histoire du « Fiat »

Dans le récit inaugural (17 juillet 1923), « la colonne Luisa » doit atteindre la même hauteur que « la colonne Jésus » et « la colonne Marie » ! C’est une représentation imagée de la participation à la nature divine à laquelle nous sommes tous appelés et dont parle saint Pierre (2P 1,4).

La participation à la nature divine se fait dans un acte d’adoration.

« [Jésus dit à Luisa :] Adorer est en premier lieu reconnaître la Volonté du Créateur dans le but de s’y conformer. […] Alors, sans savoir comment, Jésus me serra plus fermement et m’éleva plus haut que d’habitude, au milieu d’une lumière infinie. […] Vois, ma fille, l’acte premier des Divines Personnes est le parfait accord entre leurs Volontés. […] Et cette Volonté unique produit un acte d’adoration continuel et parfait entre les Personnes Divines : chacune adore les autres[7]. Cet accord entre nos Volontés produit une égalité de sainteté, de lumière, de bonté, de beauté, de puissance et d’amour. Il fait régner en nous l’ordre et la paix et il nous donne des joies et un bonheur immenses, et des béatitudes infinies. L’accord entre la volonté humaine et la Volonté Divine est le lien premier entre le Créateur et la créature par lequel, comme à travers un canal, les vertus divines descendent en la créature et produisent en elle la véritable adoration et le parfait amour pour son Créateur. » (13 mai 1924).

Le rôle de Luisa s’inscrit dans un processus historique.

Le livre du Ciel nous a initiés à une théologie de l’histoire, largement expliquée dans le tome 12. Le fait de se voir attribuer un rôle dans ce processus historique, voilà qui est très difficile à accepter. Luisa va penser que Jésus lui fait une « farce » (28 novembre 1923) !

Mais Jésus l’encourage. À l’origine, dit Dieu, entre l’homme et Nous, « il y avait une parfaite entente, des joies communes, des réjouissances innocentes. […] Mais quand, en péchant, l’homme rompit l’union de sa volonté avec la Nôtre, ces joies cessèrent ». Quand Jésus s’incarna, alors ont pu reprendre toutes les joies, la gloire, le retour d’amour de toute la Création. Or, jusqu’à présent, ces joies ont été « passagères », alors qu’elles devraient être « sans interruption ». La Fin du monde n’adviendra pas avant que la création ne rende amour pour amour, afin qu’avec le Seigneur « les joies pures de la Création et les amusements innocents reprennent leur cours sur la surface de la terre ». Et c’est ce à quoi Luisa doit préparer les générations (22 février 1924).

« Je placerai en toi tous les fondements et les enseignements nécessaires pour que la loi éternelle de ma Volonté soit bien comprise. Et quand l’Église se chargera de donner des explications et des commentaires sur cette loi, elle ne s’éloignera jamais de la source première formée par Moi. […] La raison pour qu’un de mes ministres t’accompagne est qu’il soit pleinement informé de la loi de ma Volonté, qu’il en soit le témoin et le dépositaire et, qu’en tant que fidèle ministre de mon Église, il fasse connaître ce si grand bien. » (24 février 1924).

Et l’on peut rappeler ici l’enseignement de saint Thomas : « Étant donné que la grâce a pour objet de ramener l’homme à Dieu, cela se fera selon un certain ordre, en ce sens que les uns seront ramenés à Dieu par d’autres. Sous ce rapport il y aura donc une double grâce. L’une unira l’homme à Dieu : c’est la grâce qui le lui rend agréable. L’autre permettra à un homme de coopérer au retour vers Dieu d’un autre homme […] C’est de cette grâce que parle l’Apôtre quand il écrit 1 Co 12,7) : ‘A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit pour l’utilité’ des autres. »[8]

Luisa doit comprendre la longue histoire du « Fiat » pour pouvoir ensuite l’enseigner les autres.

