Spécial carême - les vertus

Dans un monde marqué par le rejet de Dieu

Les quatre vertus cardinales

1. La prudence

2. La justice

3. La force

4. La tempérance

Avec Marie

Vertus humaines et vertus théologales

Quelques pages du Livre du Ciel

Dans un monde marqué par le rejet de Dieu

La situation de l’homme avant le Christ est différente de la situation de l’homme après le Christ, car alors, pour les uns, les vertus théologales accroissent les vertus morales, mais chez les autres, le refus du Christ les assèche : le diable est intervenu.

Le premier jour complémentaire du calendrier révolutionnaire français avait été dénommé « jour de la vertu ». Mais Maximilien de Robespierre, dans son discours du 5 février 1794, avait soutenu que si le gouvernement doit avoir la vertu comme ressort en situation de paix, c’est bien la terreur qui doit être son ressort en situation révolutionnaire. De plus, il concevait cette vertu comme un principe abstrait et on constate qu’en société, on parle de la vertu, mais on n’y persévère pas. L’avarice et la permissivité dominent.

« ‘Le temps, en effet, / approche !
Et [celui] qui est impie, / encore, sera impie.
Et [celui] qui avilit, / encore, s’avilira.
Et le juste, / encore, fera la justice.
Et le saint, / encore, se sanctifiera’. » (Ap 22, 10-11)

Le mot vertu vient du latin virtus, qui signifie force, vigueur, excellence.
Les vertus ne sont ni innées ni automatiques : elles demandent du temps, des chutes et de la persévérance. Selon Aristote, la vertu est un habitus, c’est-à-dire une disposition acquise qui permet d’agir bien avec constance.

Les vertus morales désignent des dispositions stables de l’intelligence et de la volonté qui rendent l’homme capable de choisir le bien de manière libre, lucide et constante.

L’homme dominé par ses passions agit sous la contrainte intérieure ; l’homme vertueux agit avec maîtrise et discernement.

Les quatre vertus cardinales

La tradition occidentale distingue quatre vertus morales fondamentales, dites cardinales (du latin cardo, le gond), parce que toute la vie morale « tourne » autour d’elles.

  1. La prudence

Jésus. Au début de son ministère, on murmurait qu’il allait trop loin « Il a perdu la tête » (Mc 3,21). À l’inverse, se rendant compte qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, Jésus s’enfuit dans la montagne, tout seul (Jn 6, 15). Pour comprendre la prudence de Jésus, qui semble parfois imprudente, il faut se référer à cette parole : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé », affirme-t-il (Jn 4,34).

Selon des historiens contemporains et documents issus des archives récemment ouvertes, Pie XII (pontificat 1939‑1958), a choisi délibérément de ne pas dénoncer publiquement les atrocités nazies dans des termes explicites par crainte que cela n’aggrave encore la situation des Juifs et des catholiques sous occupation. Il a préféré une diplomatie discrète et des actions en coulisses, notamment en demandant aux clercs de cacher et protéger des Juifs dans des églises, monastères ou institutions catholiques, ce qui a permis de sauver des milliers de vies.

La prudence « ne se confond ni avec la timidité ou la peur, ni avec la duplicité ou la dissimulation » (CEC 1806).

La prudence humaine évalue les risques, protège ce qui est acquis, mais elle recule parfois devant les exigences de ce qui serait pourtant juste.

La prudence selon le Christ peut paraître imprudente aux yeux du monde. Là où la prudence humaine cherche à sauver la vie, celle du Christ consent à la perdre pour la trouver. « Où est la vérité, et qu’exige l’amour ici et maintenant ? » La prudence selon le Christ apprend à ne pas se trahir.

Alexandre Soljenitsyne : « Un grain de vérité courageuse sert à donner un sens à toute une vie. » Ou encore : « Nous savons toujours quand nous agissons contre nos propres convictions. »

Puissions-nous, fortifiés par les dons du Saint-Esprit et en particulier par le don de Conseil, s’insérer efficacement dans cette grande marche vers le bien de tous, et montrer à tous la voie du Salut éternel. Notre-Dame du Bon conseil, priez pour nous.

