30 novembre St André apôtre

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Radio Ecclesia & Radio Fidélité Mayenne

 

Première lecture (Rm 10, 9-18)

Psaume (Ps 18 (19), 2-3, 4-5ab)

Évangile (Mt 4, 18-22)

 

Première lecture (Rm 10, 9-18)

Frère, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut. En effet, l’Écriture dit : Quiconque met en lui sa foi ne connaîtra pas la honte. Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n’y a pas de différence : tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l’invoquent. En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Or, comment l’invoquer, si on n’a pas mis sa foi en lui ? Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ? Comment proclamer sans être envoyé ? Il est écrit : Comme ils sont beaux, les pas des messagers qui annoncent les bonnes nouvelles ! Et pourtant, tous n’ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Isaïe demande en effet : Qui a cru, Seigneur, en nous entendant parler ? Or la foi naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ. Alors, je pose la question : n’aurait-on pas entendu ? Mais si, bien sûr ! Un psaume le dit : Sur toute la terre se répand leur message et leurs paroles, jusqu’aux limites du monde. – Parole du Seigneur.

Lors de la visite du pape Léon XIV à Paris, Chloé, engagée au sein d’un collectif de jeunes catholiques de quartiers populaires d’Île-de-France, La Cité Céleste, afin de vivre et de partager largement leur foi, en lien avec les réalités vécues au quotidien dans ces quartiers, s’est adressée au pape en lui disant, comme le dit saint Paul : « pour nous, vivre, c’est le Christ ». Le pape lui a répondu :

« Chère Chloé, chers jeunes, l’expérience religieuse de toute personne exprime cette quête de sens qui anime l’âme humaine. En Jésus, le Rédempteur du monde, Dieu se laisse trouver en s’adressant « aux hommes comme à des amis » (Const. dogm. Dei Verbum, n. 2). Il est la source d’eau vive, la lumière dans les ténèbres. Dans la joie de la foi, proclamons donc ensemble, ce soir : pour nous, vivre, c’est le Christ !

Grâce à Lui, il est possible d’allier l’élan missionnaire à l’expérience de la fraternité à l’égard de ceux qui ne croient pas en Dieu ou qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Cette fraternité, faite d’écoute et d’estime réciproque, trouve ses racines dans l’unité de la famille humaine qui, tout au long de l’histoire, a développé la dimension religieuse comme une caractéristique vitale de chaque peuple.

Cultiver un lien fraternel « avec ceux qui ne partagent pas notre foi » contribue donc à la construction de la société ; et devient un exercice de foi et de charité ; car il est impossible de témoigner du Christ sans aimer ceux à qui nous voulons l’annoncer. […]

Le message chrétien ne constitue donc pas un obstacle à la coexistence fraternelle ; au contraire, il la favorise, car il invite librement chacun à écouter une nouvelle de paix et de salut. De même, notre mission n’est pas en contradiction avec le respect des autres religions, car l’Église ne rejette rien de ce qui, en elles, est vrai et saint (cf. Nostra Aetate, n. 2). Merci ! » (Veillée de prière avec les jeunes, discours du pape LÉON XIV, Stade de France de Saint-Denis Vendredi 25 septembre 2026)

La question de la « théologie des religions » ne date pas de Vatican II. Saint Paul était déjà confronté aux « autres religions ». Saint Paul a une pensée nuancée et complexe.

Pour lui, il existe une loi naturelle et tous ont péché (Rm 3, 9), le salut sur la terre vient par la foi au Christ explicitement annoncé (Rm 10, 14), le salut éternel dépend de la charité (1Co 13, 8.13), c’est pourquoi, en vue de la résurrection, il faut se repentir des œuvres mauvaises (Ac 17, 30-31), parce qu’elles détruisent la capacité d’aimer.

K. Rahner en est venu à parler de foi implicite puisque chacun sait qu’on ne peut être sauvé que par la foi… Or la foi implicite est impossible : « Comment croire sans d’abord l’entendre ? Et comment entendre sans prédicateur ? » (Rm 10, 14). L’idée de foi implicite est en réalité une confusion avec la « vertu de religion » qui peut tout à fait être présente chez les païens qui ont une religion fausse, leur piété a une valeur humaine (comme la loi naturelle), elle conduit à chercher et à aimer le Dieu véritable bien qu’il soit encore inconnu.

« On doit donc tenir fermement la distinction entre la foi théologale et la croyance dans les autres religions » (Congrégation pour la doctrine de la foi, Déclaration Dominus Iesus, 6 août 2000, §7) : la foi est une vertu surnaturelle, elle est une adhésion : à Dieu qui révèle et à la vérité qu’il révèle.