« Dieu explique pourquoi, « à la Création, la Sagesse Toute-Puissante voulut prononcer le Fiat. Elle aurait pu créer toutes choses sans prononcer un seul mot, mais, comme elle voulait que sa Volonté plane au-dessus de toutes choses […], elle prononça le Fiat. En le prononçant, elle communiqua à la Création les prodiges de sa Volonté afin que toutes choses puissent avoir sa Volonté comme vie, comme régime, comme exemple et comme éducatrice. »

Après avoir créé l’univers, « quand Je voulus créer l’homme, Je ne fis rien d’autre que répéter mon Fiat. Et comme si Je voulais le pétrir avec ma propre Volonté, J’ajoutai : Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance. En vertu de notre Volonté, il gardera notre ressemblance entière en son intérieur. »

Ainsi, « la Sagesse incréée […] voulut prononcer ce mot, cette leçon si sublime et si nécessaire pour tous. Et ce Fiat plane encore au-dessus de toute la Création, prêt à descendre sur la terre pour investir l’homme, l’enclore de nouveau en lui […]. Issu de ma Volonté, qu’il puisse revenir dans ma Volonté. »

Tout ce que Dieu a dit sur sa Volonté avait pour but ceci : « que ma Volonté soit connue et en vienne à régner sur la terre. Ce que J’ai dit arrivera. Je vais tout faire pour obtenir cela, mais tout doit me revenir par l’entremise de ce mot : Fiat. »

Car « Dieu a dit Fiat et l’homme doit dire Fiat. Dans toutes ses choses, il n’aura rien d’autre que l’écho de mon Fiat, la marque de mon Fiat, les effets de mon Fiat, ce qui me permettra de lui donner les biens que contient ma Volonté. »

Alors « l’âme, empruntant le même chemin que mon Fiat, deviendra si sublime, divinisée, sanctifiée, enrichie, que le Ciel et la terre seront étonnés à la vue des prodiges accomplis en elle par mon Fiat. » Dieu promet « de nouvelles grâces jamais données auparavant, une lumière plus brillante, des prodiges inouïs jamais vus auparavant. »

Il conclut : « J’agis comme un professeur qui enseigne les sciences à son disciple : s’il enseigne à son disciple, c’est parce qu’il veut en faire un enseignant comme lui. C’est ainsi que Je fais avec toi. Cette sublime leçon porta sur mon premier mot Fiat. La prière que J’ai enseignée était Fiat, sur la terre comme au ciel.[9] » (24 mai 1924).

Luisa, dont Jésus ne dit pas qu’elle est exempte du péché originel, se voit donc investie d’une mission historique. Cette mission fera souvent trembler Luisa.

Le rôle de Luisa est aussi d’intercéder avec la puissance de la Volonté suprême.

« Pour que le Que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel se réalise, il faut que J’ouvre à nouveau les portes de la Volonté Éternelle, que Je laisse une autre créature y entrer et que, en lui laissant le champ libre, Je lui permette, dans toutes ses actions, de la plus grande à la plus petite, d’agir dans la vision universelle, l’immensité et la puissance de ma Volonté. Quand tu entreras en Elle et que tu émettras tes pensées, tes mots, tes travaux, tes pas, tes réparations, tes peines, ton amour et tes actions de grâce, la Volonté Suprême forgera tous tes actes et les marquera de l’image divine. Avec la valeur des actes divins qui, étant infinis, peuvent agir pour tous, atteindre tous, et avoir une telle ascendance sur la Divinité, ils pourront faire descendre la Volonté Suprême sur terre avec tous ses biens. » (5 août 1924).