Dans le discours eschatologique (Mc 13) Jésus parle de persécutions et de fausses doctrines. « Prenez garde, que personne ne vous séduise » (Marc 13,5). « Prenez garde à vous-mêmes, de peur que vos cœurs ne s’alourdissent par les excès et l’ivresse, et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste » (Marc 13,7‑8).

2. La justice

On distingue classiquement :

•      la justice commutative [être équitable dans les échanges],

•      la justice distributive (rôle des autorités),

•      la justice légale [les lois et jugements] ou sociale (devoirs envers la communauté).

Joseph était « un juste [kīnā] » (v 19). C’est celui qui tranche avec équité, avec justice, droiture, intégrité, et c’est aussi lié à la notion de justice judiciaire. La grossesse inexpliquée est un motif de répudiation, à moins d’entrer dans des procédures légales (exposer un drap). « Joseph était un juste et ne voulut pas l’exposer, et il réfléchissait comment la répudier secrètement » (v. 19). À chacun on donne son droit, on ne va pas usurper ce qui n’est pas à soi ; on connaît les droits de l’être humain, créature devant le Créateur, et on connaît aussi le droit de Dieu. Joseph attend, pour prendre chez lui Marie, que l’ange Gabriel le lui dise.

« 20 Or, tandis qu’il réfléchissait à ces choses-là, / lui apparut l’ange du SEIGNEUR[1] en songe,
et il lui dit :
‘Joseph, fils de David, / ne crains pas de prendre Marie ta femme ;
celui qui, en effet, a été engendré en elle, / l’est par le fait de l’Esprit de Sainteté. »

Jésus. Aux yeux de certains, il frôlait l’injustice : ne donnait-il pas aux derniers et aux pécheurs une place qui revenait aux justes ? Jésus répond : « Je veux la miséricorde, non le sacrifice » (Mt 9,13). La justice, pour lui, est fidélité à l’intention du Père qui veut relever plutôt qu’écraser. Ainsi, il rend à chacun ce qui lui est dû, mais ce « dû » est mesuré à l’amour divin :
« Et mon Jugement / est juste ;
je ne cherche pas ma volonté, en effet, / mais la volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jn 5,30).

Nous :  Qu’est-ce qui est dû à Dieu ? Qu’est-ce qui est dû au conjoint, aussi en terme de temps ? qu’est-ce qui est dû aux enfants, en terme d’éducation, de soin, de sécurité ou d’épargne ? Qu’est-ce qui est dû dans les relations sociales (reconnaître que le logement est le fruit de l’investissement et parfois du risque assumé par un autre. Accepter un contrat de manière juste suppose donc la lucidité, mais aussi la loyauté).

« C’est la mesure dont vous vous servez qui servira de mesure pour vous » (Mt 7,2).

« Tu n’auras ni faveur pour le petit, ni complaisance pour le grand ; c’est avec justice que tu jugeras ton prochain » (Lv 19,15).

« Heureux ceux qui ont été persécutés à cause de la justice, car il est à eux le royaume des Cieux » (Mt 5,10). La forme verbale, en grec comme en araméen, désigne le résultat d’un processus achevé. Ils ont été persécutés parce qu’ils étaient des hommes droits. 

Le forum économique mondial résume son idéal pour 2030 par le slogan « vous ne posséderez rien mais vous serez heureux » (rien, c’est-à-dire ni terre, ni maison, ni outil de travail, ni semences), mais  la doctrine sociale de l’Église maintient la propriété avec la destination universelle des biens, parce que c’est le lieu de la liberté :
« Quelles que soient les formes de la propriété, adaptées aux légitimes institutions des peuples, selon des circonstances diverses et changeantes, on doit toujours tenir compte de cette destination universelle des biens. C’est pourquoi l’homme, dans l’usage qu’il en fait, ne doit jamais tenir les choses qu’il possède légitimement comme n’appartenant qu’à lui, mais les regarder aussi comme communes : en ce sens qu’elles puissent profiter non seulement à lui, mais aussi aux autres. D’ailleurs, tous les hommes ont le droit d’avoir une part suffisante de biens pour eux-mêmes et leur famille. » (Vatican II, Gaudium et Spes 69).

