28. Le pardon du Ressuscité

Bi-smi Llāhi r-raḥmāni r-raḥīmi

Au nom de Allah-Dieu,
le Miséricordiant, le Miséricordieux

Dans le verset 1 de la Fatiḥa, un mot particulièrement important apparaît sous deux formes très proches, raḥmān / raḥīm, qui correspondent à peu près à miséricordiant / miséricordieux. Le Dieu qui fait miséricorde (raḥmān) – c’est-à-dire qui est ému et veut le bien des hommes – est miséricordieux en Lui-même (raḥīm). Ceci est logique : Dieu ferait-il même une seule fois quelque chose de contraire à ce qu’Il est Lui-même ? Au reste, en Lui-même, Dieu peut-Il vouloir du bien pour certains et du mauvais pour d’autres ? Comment expliquer que Dieu puisse vouloir du mauvais ? Y aurait-il une contradiction en Lui, surtout face à Satan-Iblis qui, lui, veut tout le mal possible aux hommes ? Satan serait-il un serviteur de Dieu selon la volonté de Dieu, en faisant le mal ? Mais alors, quelle différence réelle y aurait-il entre un Dieu qui voudrait le mal et Satan qui le fait ? Car telle est la question : si Dieu est dit vouloir le bien des hommes à travers les temps, s’agit-il de tous les hommes ou de certains d’entre eux ?

Pour les chrétiens, « miséricordieux » signifie que Dieu « supporte » réellement les mauvais : « Il a supporté avec beaucoup de longanimité des vases de colère devenus dignes de perdition, (Rm 9, 22). Ceux qui sont « condamnés » le sont par leur volonté de faire le mal. On peut dire alors que Dieu est miséricordieux non seulement par rapport à un groupe déterminé, mais par rapport à tout être humain.

Jésus sait ce que c’est que le pardon, lui qui a beaucoup souffert. Il a été abandonné de ses amis, trahi par l’un d’eux. Il a été ligoté, harcelé par les soldats, flagellé et couronné d’épine, crucifié entre deux malfaiteurs et abreuvé de vinaigre. Jésus sait ce que signifie souffrir et il sait ce que signifie pardonner.

Sur la Croix, il disait : « Et Jésus disait: "Père, pardonne-leur: ils ne savent ce qu’ils font." (Lc 23, 33).

Le jour de sa résurrection, il dit à ses apôtres :
 « Recevez l’Esprit de sainteté » (Jn 20, 22)

C’est parce qu’ils reçoivent l’Esprit Saint que les apôtres peuvent remettre les péchés, en effet Jésus ajoute :
« Si vous remettez les péchés à l’homme, ils lui sont remis 
Si vous retenez [ceux] de l’homme, ils sont retenus » (Jn 20, 23).

Il s’agit d’une prérogative du Grand-Prêtre (au Yom Kippour) que les apôtres vont vivre en union avec le Christ qui est le véritable Grand-Prêtre.

Thomas, qui n’était pas présent jusque-là, demande de voir et de toucher les plaies : en araméen, le verbe croire signifie aussi voir et toucher. Thomas demande cela pour pouvoir être apôtre (Jn 20, 24-25), et sa demande sera exaucée.

Date de dernière mise à jour : 01/09/2019