L’appui de Marie

Le récit inaugural montrait Jésus construisant une colonne en Luisa et nécessitant trois appuis : Jésus, Marie et les actes de Luisa. La tradition de l’Église a en effet enseigné que Marie est « un appui » pour les fidèles. Par exemple, Romanos le Mélode, mort entre 555 et 565, met sur les lèvres de Marie : « Je ne suis pas simplement ta mère, Sauveur miséricordieux ; ce n’est pas en vain que j’allaite le dispensateur du lait, mais je te prie pour tous les hommes. Tu as fait de moi la voix et l’honneur de toute ma race ; la terre que tu as faite a en moi une sûre protection, un rempart et un appui. Vers moi tournent le regard ceux que tu chassas du paradis de délices, car je les y ramène ; afin qu’ils parviennent à la connaissance de toutes choses par moi qui t’ai engendré[10], mon petit enfant, Dieu d’avant les siècles. Sauveur, sauve le monde : c’est pour cela que tu es venu ! »[11]

Et Vatican II enseigne :

« Le rôle maternel de Marie à l’égard des hommes n’offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu. Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge sur les hommes a sa source dans une disposition purement gratuite de Dieu : elle ne naît pas d’une nécessité objective, mais découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s’appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d’où elle tire toute sa vertu ; l’union immédiate des croyants avec le Christ ne s’en trouve en aucune manière empêchée, mais au contraire aidée. » (Lumen Gentium 60).

Venons-en au Livre du Ciel.

Le 20 août 1923, alors que Luisa considère qu’elle « ne sait rien faire de bon comparativement aux saints qui firent tant de bien, de choses sensationnelles, de miracles », Jésus commence par répondre que la sainteté dans la divine volonté est « plongée dans l’éternel soleil de ma Volonté qui, envahissant tout, est lumière sans paroles, feu sans bois, une sainteté sans clameurs, sans fumée. » Et il ajoute :

« Et puis il y a l’exemple de ma Maman : elle a la vraie sainteté de la vie dans ma Volonté. Son intérieur était totalement plongé dans le soleil éternel de la Suprême Volonté. Devant être la Reine de la sainteté des saints et la Mère de toutes les créatures en faveur de qui elle devait porter ma vie et, par conséquent, tous les biens, elle était comme dissimulée à l’intérieur de tous, leur apportant mes biens sans se faire reconnaître. Plus que le silencieux soleil, elle apportait la Lumière sans paroles, le Feu sans clameurs, le Bien sans s’afficher. Aucun bien n’est venu sans elle. Aucun miracle ne s’est accompli sans passer par elle. »

Cette dernière phrase est traditionnelle. L’homélie prononcée au Concile d’Éphèse en novembre 431 disait déjà : « Par toi, la croix est vénérée dans le monde entier, […] Par toi, le monde entier, possédé par l’idolâtrie, est arrivé à la connaissance de la vérité, […] Par toi, les peuples ont été amenés à la conversion. »[12] Certes, Marie s’occupe de tous les hommes, même ceux qui ne la prient pas, mais, et le pape Léon XIII revient une bonne dizaine de fois sur cette doctrine : de par la volonté de Dieu, affirme-t-il avec beaucoup de force, absolument rien (nihil prorsus) ne nous est accordé si ce n’est par Marie.[13]

Jésus continue : « En vivant dans ma Volonté, elle y demeurait cachée. Elle était et est toujours à l’origine des biens de tous. » (20 août 1923). Encore une fois, cette dernière expression se comprend dans le sens de l’enseignement commun de l’Église, tel que nous le lisons par exemple chez Pie X : « Il s’en faut donc grandement que nous attribuions à la Mère de Dieu une vertu productrice de la grâce – vertu qui est de Dieu seul. Néanmoins, parce que Marie l’emporte sur tous en sainteté et en union avec Jésus-Christ, et qu’elle a été associée par Jésus-Christ à l’œuvre de la rédemption, elle nous mérite de congruo, comme disent les théologiens, ce que Jésus-Christ nous a mérité de condigno, et elle est la ministre suprême de la dispensation des grâces. »[14]

Jésus continue et en donne la raison intérieure : « Elle était si ravie en Dieu, si fixée en la Divine Volonté que tout son intérieur nageait dans la mer de cette Éternelle Volonté. Elle connaissait l’intérieur de toutes les créatures et y plaçait son propre intérieur dans le but de tout y réordonner en Dieu. » (20 août 1923).

