29. Implorer son secours

29. Implorer son secours (Sr Françoise parle aux musulmans)

La Fatiḥa, c’est-à-dire la prière quotidienne des musulmans, dit :

‘iyyāka na‛budu wa-’iyyāka nasta‛īnu

« C’est Toi que nous adorons,
Toi dont nous implorons le secours » (Coran 1, 5)

En arabe, le ‘abd est à la fois un serviteur et un esclave, et le verbe ‘abada employé dans ce verset 5 se rapporte à Dieu : L’adorer. Ce verset enseigne également à L’implorer. Les deux actions vont ensemble – en tout cas, c’est clairement ce que dit le verset. Cependant, on peut s’interroger : pourquoi implorer le Dieu qu’on adore s’Il n’a aucune intention d’intervenir en notre faveur, s’Il est infiniment loin des hommes ?

Mais si on croit le contraire, un problème se pose. S’Il Se soucie de moi, est-ce que je ne risque pas gros ? S’Il est l’Auteur du bien comme du mal – comme on l’entend dire au nom de sa Toute-Puissance –, il vaut peut-être mieux que je passe inaperçu et que je n’ouvre pas la bouche pour implorer Son secours. Car ai-je bien fait mes prières, le ramadan ? Qu’est-ce qu’Il exige de moi pour que je sois agréé, Lui qui dit : « Dieu aime ceux qui vont jusqu’à tuer (qâtala) sur son chemin (c’est-à-dire pour Lui) » (Coran 61, 4) ?

 

Alors ouvrons l’Evangile :

« Ce jour-là, dit Jésus, vous ne me poserez aucune question. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit complète » (Jn 16, 23-24).

« Ce jour-là, vous demanderez en mon nom et je ne vous dis pas que j’interviendrai pour vous auprès du Père, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’aimez et que vous croyez que je suis sorti d’auprès de Dieu » (Jn 16, 26-27).

Il s’agit de demander au Nom de Jésus, lui qui n’est qu’amour, vie, et paix.