25. Jésus Temple

Sr Françoise parle aux musulmans 25. Jésus Temple

Que cache le vif intérêt manifesté dans les pays arabes par le film de Mel Gibson sur la Passion du Christ ? Pourrait-on vaincre le mal sans tuer « les méchants » ? Y aurait-il un sang innocent qui puisse vaincre le pouvoir de Satan-Iblis si bien personnifié dans le film ? N’y a-t-il pas un nœud entre ces interrogations et le sang de la victime, ou même celui du terroriste qui se sacrifie dans l’attentat ?

Pris dans la tourmente des guerres, ou simplement dans l’agitation des banlieues, beaucoup de musulmans souffrent sans parvenir à formuler ces questions profondes, qui sont les questions du sens de la vie et de la mort, les questions de l’avenir de la vie en société : des questions dignes et nobles, des questions d’homme.

 

Jésus a annoncé à l’avance la fin du Temple : « Il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit jetée bas » (Mt 24, 2).

Il a annoncé aux Judéens que leur maison leur sera laissée déserte (Mt 23, 37s ; Lc 13, 34), et tout cela est repris, de façon déformée, par les faux témoins pendant le procès de Jésus (cf. Mt 26, 61 ; 27, 40 ; Mc 14, 58 ; 15, 29 ; Ac 6, 14).

Jésus est le lieu très saint de la présence de Dieu dans le Temple. Il est aussi, ce que nous allons expliquer, le propitiatoire sur l’arche d’Alliance, l’instrument de propitiation, comme le dit saint Paul : « Dieu l’a exposé, instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi » (Rm 3, 25).

Dans le livre du Lévitique (Lv 16), il est dit qu’au Jour de l’expiation (Yom Kippour), le propitiatoire, c’est-à-dire le couvercle de l’Arche de l’Alliance, est aspergé du sang du taureau immolé. Or, le propitiatoire est aussi le lieu de la mystérieuse présence de Dieu. Le sang du sacrifice, dans lequel tous les péchés des hommes ont été absorbés, est purifié en « touchant » la divinité, et les hommes représentés par ce sang sont rendus purs.

Jésus est la présence du Dieu vivant. En lui se touchent Dieu et l’homme. En lui se réalise ce que le rite du Jour de l’expiation voulait exprimer : sur la Croix, Jésus dépose tout le péché du monde dans l’amour de Dieu et le fait fondre en lui.

Dans la Passion de Jésus, toute l’abjection du monde entre en contact avec l’immensément Pur, avec l’âme de Jésus-Christ et ainsi avec le Fils de Dieu lui-même. En ce contact, la souillure du monde est réellement absorbée, annulée, transformée à travers la douleur de l’amour infini.[1]


 

[1] Cf. Joseph RATZINGER, BENOÎT XVI, Jésus de Nazareth, tome 2, éditions le Rocher 2011, p. 56-57 et 263-272

Date de dernière mise à jour : 20/08/2019