L’exemple de Marie éclaire la vocation de Luisa : « C’est ce que tu dois faire, ma fille : me charmer pour en arriver à m’attacher si fermement à ton intérieur tout réordonné dans la Divine Volonté que cette Volonté descende du Ciel vers la terre afin d’y être connue et d’y régner comme elle règne au Ciel. Ne te préoccupe de rien d’autre. Celui qui doit faire les grandes choses n’a pas besoin de faire les plus petites. La porte est ouverte aux autres pour qu’ils accomplissent les petites choses, de manière à ce que tout soit accompli. » (20 août 1923).

En ce sens, saint Thomas disait simplement que « la prophétie, les miracles, etc., sont pour les hommes comme des invites à rejoindre la fin ultime. Voilà pourquoi la grâce qui rend agréable à Dieu est bien supérieure à la grâce gratuitement donnée ».[15] Le livre du Ciel est plus précis.

 

Luisa raconte :

« Je priais les Heures de la Passion, et j’en étais à celle où la Mère attristée reçut son Fils mort dans ses bras et le déposa dans le sépulcre. Je dis à Marie :

‘Douce Maman, aux côtés de Jésus, je dépose dans tes bras toutes les âmes afin que tu les reconnaisses toutes comme tes enfants, tu les inscrives une à une dans ton Cœur et tu les places dans les plaies de Jésus. Elles sont les enfants de ton immense douleur et cela est assez pour que tu les reconnaisses et les aimes. Je veux placer toutes les générations dans la Suprême Volonté de telle sorte que personne ne manque et, au nom de toutes, je te réconforte et compatis avec toi.’»

Alors Jésus révéla à Luisa que sa sainte mère connaissait l’histoire du monde depuis la création et la chute, et qu’elle avait perçu la douleur que la Divinité ressent de ne plus pouvoir donner à l’homme puisqu’il a brisé le lien. Alors « absorbant en elle notre Volonté rejetée par les hommes, elle faisait réparation et l’aimait en leur nom. […] Vois‑tu donc avec quelle nourriture cette Mère très aimante nourrit ses enfants ? Cette nourriture lui coûta durant toute sa vie des souffrances inouïes, même la vie de son Fils. Elle forma ainsi en elle un dépôt abondant de cette nourriture de ma Volonté pour la garder disponible pour tous ses enfants en tant que Mère tendre et aimante.» (24 novembre 1923).

Déjà, Anasthase d’Antioche (†599) saluait Marie comme « nourriture de vie et source d’immortalité », à cause de son lien maternel avec son fils. [16]

Le dépôt que Marie forme en elle ne doit pas être interprété comme « un dépôt de grâce séparé de Dieu », au contraire, le contexte du Livre du Ciel insiste sur l’inhabitation du Christ en Marie et nous fait percevoir, selon les recommandations du magistère récent, que Dieu « dans sa toute-puissance généreuse et libre, a voulu l’associer à la communication de cette vie divine jaillie d’un centre unique, centre qui est le Cœur du Christ et non pas de Marie » [17] ; le Livre du Ciel appelle ce centre unique « la Divine Volonté ».

Jésus ajoute : « si ma Maman fit cela pour l’œuvre de la Rédemption, toi aussi tu dois le faire pour l’œuvre du Que ta volonté soit faite » [c’est-à-dire la Parousie au moment du retour glorieux du Christ]. Il s’agit de « préparer la nourriture de nos enfants. En cela, tu imiteras ma Maman. Cela te coutera beaucoup, mais, face à ma volonté, tout sacrifice te paraîtra dérisoire. Fais-le comme une petite : ne quitte jamais mes bras, je continuerai de te raconter l’histoire de ma Volonté » (24 novembre 1923).