Par exemple, la visite de Clovis à la tombe de saint Martin, connu pour avoir donné la moitié de son manteau à un pauvre, lui a montré que la justice n’est pas seulement légale mais aussi morale.

Saint Paul dit que la Venue glorieuse du Christ anéantira l’Antichrist par le souffle de sa bouche (2Th 2, 8), l’Apocalypse regarde les choses à la loupe, et , en Ap 19,11‑12 parle du Christ qui « juge et fait la guerre avec justice », mais attention, c’est une vision dans le ciel ouvert, et le Christ est suivi des armées du ciel : il s’agit de sa venue glorieuse et non pas d’une enième « guerre juste ».

3. La force

Jésus. Dans la synagogue de Nazareth, les auditeurs de Jésus, d’abord admiratifs, se ferment : on le pousse hors de la ville, jusqu’au bord de l’escarpement, pour le précipiter en bas. Jésus ne répond ni par la violence ni par la fuite affolée ; « passant au milieu d’eux, il allait son chemin » (Lc 4,30). Sa force est calme souveraineté, fidélité à la mission reçue. Il ne se laisse pas déterminer par la colère des hommes, mais par l’heure et la volonté du Père.

Plus tard, au jardin de Gethsémani, lorsque la cohorte et les gardes viennent l’arrêter, il s’avance et demande : « Qui cherchez-vous ? » À leur réponse, il déclare : « C’est moi » et ils reculent, tombant à terre (Jn 18,4–6). Il protège les siens : « Si c’est moi que vous cherchez, laissez partir ceux-ci » (Jn 18,8). Puis il ordonne à Pierre de rengainer son épée : « La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? » (Jn 18,11). Ici encore, la force consiste à tenir enraciné dans le cœur du Père, et à tenir ferme dans l’amour.

Sainte Bernadette Soubirous au moment des apparitions de la Vierge Marie en 1858. Elle endure les railleries et les interrogatoires des autorités religieuses et civiles, mais elle reste fidèle à la vérité de ce qu’elle a vu. Après les apparitions, elle rejoint le couvent des Sœurs de la Charité de Nevers, où elle vit dans l’humilité, la prière et le service. Sa force n’est pas spectaculaire, mais silencieuse et résolue.

Voici ce que dit le catéchisme de l’Église catholique :

  « La force est la vertu morale qui assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien. […] "Dans le monde, vous aurez de l’affliction, mais courage, moi j’ai vaincu le monde" (Jn 16,33). » (CEC 1808)

« La vertu de force, disait Jean-Paul II, va de pair avec le sacrifice. […] Nous avons besoin de force pour être des hommes. En effet, l’homme n’est vraiment prudent que s’il possède la vertu de force. Prions pour ce don du Saint-Esprit, le don de la force. Lorsque l’homme n’a pas la force de se dépasser lui-même, en vue d’atteindre des valeurs supérieures comme la vérité, la justice, la vocation, la fidélité conjugale, il faut que ce don d’en-haut fasse de chacun de nous un homme fort et nous murmure au bon moment Courage ! » (Jean-Paul II audience du 15 novembre 1978)

Développer la vertu de force chez les jeunes commence par une clarification essentielle : la force n’est ni la domination, ni l’insensibilité, ni l’exploit héroïque permanent. Elle est la capacité intérieure de faire le bien malgré la peur, la fatigue ou l’opposition.

Tant que l’éducateur lui-même confond la force avec la performance ou l’agressivité, il ne peut que produire soit des résistances, soit des fragilités cachées.

La première tâche éducative est donc de désacraliser la dureté et de réhabiliter le courage humble et persévérant.

La vertu de force ne naît pas dans l’instantané. Les jeunes habitués à l’immédiateté ont besoin d’expériences où l’on apprend à durer : terminer une tâche difficile, assumer une responsabilité jusqu’au bout, traverser l’ennui sans abandonner. Aristote notait déjà que l’on devient courageux en accomplissant des actes courageux, progressivement (Éthique à Nicomaque, III).