Et il faut admettre, contre K. Rahner, que faute de pouvoir parler d’une foi théologale des non-chrétiens, nous ne pouvons pas parler d’un salut terrestre des non-chrétiens.

Vatican II parle bien d’une possibilité de salut pour les non-chrétiens (Lumen gentium 16) mais le concile n’indique pas que ce salut doive être terrestre, - de même, le concile parle bien d’une grâce et d’une présence du mystère pascal possible pour tous (Gaudium et Spes 22), mais là non plus il ne parle pas d’un salut terrestre.

S’appuyant sur d’autres textes de l’Écriture, notamment Jn 5,25, le catéchisme de l’Église catholique enseigne que ce salut peut advenir à l’heure de la Bonne Nouvelle aux défunts grâce à la descente du Christ aux enfers, cet article du Credo si oublié... (CEC 634-635).

Pour ceux qui veulent creuser ces questions relativement complexes, voir mon ouvrage : Françoise Breynaert, La bonne nouvelle aux défunts, nouveau paradigme de la théologie des religions, Via romana, Versailles, 2014 (Préface Mgr Minnerath).

Dès l’ouverture du décret Ad Gentes, le concile Vatican II affirme : « L’Église est, par sa nature même, missionnaire » (n° 2). Le saint pape Paul VI, dans Evangelii Nuntiandi, formule cela avec force : « Il n’y a pas de véritable évangélisation si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Royaume, le mystère de Jésus de Nazareth […] ne sont pas annoncés » (n° 22). Le saint pape Jean-Paul II, dans Redemptoris Missio : « La mission du Christ Rédempteur […] est encore loin d’être accomplie » (n° 1). « La foi naît de l’annonce » (cf. n° 44, en référence à Rm 10,17). Sans annonce, il n’y a pas d’accès ordinaire à la foi.

 Le pape Léon XIV rappela, devant le président français : « Le chrétien impliqué dans la vie publique, et agissant selon la lumière de sa conscience éclairée par la foi, ne peut être considéré comme un prosélyte ou une menace à l’unité de la patrie. En effet, ‘la véritable laïcité n’exclut pas la dimension religieuse, mais sait au contraire en tirer parti comme d’une ressource éducative’ » (Discours du pape LÉON XIV, Palais de l’Élysée (Paris) Vendredi 25 septembre 2026) et encore : « L’article 17 du Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne revêt une grande importance. Il encourage ‘un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les églises’, tout ‘en respectant et ne préjugeant pas du statut dont elles bénéficient’ dans les États membres. La laïcité qui régit la vie des États n’implique pas seulement le caractère non confessionnel des institutions civiles, mais suppose une véritable collaboration entre les parties prenantes, ainsi que le respect, par les autorités étatiques et communautaires, de l’autonomie des Églises et la promotion de leur liberté d’organisation, d’expression et de culte. » (Discours du pape LÉON XIV, Centre des Congrès Robert Schuman de Metz. Lundi 28 septembre 2026)

 

Psaume (Ps 18 (19), 2-3, 4-5ab)

« Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament raconte l’ouvrage de ses mains. Le jour au jour en livre le récit et la nuit à la nuit en donne connaissance. Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s’entende ; mais sur toute la terre en paraît le message et la nouvelle, aux limites du monde. »

Le Psaume 18 est semblable à un diptyque. Dans la première partie (vv. 2-7) dont fait partie l’extrait que nous avons entendu - nous trouvons une hymne au Créateur, dont la grandeur mystérieuse se manifeste dans le soleil et dans la lune. Dans la deuxième partie du Psaume (vv. 8-15), nous rencontrons une hymne à la Torah, c’est-à-dire à la Loi de Dieu. Dieu éclaire l’univers par la luminosité du soleil et il illumine l’humanité par la splendeur de sa Parole contenue dans la Révélation biblique. Il s’agit presque d’un double soleil : le soleil matériel est une épiphanie du Créateur, le soleil de la Bible est une manifestation historique du Dieu Sauveur. Ce n’est pas pour rien que la Torah, la Parole divine, est décrite avec des caractéristiques "solaires" : "Le commandement du Seigneur est limpide, lumière des yeux" (v. 9).

« Les cieux proclament la gloire de Dieu » (v. 2) : avant même toute prédication, la bonté et la gloire de Dieu se fait connaître par la création qui prépare ainsi les cœurs, comme une première annonce silencieuse.

« Le jour au jour en livre le récit et la nuit à la nuit en donne connaissance. Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s’entende ; mais sur toute la terre en paraît le message et la nouvelle, aux limites du monde. » Ce récit est celui de l’immense dessein d’amour du Créateur, le message est celui du Créateur qui appelle à vivre en sa présence comme des enfants de rois.