Et quelques mois plus tard :

« Ma fille, Je bénis ton cœur, les battements de ton cœur, tes affections, tes paroles, tes pensées et même tes plus petits mouvements afin que, avec ma bénédiction, tout en toi soit investi d’une vertu divine. Ainsi, en entrant dans ma Volonté et en vertu de cette bénédiction, tout en toi pourra diffuser cette divine vertu, se donner à tous et Me multiplier en chacune des créatures, de manière à me donner l’amour et la gloire comme si tous avaient ma Vie en eux. Par conséquent, entre dans ma Volonté, promène‑toi entre le Ciel et la terre et visite chacun.

[…] Donc, place tes pensées, tes paroles, tes battements de cœur, tes souffrances et tout ton être en circulation dans ma Volonté. Ne laisse rien en toi afin que, par le passeport de la lumière de ma Volonté et par ma divine Vertu, tu puisses entrer dans chaque action des créatures et multiplier ma Vie en chacune. » (19 mars 1924).

Mais le confesseur n’étant pas convaincu, car il pense que l’on devrait voir un effet immédiat dans le monde, Jésus développe ses explications en parlant de sa très sainte mère.

« Ma Maman aussi possédait ma Volonté comme Vie. Ceci n’empêcha pas le monde de continuer sa course dans le mal : rien ne semblait avoir changé, on ne voyait aucun miracle extérieur. Cependant, ce qu’elle ne faisait pas ici‑bas, elle le faisait dans le Ciel avec son Créateur. Par sa vie continuelle dans la Divine Volonté, elle forma en elle l’espace pour y recevoir le Verbe sur la terre. Elle changea le destin de l’humanité. » (22 mars 1924).

 Luisa, quant à elle, est appelée à « courir à l’intérieur de ma Volonté pour effectuer les actes contraires à tant de perversité » et à transmettre la « lumière de ma Volonté » afin que l’homme puisse être fortifié et ne plus tomber dans le mal. (22 mars 1924).

Quelques jours plus tard, dernier enseignement du livre 16, Jésus dit à Luisa :

« ’Vois donc combien il est nécessaire que tu englobes toutes les créatures et que tu parcoures tous leurs chemins, prenant sur toi les épreuves, les douleurs et les actions de tous, si tu veux que la majesté de ma Volonté descende en toi pour y poursuivre son chemin.’

Surprise d’entendre cela, je Lui dis : ‘Mon Amour, qu’est‑ce que Tu dis ? Tu sais comme je suis pauvre et dans quel état je me trouve. Comment puis‑je englober en moi la totalité de ta Volonté ? Au plus, avec ta grâce, je peux faire ta Volonté, je peux vivre en elle. Mais l’englober, c’est impossible, je suis trop petite. Il est impossible que je contienne une Volonté infinie.’

Il reprit : ‘Ma fille, cela montre que tu ne veux pas comprendre. Celui qui veut enfermer sa Volonté en toi te donnera la grâce et la capacité pour la contenir. N’ai‑je pas enfermé tout mon être dans le sein de ma céleste Maman ? Serait‑ce que Je n’aurais enfermé qu’une partie de Moi‑même en elle, laissant une partie au Ciel ? Certainement pas. Ne fut‑elle pas la première à prendre part à toutes les actions de son Créateur, à toutes ses souffrances, à s’identifier à Lui afin de ne rien omettre de ce qu’Il faisait ? Ne fut‑elle pas le point de départ du don de Moi‑même à toutes les créatures ?

Si J’ai fait cela avec mon inséparable Maman afin de descendre vers l’homme et d’accomplir ma Rédemption, ne puis‑Je pas le faire avec une autre créature en lui donnant la grâce et la capacité de contenir ma Volonté, en lui faisant prendre part à tous mes actes, en formant ma Vie en elle comme en une seconde Maman pour venir au milieu des créatures, pour me faire connaître d’elles et pour accomplir le Fiat Voluntas tua sur la terre comme au ciel ? Ne veux‑tu pas être le point de départ du règne de ma Volonté sur la terre ? Mais, oh ! comme il en a coûté à ma Reine Maman d’être le point de départ de ma venue au milieu des créatures ! Ainsi, il t’en coûtera d’être le point de départ du règne de ma Volonté au milieu des créatures. Celui qui doit tout donner doit tout enfermer en lui. On ne peut donner que ce que l’on a.’ » (1er juin 1924).