Saint Thomas d’Aquin souligne que la force ne supprime pas la peur, mais empêche que la peur paralyse l’agir juste (Somme théologique, II-II, q.123).

Il est également crucial de valoriser le courage discret. Les jeunes sont souvent exposés à des modèles de force spectaculaires : exploits sportifs, domination verbale, réussite visible. L’éducateur peut ouvrir un autre regard en soulignant la force de celui qui dit la vérité au risque d’être moqué, de celle qui persévère dans une relation difficile, de celui qui résiste à une pression de groupe. Cette reconnaissance explicite forme peu à peu une échelle de valeurs plus juste.

 « Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, d’amour et de maîtrise de soi » (2 Tm 1,7).

4. La tempérance

Jésus. Jésus jeûna 40 jours au désert. Pourtant, ensuite, il mangeait avec les pécheurs « Voilà un bon mangeur et buveur de vin, ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs » – Attention, le texte araméen « ākkūlā w-šāṯe ḥamrā » ne justifie pas la traduction « un goinfre et un ivrogne », comme le fait P. Bonnard à partir du grec φαγος και οινοποτης – (Mt 11,19), et pourtant rien en lui n’était excès : il entrait dans la joie des hommes sans jamais quitter la volonté du Père.

Exemple : saint Martin et Clovis. La tempérance est manifeste dans le mode de vie ascétique de Martin : il choisit la sobriété, le jeûne et la prière plutôt que le confort matériel et la gloire militaire. Cette maîtrise de soi montre que la vraie force réside dans la discipline personnelle et la fidélité aux principes. Clovis, confronté à la tentation du pouvoir et de l’opulence, a pu percevoir dans cette tempérance une voie de stabilité spirituelle et morale.

La tempérance est la vertu de la juste mesure. Elle modère l’attrait des plaisirs et assure la maîtrise de soi. Elle ne méprise pas le corps ni les désirs, mais les intègre dans un ordre rationnel. Elle rend possible une liberté intérieure face aux addictions, aux excès et à l’esclavage des passions. Saint Paul dit de « "vivre avec modération, justice et piété dans le monde présent" (Tt 2,12). »

Avec Marie

Saint Jean Damascène parle de la Vierge Marie aime.

« Elle est vierge ; et amie de la virginité ; elle est chaste et amie de la chasteté. Si donc avec le corps nous purifions la mémoire, nous obtiendrons sa grâce qui viendra habiter chez nous. Elle évite toute souillure et se détourne de la fange des passions. Elle exècre l’intempérance [...] Elle déteste l’enflure de l’orgueil ; elle n’admet pas l’inhumanité ni les querelles. […] Elle déteste le souvenir des injures, cet ennemi du salut. […]

Le jeûne, la maîtrise de soi, les chants des psaumes lui sont agréables.  […] Elle accueille la paix et l’esprit de douceur, elle reçoit dans ses bras comme ses enfants, la charité, la pitié, l’humilité. Et pour tout dire en un mot, attristée et irritée par tout vice, elle se réjouit de toute vertu comme de sa grâce propre.

 Si donc nous évitons avec courage nos vices passés ; si nous aimons de toute notre ardeur les vertus et que nous les prenions pour compagnes, elle multipliera ses visites auprès de ses propres serviteurs, avec, à sa suite, l’ensemble de tous les biens ; et elle prendra avec elle le Christ : son Fils Roi et Seigneur universel, qui habitera en nos cœurs. A Lui gloire, honneur, force, majesté et magnificence, avec le Père sans principe et le Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. »
Jean Damascène, 2e homélie sur la Dormition, § 19.  SC n° 80, Paris, Cerf, 1961, p. 175-177

Et Léon XIII dit : « Plus elle admire la sublime élévation de sa dignité et en rend grâces à la bonté du Dieu puissant et miséricordieux, plus elle s’enfonce dans son humilité, ne s’attribuant aucune vertu, et elle s’empresse de se proclamer la servante du Seigneur alors qu’elle devient sa Mère. » (Encyclique Magnae Dei Matris, sur le rosaire de Marie)

Vertus humaines et vertus théologales

Les vertus morales, dites aussi humaines, sont assumées et élevées par les vertus théologales :

  • la foi,
  • l’espérance,
  • la charité.