André est mentionné dans l’Évangile dans un épisode où « un disciple fit remarquer à Jésus le spectacle des murs puissants qui soutenaient le Temple. La réponse du Maître fut surprenante : il lui dit que de ces murs, il ne serait pas resté pierre sur pierre. André l’interrogea alors, avec Pierre, Jacques et Jean : "Dis-nous quand cela arrivera, dis-nous quel sera le signe que tout cela va finir" (Mc 13, 1-4). […] Nous pouvons déduire de l’épisode que nous ne devons pas craindre de poser des questions à Jésus, mais que dans le même temps, nous devons être prêts à accueillir les enseignements, même surprenants et difficiles, qu’Il nous offre. »

André est encore mentionné dans l’Évangile peu avant la Passion. « Pour la fête de Pâques - raconte Jean - quelques Grecs étaient eux aussi venus dans la ville sainte, probablement des prosélytes ou des hommes craignant Dieu, venus pour adorer le Dieu d’Israël en la fête de la Pâque. André et Philippe, les deux Apôtres aux noms grecs, servent d’interprètes et de médiateurs à ce petit groupe de Grecs auprès de Jésus. La réponse du Seigneur à leur question apparaît - comme souvent dans l’Evangile de Jean - énigmatique, mais précisément ainsi, elle se révèle riche de signification. Jésus dit aux deux disciples et, par leur intermédiaire, au monde grec : "L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié. Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit" (Jn 12, 23-24). Que signifient ces paroles dans ce contexte ? Jésus veut dire : Oui, ma rencontre avec les Grecs aura lieu, mais pas comme un simple et bref entretien entre moi et quelques personnes, poussées avant tout par la curiosité. Avec ma mort, comparable à la chute en terre d’un grain de blé, viendra l’heure de ma glorification. De ma mort sur la croix proviendra la grande fécondité : le "grain de blé mort" - symbole de ma crucifixion - deviendra dans la résurrection pain de vie pour le monde; elle sera lumière pour les peuples et les cultures. Oui, la rencontre avec l’âme grecque, avec le monde grec, se réalisera à ce niveau auquel fait allusion l’épisode du grain de blé qui attire à lui les forces de la terre et du ciel et qui devient pain. En d’autres termes, Jésus prophétise l’Église des Grecs, l’Église des païens, l’Église du monde comme fruit de sa Pâque.

Des traditions très antiques voient André, qui a transmis aux Grecs cette parole, non seulement comme l’interprète de plusieurs Grecs lors de la rencontre avec Jésus que nous venons de rappeler, mais elles le considèrent comme l’apôtre des Grecs dans les années qui suivirent la Pentecôte ; elles nous font savoir qu’au cours du reste de sa vie il fut l’annonciateur et l’interprète de Jésus dans le monde grec. Pierre, son frère, de Jérusalem en passant par Antioche, parvint à Rome pour y exercer sa mission universelle; André fut en revanche l’Apôtre du monde grec: ils apparaissent ainsi de véritables frères dans la vie comme dans la mort - une fraternité qui s’exprime symboliquement dans la relation spéciale des Sièges de Rome et de Constantinople, des Églises véritablement soeurs.

Une tradition successive, comme nous l’avons mentionné, raconte la mort d’André à Patras, où il subit lui aussi le supplice de la crucifixion. Cependant, au moment suprême, de manière semblable à son frère Pierre, il demanda à être placé sur une croix différente de celle de Jésus. Dans son cas, il s’agit d’une croix décussée, c’est-à-dire dont le croisement transversal est incliné, qui fut donc appelée "croix de saint André". Voilà ce que l’Apôtre aurait dit à cette occasion, selon un antique récit (début du VI siècle) intitulé Passion d’André: "Je te salue, ô Croix, inaugurée au moyen du Corps du Christ et qui as été ornée de ses membres, comme par des perles précieuses. Avant que le Seigneur ne monte sur toi, tu inspirais une crainte terrestre. A présent, en revanche, dotée d’un amour céleste, tu es reçue comme un don. Les croyants savent, à ton égard, combien de joie tu possèdes, combien de présents tu prépares. Avec assurance et rempli de joie, je viens donc à toi, pour que toi aussi, tu me reçoives exultant comme le disciple de celui qui fut suspendu à toi... O croix bienheureuse, qui reçus la majesté et la beauté des membres du Seigneur !... Prends-moi et porte-moi loin des hommes et rends-moi à mon Maître, afin que par ton intermédiaire me reçoive celui qui, par toi, m’a racheté. Je te salue, ô Croix ; oui, en vérité, je te salue !". Comme on le voit, il y a là une très profonde spiritualité chrétienne, qui voit dans la croix non pas tant un instrument de torture, mais plutôt le moyen incomparable d’une pleine assimilation au Rédempteur, au grain de blé tombé en terre. Nous devons en tirer une leçon très importante : nos croix acquièrent de la valeur si elles sont considérées et accueillies comme une partie de la croix du Christ, si elles sont touchées par l’éclat de sa lumière. Ce n’est que par cette Croix que nos souffrances sont aussi ennoblies et acquièrent leur sens véritable.