Comment Jésus procède-t-il avec Luisa ?

Le récit inaugural comportait un passage que nous avons omis dont il faut bien dire que le langage n’est pas théologique mais affectif et expérimental : « Ma fille, Je travaille, J’élargis, Je prépare. Et quand Je travaille, Je n’ai pas envie de parler. Je veux d’abord travailler et ensuite parler. Je ne me soucie pas de ta répugnance, parce que la puissance de ma Volonté est si grande qu’elle agit en toi et t’écrase si tu ne fais pas ce que Je veux. Cela à tel point qu’après une répugnance, tu es obligée de courir dans mes bras pour Me dire : Jésus, je Te prie de me faire faire ce que Tu veux. Tu veux bien ? Moi, je le veux ; et que tu ne me quitte plus tant que tu ne vois pas que ta volonté et la Mienne ne font qu’une. » (17 juillet 1923).

Dans un langage théologique, saint Thomas dit :

« D’après Denys : ‘Il n’appartient pas à la Providence divine de détruire la nature des choses, mais de la conserver.’ Elle meut donc tous les êtres selon leur condition, de telle sorte que, sous la motion divine, des causes nécessaires produisent leurs effets de façon nécessaire, et des causes contingentes produisent leurs effets de façon contingente. Donc, puisque la volonté est un principe actif non déterminé de façon unique, mais ouvert indifféremment à plusieurs effets, Dieu la meut sans la déterminer nécessairement à une seule chose; son mouvement demeure ainsi contingent et non nécessaire, sauf à l’égard des biens vers lesquels elle est mue par nature.

La volonté divine ne tend pas seulement à la réalisation d’un effet par la chose qu’elle meut, mais à ce que le mode de cette réalisation soit conforme à la nature de cette chose...

Ce qui est naturel à chaque être, c’est ce que Dieu opère en lui pour que cela lui soit naturel.

Si Dieu meut notre volonté vers une chose, il est alors impossible que notre volonté ne tende pas vers cette chose, mais ce n’est pas impossible absolument. »[18]

Luisa ne comprend pas l’œuvre de Jésus en elle, et elle se plaint souvent. Jésus lui explique : « Ne comprends‑tu pas qu’après avoir été moissonné, un champ paraît dévasté et pauvre ? Mais attends qu’il soit ensemencé de nouveau, et tu le verras plus fleuri qu’auparavant. » (20 octobre 1923).

Saint Paul écrivait : « Sommes-nous dans la tribulation ? C’est pour votre consolation-encouragement[19] et salut-vivification[20]. Sommes-nous consolés-encouragés ? C’est pour votre consolation-encouragement, qui vous donne de supporter avec constance les mêmes souffrances que nous endurons, nous aussi. » (2Co 1,6).

Un mois plus tard, Luisa a une vision : « [Jésus béni] me couvrait avec beaucoup de petites croix de lumière : en me regardant, je voyais une croix de lumière imprimée en chaque partie de son être. Jésus s’amusait, tantôt en multipliant ces croix, tantôt en voulant que la nouvelle‑née garde son regard fixé sur lui pour compter ses mots, lesquels lui servaient de nourriture et de moyen de grandir. » (28 novembre 1923). Des « croix » et une « nouvelle-née ». Les croix représentent des épreuves telles que l’on s’imagine parfois perdre la vie. La nouvelle-née c’est Luisa qui en sort aussi pure qu’au sortir du baptême.