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Il est juste d’obéir à Dieu, mais ce n’est qu’un début : l’Église s’abandonne à Dieu comme une épouse dans les bras de son époux. « L’obéissance se rattache à la vertu cardinale de justice, tandis que l’abandon se relie à la vertu théologale de charité. »[2] 

Une fois que l’habitus de la foi est infusé, les autres vertus théologales sont normalement infusées avec lui. La charité, dès lors présente, prend en charge la volonté de croire. C’est comme un feu grand et vif, qui ne fait que croître... Dieu se communique, et plus on est uni à l’aimé (donc plus la charité grandit), plus on est certain que l’aimé se donnera (donc plus l’espérance grandit). Autrement dit, l’amitié avec Dieu suscite l’espérance[3].

L’amour du prochain doit être « enraciné » ou « greffé » en Dieu. Dans l’évangile, à celui qui cherche la vie éternelle, Jésus a dit :

« Le premier / de tous les commandements :
Écoute Israël, le SEIGNEUR, notre Dieu, / le SEIGNEUR est un !
Et tu aimeras le SEIGNEUR, / ton Dieu,
de tout ton cœur, / de toute ton âme,
de toute ta pensée, / et de toute ta force.
C’est le premier commandement.
Et le second qui lui est semblable :
‘Tu aimeras ton prochain / comme toi-même. » (Mc 12,29-31 de la Pshitta)

Observons ces versets. Seul l’amour de Dieu réquisitionne « tout » (de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force) parce que tout ce qui constitue Dieu est bon et digne d’amour. Ce « tout » n’est pas possible dans l’amour « du prochain comme soi-même » parce que les humains sont limités, et de surcroît, pécheurs. On ne peut pas « tout » aimer chez un être pécheur, mais on peut aimer le prochain comme soi-même, car l’un et l’autre sont créés à l’image de Dieu (Gn 1,27). Les deux commandements sont « semblables [dāme] » avec le participe du verbe dmā qui dérive du nom dmā signifiant le sang. L’idée est celle d’une consanguinité : les deux commandements sont inséparables et forment une unité.

Quelques pages du Livre du Ciel

Jésus rappelle à Luisa que l’action authentique naît d’un amour unifié et orienté vers Dieu : lorsque l’âme agit uniquement par amour pour Lui, elle demeure dans la « lumière du jour » (1er novembre 1903). Les vertus chrétiennes ne sont pas des attitudes fluctuantes selon les personnes ou les circonstances, mais doivent être enracinées dans le Cœur du Christ pour être vraies et stables. « Seules les vertus enracinées dans mon Cœur et greffées dans l’âme sont stables et resplendissantes. Les autres, alors qu’elles apparaissent comme des vertus, sont des vices. Elles semblent lumineuses alors qu’elles sont ténèbres. » (25 août 1905).

Enfin, Jésus décrit l’amour divin comme le moteur intérieur de toute la vie spirituelle : plus l’âme s’approche de cette source, moins les vertus sont vécues comme un effort. L’amour les assume, les transforme et les unifie, au point qu’elles deviennent presque invisibles à l’âme elle-même — signe qu’elles sont pleinement intégrées et authentiques (16 octobre 1905).

 

[1] Nous utilisons la graphie SEIGNEUR pour transcrire « māryā », considéré dans tout l’Ancien Testament comme l’équivalent du tétragramme : le Seigneur Dieu. « māryā » : « mārā (maître) + yā, la première syllabe du tétragramme (Yahweh) ».

[2] Don Vital LEHODEY, Le saint Abandon, Paris 1919, p.32

[3] Jean-Hervé NICOLAS, « Espérance » dans Dictionnaire de spiritualité, tome IV. Col. 1208-1233, Col 1223

Date de dernière mise à jour : 05/03/2026