Que l’Apôtre André nous enseigne donc à suivre Jésus avec promptitude (cf. Mt 4,20 ; Mc 1,18), à parler avec enthousiasme de Lui à ceux que nous rencontrons, et surtout à cultiver avec Lui une relation véritablement familière, bien conscients que ce n’est qu’en Lui que nous pouvons trouver le sens ultime de notre vie et de notre mort. » (BENOÎT XVI, audience générale du mercredi 14 juin 2006).

 

Évangile (Mt 4, 18-22)

« 18 Comme il marchait sur le bord de la mer de Galilée, / il vit deux frères,
Simon, qui est appelé Pierre, / et son frère André
qui jetaient un filet dans la mer ; / ils étaient en effet des pêcheurs.

19 Et Jésus leur dit :
 ‘Venez à ma suite, / et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes’.

20 Eux donc, d’un coup, il laissèrent leurs filets, / et allèrent derrière lui.

21 Lorsqu’il avança plus loin,
il vit deux autres frères,
Jacques, fils de Zébédée, / et Jean son frère,
dans la barque avec Zébédée leur père, / qui arrangeaient leurs filets.

Et il les appela.

22 Eux donc, d’un coup, ils laissèrent la barque et leur père, / et allèrent derrière lui. » 

 – Acclamons la Parole de Dieu.

Comme je l’explique dans mon ouvrage aux éditions Parole et Silence 2026, l’évangile selon saint Matthieu est « un collier d’oralité en pendentif » c’est-à-dire une composition orale dans laquelle cinq perles d’un collier compteur introduisent 5 fils d’oralité. Nous sommes ici dans le premier fil. Les échos avec l’Annonciation à Joseph dans le collier compteur sont éloquents. À Joseph, l’ange demande d’assumer une vocation, son rôle d’époux de Marie et de père de Jésus. Aux quatre pêcheurs, Jésus demande d’assumer leur vocation, leur rôle de « pêcheur d’hommes » (Mt 4,19). Joseph ne dit rien, mais il « fit comme l’Ange du Seigneur lui avait prescrit » (Mt 1,24). Les hommes que Jésus appelle ne disent rien, mais aussitôt, « ils laissèrent la barque et leur père, et allèrent derrière lui » (Mt 4,22).

Dans ce même ouvrage, j’explique aussi que l’évangile de Matthieu se médite en lien avec les lectures synagogales parce que les apôtres ont commencé à prêcher dans les synagogues. Ici, nous sommes en lien avec le Lévitique. Le Lévitique enseigne que le lépreux et beaucoup d’autres sont exclus et ne peuvent pas s’approcher de la Tente du Rendez-vous (Lv 14) ; la première préoccupation de Jésus consiste à guérir les gens, et à former des disciples comme pêcheurs d’hommes afin de rattraper les hommes perdus dans la mer (symbole de la mort) pour les rapprocher du Dieu vivant.

Le récit de la vocation d’André est l’occasion de reprendre la réponse du pape Léon XIV à la question de François lors de la veillée avec les jeunes au Stade de France.

« Chers jeunes, lorsque vous discernez votre vocation, soyez certains que le Seigneur ne vous parle pas de manière confuse, mais il s’adresse à chacun par votre nom, et il vous invite à le suivre car il vous aime. En accueillant son Évangile, l’esprit clair et le cœur pur, vous comprendrez comment Jésus vous appelle à servir. Il s’agit toujours d’un don de vie : plein, fidèle, débordant d’amour. Pour vaincre l’angoisse ou l’incertitude, ayez le courage de dire un seul mot, simple et magnifique : merci. Merci, Jésus, pour ton amour.

C’est pourquoi maintenant, sans crainte mais dans la confiance et plein de joie, nous pouvons déjà dire tous, tous ensemble, à la suite des saints : Me voici Seigneur !

Tous ensemble : Me voici Seigneur !