Vivre dans la Volonté divine, c’est comme vivre dans « un somptueux palais », et il s’agit de prendre soin de s’informer de « ce qu’il convient d’y faire, sur les biens qui s’y trouvent, sur ce qu’il pourrait y prendre ou donner ». Or, « les pensées et les préoccupations centrés sur elle‑même, les peurs et les troubles sont comme des fenêtres, balcons et portes que l’âme dresse dans ma Volonté. Par ses fréquentes sorties, elle est amenée à voir et à sentir les misères de la vie humaine. Et puisque les misères sont sa propriété personnelle et que les richesses de ma Volonté sont miennes, l’âme s’attache plus aux misères qu’aux richesses. Ainsi, elle n’atteindra pas l’amour et ne savourera pas ce qu’est vivre dans ma Volonté. » (10 février 1924).

Un jour, Luisa se plaint très amèrement de ce qu’elle perçoit comme des absences ou des silences de la part de Jésus… Mais les appels de Luisa blessent aussi le cœur de Jésus qui lui dit : « As‑tu vu comme Je suis plus blessé que toi ? Cependant, sache qu’il existe différents manques d’amour résultant de mon absence. Ne crains pas, J’assume l’engagement de les combler car Je sais que tu ne peux pas faire en mon absence ce que tu fais quand Je suis avec toi. » (13 mai 1924).

À la fin du livre 16, Jésus précise sa façon de procéder avec Luisa :

« Quand les apôtres me virent monter au Ciel, la douleur de me perdre déchira le voile et ils me reconnurent comme le vrai Fils de Dieu, avec une telle certitude que l’intense douleur de ne plus me voir parmi eux leur insuffla la fermeté dans le bien et la force de tout souffrir pour l’amour de Celui qu’ils avaient perdu. Cela fit naître en eux la lumière de la science divine, leur enleva les langes de l’enfance et les transforma en hommes intrépides et courageux. Leur douleur les transforma et forma en eux le vrai caractère d’apôtres. Ce qu’ils ne purent obtenir en ma présence, ils l’obtinrent par la souffrance de mon absence. […]

Il fallait que Je procède de cette façon avec toi, c’est‑à‑dire que Je vienne très souvent et que Je te laisse ensuite en proie à la douleur d’être sans Moi. Puisque J’ai choisi de te faire connaître d’une manière toute spéciale une multitude de choses au sujet de ma Volonté, Je devais te laisser en proie à une souffrance divine continuelle parce que ma Volonté est divine et parce que c’est seulement sur des souffrances divines que Je pouvais établir son trône et étendre son domaine. » (29 mai 1924).

Des vérités nouvelles, mais ce n’est pas complètement nouveau

La veille de sa Passion, Jésus disait à ses apôtres : « J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière ; […] C’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous le dévoilera » (Jn 16,12-15). Dans l’esprit des apôtres, le dépôt révélé se complète donc par manière de révélation sur les mystères du Christ et de Dieu. Mais c’est là un « privilège des apôtres, incommunicable à leurs successeurs ; après eux, il n’y a plus de charisme révélateur, du moins de l’ordre de la révélation publique »[21].

Ensuite, le développement dogmatique est un phénomène de vie intellectuelle et spirituelle qui témoigne de la vitalité de l’Église. Cette vitalité n’est pas réservée au Magistère de l’Église. Reprenant l’idée profondément traditionnelle exprimée par saint Vincent de Lérins dans son ‘Commonitorium’, le premier concile du Vatican donnait cette parole encourageante : « Que croissent et progressent largement et intensément, pour chacun comme pour tous, pour un seul homme comme pour toute l’Église, selon le degré propre à chaque âge et à chaque temps, l’intelligence, la science, la sagesse, mais exclusivement dans leur ordre, dans la même croyance, dans le même sens et dans la même pensée »[22].

Ainsi, Luisa doit-elle grandir et progresser, transmettre des vérités nouvelles, mais qui sont toujours exclusivement dans la même croyance. Jésus lui dit : « Et puis, la vie de ma Volonté s’est déjà trouvée sur la terre. Cela n’est pas complètement nouveau, bien que ce fut comme en passant. Elle habitait mon inséparable et chère Maman. Si la vie de ma Volonté n’avait pas été en elle, Moi, le Verbe Éternel, Je n’aurais pas pu descendre du Ciel, Je n’aurais pas eu de chemin par où passer, de chambre où entrer, d’humanité pour couvrir ma Divinité, de nourriture pour me nourrir. » (10 novembre 1923).

