4. Libérés du Mal, le banni

Soeur Françoise parle aux musulmans 4. Libérés du Mal

Après avoir enfanté, la femme d’Imran dit : « Je l'ai nommée Marie, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable, le banni » (Coran 3, 36b).

La Vierge Marie, dès sa naissance, les catholiques diront dès sa conception, a été épargnée de l’emprise du Diable, le banni. A Lourdes, Marie a donné son nom à sainte Bernadette : « Je suis l’Immaculée Conception ». On peut ainsi prier, comme à la rue du Bac, à Paris : « Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! »

Par quelle puissance Marie a-t-elle été ainsi délivrée de l’emprise du diable ?

Le dogme de l’Immaculée conception explique que c’est dit : « par une grâce et un privilège spécial de Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain »[1].

La puissance qui a délivré Marie de l’emprise du diable vient de la Croix de Jésus. Par sa Passion, Jésus a jugé le Prince de ce monde, Satan, et il l’a vaincu.

« Si, vous, vous persistez dans ma parole / vous êtes vraiment mes disciples !

Et vous connaîtrez            /                      la vérité !

et elle, la vérité                 /           vous libérera » (Jn 8, 32).

Cette liberté est celle du fils qui a la connaissance pour s’orienter et qui puise dans les richesses de la maison paternelle :

« Quiconque fait le péché / est esclave du péché !

Et l’esclave                        / ne demeure pas pour toujours dans la maison !

Le fils, en revanche,          / y demeure pour toujours !

Si lui, par conséquent vous libère, / vous serez vraiment des fils libres ! » (Jn 8, 34-36)

Et voici comme l’Evangile parle de Satan dont Jésus nous libère :

« Vous, quant au père,      /           vous êtes de l’Accusateur  ;

Et c’est la convoitise de votre père          / que vous voulez faire !

Lui, qui, depuis le commencement          / tue l’homme,

Et qui, dans la vérité, /                  ne se tient pas debout !

Parce que, de vérité,          /           il n’y en a pas en lui ;

Et, quand il parle de mensonge /  c’est de son propre fond qu’il parle ! 

Parce qu’il est l’illusoire  /           et son père ! » (Jn 8, 44).

Satan est le père du mensonge, il est homicide.

 

Nous ne sommes pas la Vierge Marie, l’Immaculée conception, mais nous pouvons être libérés du Diable. Le baptême comporte un exorcisme. Dans l’Eglise primitive où l’on baptisait des adultes, les catéchumènes, avant le baptême, recevaient plusieurs exorcismes par l’évêque, afin que la puissance du Christ les délivre des liens occultes et démoniaques.

Par le baptême, par l’union au Christ, l’orientation vers le mal est vaincue, mais nous devons encore lutter pour adhérer à cette grâce et y être fidèle.

Comprenons : ce n’est pas parce qu’on a une mauvaise pensée que l’on est mauvais, mais chacun peut et doit combattre la mauvaise pensée.

Le salut est une grâce qui touche notre être profond, mais la grâce appelle notre coopération et notre persévérance[2]. Telle est la doctrine catholique.

 

[1] PIE IX, Bulle Ineffabilis Deus (1854).

[2] Cf. En particulier le chapitre 10 du décret sur la justification, en l’an 1547 (DS 1535). Une doctrine déjà présente au concile d’Orange, au temps de l’Eglise indivise. 

Date de dernière mise à jour : 12/06/2019