Et je m’adresse à ceux d’entre vous – et ils sont nombreux ici ce soir – qui pensent entendre l’appel à suivre Jésus sur la voie du sacerdoce ou de la vie consacrée. Chers amis, l’Église en France a tant besoin de vous !... elle prie pour vous, elle vous attend. Chers amis, n’ayez pas peur de cet appel ! Ayez de l’audace ; ayez confiance en Jésus qui veut faire de vous ses plus proches amis : Il ne vous décevra pas et sera toujours à vos côtés ; votre vie sera merveilleusement belle et féconde. » (Veillée de prière avec les jeunes, discours du pape LÉON XIV, Stade de France de Saint-Denis Vendredi 25 septembre 2026)

Revenons à l’apôtre saint André. André est le frère de Pierre. BENOÎT XVI, dans son audience dédiée, audience générale du mercredi 14 juin 2006, observe :

« La première caractéristique qui frappe chez André est son nom : il n’est pas juif, comme on pouvait s’y attendre, mais grec, signe non négligeable d’une certaine ouverture culturelle de sa famille. Nous sommes en Galilée, où la langue et la culture grecques sont assez présentes. […]

Dans le quatrième Évangile, nous trouvons un autre détail important : dans un premier temps, André était le disciple de Jean-Baptiste ; et cela nous montre que c’était un homme qui cherchait, qui partageait l’espérance d’Israël, qui voulait connaître de plus près la parole du Seigneur, la réalité du Seigneur présent. C’était vraiment un homme de foi et d’espérance ; et il entendit Jean Baptiste un jour proclamer que Jésus était l’"agneau de Dieu" (Jn 1, 36) ; il se mit alors en marche et, avec un autre disciple qui n’est pas nommé, il suivit Jésus, Celui qui était appelé par Jean "Agneau de Dieu". L’évangéliste rapporte : ils "virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là" (Jn 1, 37-39). André put donc profiter de précieux moments d’intimité avec Jésus. Le récit se poursuit par une annotation significative :  "André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord son frère Simon et lui dit: "Nous avons trouvé le Messie (autrement dit : le Christ)". André amena son frère à Jésus" (Jn 1, 40-43), démontrant immédiatement un esprit apostolique peu commun. André fut donc le premier des Apôtres à être appelé à suivre Jésus.

C’est précisément sur cette base que la liturgie de l’Église byzantine l’honore par l’appellation de Protóklitos, qui signifie précisément "premier appelé". Et il est certain que c’est également en raison du rapport fraternel entre Pierre et André que l’Église de Rome et l’Église de Constantinople se sentent de manière particulière des Églises-soeurs. Pour souligner cette relation, mon Prédécesseur, le Pape Paul VI, restitua en 1964 les nobles reliques de saint André, conservées jusqu’alors dans la Basilique vaticane, à l’Évêque métropolite orthodoxe de la ville de Patras en Grèce, où selon la tradition, l’Apôtre fut crucifié. »

Par ailleurs, « ce fut André qui signala à Jésus la présence d’un enfant avec cinq pains d’orge et deux poissons, "bien peu de chose" - remarqua-t-il - pour toutes les personnes réunies en ce lieu (cf. Jn 6, 8-9). Le réalisme d’André en cette occasion mérite d’être souligné : il remarqua l’enfant - il avait donc déjà posé la question : "Mais qu’est-ce que cela pour tant de monde !" (ibid.) -, et il se rendit compte de l’insuffisance de ses maigres réserves. Jésus sut toutefois les faire suffire pour la multitude de personnes venues l’écouter. » (Ibid).

Autrement dit, même si notre capacité missionnaire semble trop petite par rapport aux besoin de ce monde, ayons confiance en Jésus, il saura multiplier nos cinq pains d’orge et nos deux poissons... Comme le disait le pape Léon XIV : « Chers amis, la première chose que je voudrais dire est très simple : merci ! Merci à Dieu, merci à vous, merci pour votre courage, merci pour votre présence, merci pour votre foi. Vous êtes les saints de France ! » (Veillée de prière avec les jeunes, discours du pape LÉON XIV, Stade de France de Saint-Denis Vendredi 25 septembre 2026)

  • L’Évangile selon saint Matthieu, un collier d’oralité en pendentif en lien avec le calendrier synagogal. Traduction depuis la Pshitta. Préface de Mgr Mirkis (Irak), Mgr Dufour (France) et Mgr Kazadi (République démocratique du Congo). Parole et Silence, juin 2026, 555 pages.
  • L’Évangile selon saint Matthieu, pour la proclamation orale. Traduction depuis la Pshitta. Imprimatur de la conférence des évêques de France. Préface de Mgr Mirkis (Irak), L’Harmattan 2026.

Date de dernière mise à jour : 01/10/2026