Mais, continue Jésus, « si, au début, quand Je commençai à te parler, Je t’avais tout de suite parlé de ma Volonté : tu n’aurais pas compris. Je serais devenu comme un professeur qui, au lieu d’enseigner les premières lettres de l’alphabet à son élève, lui enseigne tout de suite les sciences et les langues étrangères. Pauvre enfant, il serait dérouté et n’apprendrait rien. […] Si cela a été nécessaire pour toi, ça l’était encore plus pour toute l’Église : Je devais d’abord lui faire connaître les choses simples avant la plus grande de toutes, à savoir ma Volonté. » (15 novembre 1923)

 

[1] Saint ATHANASE, De Incarnatione, I

[2] Cf. Saint THOMAS d’AQUIN, I-II Prima Secundae Qu.51 a.3

[3] Saint THOMAS d’AQUIN, I-II Prima Secundae Qu.51 a.4

[4] Saint THOMAS d’AQUIN, I-II Prima Secundae Qu.58 a.3

[5] Michel LABOURDETTE, o.p. La foi, Bibliothèque de la revue thomiste, Parole et Silence, Paris 2015, p. 170-171

[6] Saint THOMAS d’AQUIN, I-II Prima Secundae Qu.52 a.3

[7] Dans l’icône de la Trinité d’Andreï Roublev, les trois personnages — figure symbolique du Père, du Fils et de l’Esprit — sont assis autour de la table, dans une attitude d’inclination réciproque, dessinant une circulation de regard, de mouvement et d’offrande. Luisa parle d’une circulation « d’adoration » entre les Personnes divines, ce qu’il ne faut pas prendre au sens strict, car l’adoration (latreia) est, en théologie, l’acte de la créature envers Dieu, et non un mouvement interne à la Trinité. Le terme « adoration » a ici uniquement pour but d’éduquer notre propre adoration.

[8] Saint THOMAS D’AQUIN, I-II Prima Secundae Qu.111 a.1

[9] C’est-à-dire « Que ta volonté soit [faite] sur la terre comme au ciel » (Mt 6,10, Lc 11,2 en araméen). En araméen, il n’y a pas le verbe faire, mais simplement le verbe être [nehwe], tout comme dans la Genèse « Que la lumière soit, et la lumière fut » (Gn 1,3).

[10] Texte peu sûr. Nous adoptons le texte du P. Maas.

[11] ROMANOS LE MELODE, Hymne I sur la Nativité,23-24, source Chrétienne 110 par J. GROSDIDIER. DE MATONS, Cerf, Paris 1965, p.73-77

[12] Homélie tenue au concile d’Ephèse, PG 77,992-996

[13] Léon XIII, encycliques Octobri mense (1891) ; Jucunda semper (1894) ; Adjutricem populi (1895) Fidentem Piumque (1896) etc…

[14] PIE X, encyclique Ad Diem Illum § 14, 2 février 1904

[15] Saint THOMAS d’AQUIN, I-II Prima Secundae Qu.111 a.5

[16] Ipapante 2 ; Testi Mariani del Primo Millennio, II, p. 78

[17] DICASTÈRE POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Mater Populi fidelis, § 45.

[18] Saint THOMAS D’AQUIN, I-II Prima Secundae Qu.10 a.4, resp., ad 1.2.3

[19] araméen : būyāḵon : récponfort, encouragement, il vaudrait mieux traduire encouragement ; grec : παρακλησεως de la même racine qui désigne le Paraclet qui désigne l’Esprit Saint comme avocat ; latin : exhortatione (exhortation)

[20] Araméen ḥayaykon (dérivé du verbe vivre).

[21] Michel LABOURDETTE, o.p. La foi, op.cit., p. 94-95

[22] VATICAN I, Dei Filius, chapitre 4, DS 3020

Date de dernière mise à jour : 06/05/2026