35. Le vrai lien de Marie à l’Esprit Saint

35. Le vrai lien Marie et l'Esprit Saint (Sr Françoise parle aux musulmans)

Ecartons un malentendu fréquent comme nous l’avons fait dans l’enseignement précédent.

Dans ce verset du Coran « “Quand Dieu dira : ‘Îsa (Jésus), fils de Mariam, as-tu dit aux gens : _Prenez-moi et ma mère pour deux divinités, à côté de Dieu ?” (Coran 5, 116 sourate Al Ma-ida La table servie), l’expression « ma mère », désigne l’Esprit Saint, comme le savaient les anciens commentateurs musulmans, conformément à l’usage oriental encore attesté de nos jours, signifie l’Esprit Saint, et non pas la Vierge Marie, laquelle n’a jamais été considérée comme une divinité.

Ceci étant précisé, il y a de beaux mystères à contempler sur le rapport entre Marie et l’Esprit Saint.

A l’annonciation, l’ange Gabriel ne lui avait-elle pas annoncé : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 35).

Plus tard, Jésus ressuscité a demandé à ses apôtres de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre « ce que le Père a promis ». Alors, « rentrés en ville, ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient habituellement (le Cénacle). C’étaient Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée et Simon le Zélote, et Jude de Jacques. Tous d’un même cœur étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus et avec ses frères » (Ac 1,12-14).

La mère de Jésus est là, au cœur de cette extraordinaire assemblée. Elle commence sa mission de mère et d’éducatrice de l’Eglise. Mère de mémoire, elle inspire la méditation des événements vécus avec Jésus qui deviendront les récitatifs oraux de la première prédication apostolique.

Au terme de neuf jours de cette prière intense au Cénacle après l’Ascension, arrive la fête de Shavouoth, en grec « Pentecôte », ce qui signifie « le 50ème jour » (après Pâque). C’est une des 3 grandes fêtes juives de pèlerinage. Et voilà que : « Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. Ils virent apparaitre des langues qu’on eût dites de feu, elles se divisaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint » Et ils se mettent à parler à la foule cosmopolite qui s’est rassemblée, attirée par le bruit. Ce jour-là environ 3000 personnes de toutes les nations ont reçu le baptême ! Peuple nouveau qui se met en route pour une vie nouvelle selon l’Evangile et ne va plus cesser de grandir. Saint Jean-Paul II nous dit : « Dans l’Église naissante, Marie transmet aux disciples, comme un trésor inestimable, ses souvenirs sur l’Incarnation, l’enfance, la vie cachée et la mission de son divin Fils, contribuant à le faire connaître et à affermir la foi des croyants. Nous ne disposons d’aucune information sur l’activité de Marie dans l’Église primitive, mais il est permis de supposer que, même après la Pentecôte, elle a continué à vivre une existence cachée et discrète, attentive et efficace. Éclairée et conduite par l’Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur »[1].

Discrète, la place de Marie est pourtant centrale. Elle a fait naitre le Christ-tête, maintenant elle enfante ses membres. Tous en communion avec le Christ, ils forment comme un seul corps, et son Fils en est la tête. Ils deviennent au cœur du monde, comme un prolongement de son Fils, et le rendent visible. L’Eglise est en train de naitre visiblement. Elle enfante par sa prière intense, l’offrande d’elle-même, sa brulante charité, et sa coopération constante à l’œuvre du Saint-Esprit[2].

 

 

 

[1] Saint Jean Paul II, Audience du 28 mai 1997

[2] Cf. Vatican II, Lumen gentium 60-65

Date de dernière mise à jour : 14/10/2019